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Victime de la porn: Magic Mike et ses « bimbeaux »

Crédit photo : Fabienne Legault
Victime de la porn: Magic Mike et ses « bimbeaux »
J’arrive devant la billetterie du cinéma avec un sourire timide. Je me demande si j’ai raison d’être gêné.

« Deux billets pour Magic Mike XXL, svp. »

Quand la jeune commis éclate de rire, j'ai ma réponse. C’est parfait! J’assume parce que je tenais à voir ce film au cinéma. À vivre la pleine expérience semi-anthropologique! Il paraît que les filles dans la foule crient comme si elles étaient au 281!

Pour les incultes, voici la bande-annonce du film en question :


Magic Mike XXL est la suite d’un autre Magic Mike que je n’ai pas vu, mais je me dis que c’est comme regarder Big Wet Asses 18 sans avoir vu les 17 précédents. Je n’ai pas trop peur d’être perdu par le récit.

Question d’avoir un point de vue féminin, je suis accompagné d’une amie qui trip hommes musclés. Suffisait de piger parmi toutes celles qui tripent sur Thor ou le dude loup-garou (slash acteur moyen) dans True Blood.

On est un peu en retard alors il fait déjà noir, et même si le film vient juste de commencer, j’ai déjà l’impression que ça sent le sexe. L’ambiance est à beurrer au couteau! Juste le temps de me rendre à mon siège, j’ai déjà la face luisante de phéromones!

Je voulais qu’on s’assoie dans la rangée du fond pour pouvoir observer la meute de louves, mais c’est la seule rangée qui est déjà pleine! (Quelle surprise…!) Le film en est à la scène où Channing Tatum grind un bout de métal phallique sur sa scale saw et déjà, quelques filles dans la salle crient des « WOUH! » d’appréciation!

Trop cool! Si sur les sites de rencontre, une fille sur deux prétend que les gars musclés les rebutent, ici, elles s’assument! Et fort!

Le film est un genre de road trip movie en mode « sex, drugs & striper music » qui enchaine les prétextes pour flasher des gars sexy qui bougent bien. Une chummey m’avait dit que ce sont les performances qui impressionnent et que l’attirance physique est secondaireEt même si son commentaire faisait un peu « je lis Playboy pour les articles », je comprends ce qu’elle veut dire. Certaines performances sont impressionnantes.

Tatum est particulièrement fort. Ses moves sont aussi smooth… que du beurre de peanut smooth en pleine canicule? Ok, c’est une comparaison à travailler, mais lui, il est au niveau.

Quand il se met à danser en équilibre sur le cul de deux filles de 100lbs qui le supportent avec un grand sourire, j’ai envie de me moquer du réalisme, mais je me rappelle que c’est exactement le genre de commentaire qui m’énerve quand je montre une scène tripante à une fille.

« Pffff, tu vois bien qu’elle fake ses orgasmes! »
 « C’est clair que son cul est faux! »
« Jamais une belle fille de même coucherait avec un gars aussi laid! »

Mais on n’est pas dans la réalité, on est dans le fantasme! Un monde où toutes les femmes sont belles et méritent d’être vénérées par des beaux gogo-boys sculptés. Un des gars tente de trouver une femme dont le vagin saura enfin prendre sa schlong au complet. Une quête à la Cendrillon qui donne une idée du ton.

Pour les fans de lutte, le lutteur Kevin Nash fait partie du quintet de mâles! J’étais surpris d’apprendre qu’il savait danser et... il ne sait effectivement pas danser. J’étais aussi heureux de retrouver Troy de Community. Il a autant de muscles que tous les autres, c’est juste que lui, c’est en format mini.

Comme dans True Blood et dans les bars de danseurs, le film prend bien soin de ne jamais se prendre au sérieux. J’imagine que c’est normal. Un gars en pantalons de cuir qui zigne fort la face d’une fille devant ses copines, ç’a quelque chose de risible et c’est très facile de tomber dans le quétaine!

Le film mise sur l’humour et ça marche. Les rires sont forts. Des rires forts de foule horny qui est contente d’avoir un prétexte pour voir tout le reste. Et le reste, c’est souvent Magic Mike qui est un peu moins caricatural que ses amis « bimbeaux » et sait très bien gérer la dualité quétaine/sexy.

Même en sortant ses meilleurs moves, sa face affiche toujours un air de « je sais que c’est ridicule, mais tu mouilles pareil. »

Et comme dans la porn, on ne perd pas de temps pour conclure l’histoire après le money shot. Et comme dans un bar à 3h15 du matin après des slows cochons, les lumières qui se rallument viennent casser le party.

J’en profite pour mater le public et je suis surpris de la variété de femmes qui s’y retrouvent. Parmi mes coups de cœur, il y a un groupe de six femmes qui ont autour de 45 ans juste en face de nous, et il y a cette jeune femme voilée qui aurait donné du contenu à Denis Lévesque pour au moins trois mois.

Bref!

Est-ce que c’est un grand film? Bien sûr que non. Est-ce que c’est bon? Disons que ce n’est pas plate souvent. Avec tous les rires et cris d’encouragement, je n’ai jamais senti une salle de cinéma démontrer autant de fun aussi ouvertement. Du gros fun simple qui fait du bien!
Je pose donc à ma chummey LA grande question.

« Pis? Est-ce que c’était hawt pour vrai? Je veux dire, "hawt" dans le sens… excitant. »
« Oui… Quand même. »

Bon! Une autre cliente satisfaite!

Alors voilà. Si ça vous tente aussi d’aller crier en salle, Magic Mike XXL est encore au cinéma pour un petit bout de temps. Sinon, vous pouvez attendre qu’il sorte en streaming pour vous le taper dans l’intimité de votre salon. Et pour crier d’une autre façon.