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Brïz, la petite Italienne investit la Petite-Italie

Crédit photo : Christine Plante
Brïz, la petite Italienne investit la Petite-Italie
Fabrizia Rollo, Brïz pour les intimes, est tombée dans un grand bol de spaghettis quand elle était petite.
 
À peine sortie de l’adolescence, alors qu’on était tous en train de s’interroger philosophiquement sur le sens de la vie avec un doigt dans le nez, la jeune Brïz s’inscrivait en cuisine à l’ITHQ, sachant qu’elle passerait sa vie dans les marmites.
 
Ça fait maintenant douze ans.
 
Douze années passées entre Montréal et l’Italie, où elle a occupé tous les postes des cuisines, les sauces, les grillades, la boulangerie, les pâtes et les desserts. Elle a travaillé dans des petits bistros de familles italiennes, à rouler sa bosse en roulant des gnocchis, et dans les grandes salles de la Main, bondées de visiteurs du Grand Prix.
 
En 2012, grâce à sa participation à l’émission Les Chefs !, elle est entrée dans la cour des grands.
 
Et comme dans tout passage à la maturité, elle s’est remise en question. Son style de cuisine italienne classique, simple et rustique, s’est mis à évoluer. Entre les juges de l’émission (Jean-Luc Boulay, Normand Laprise et Pasquale Vari), le chef de brigade Daniel Vézina, et plus récemment Mathieu Cloutier, le chef et propriétaire du restaurant Kitchen Galerie qui l’a repêchée à sa sortie de l’émission, beaucoup de mentors ont eu leur influence dans l’assiette de Fabrizia.
 
Aujourd’hui, Brïz est devenue grande, et elle est prête à se lancer. Chef de cuisine, propriétaire, nouveau resto, la grosse patente. En compagnie de ses acolytes Axel Mevel, Mathieu Bourdages et Mathieu Cloutier, la petite italienne investit rien de moins que la Petite-Italie.
 
Dans l’assiette, ça donne quoi ?
 
Une cuisine d’inspiration italienne, mais qui est beaucoup plus maniérée. On reconnaît les bases – antipastis, pâtes, risotto, porchetta – mais tout y est plus complexe et raffiné. Et les influences sont beaucoup plus larges, aussi, d'où la dénomination de "cuisine méditerranéenne" sous le nom du restaurant. 

Voyez par exemple ces petits amuses-bouches, tous dressés ensemble et si mignons qu'on hésite à les croquer. Les saveurs sont intéressantes, moi et mes joyeux convives avons particulièrement apprécié les olives frites et les arancinis à la viande ou au fromage, selon les bouches. 

En entrée, la palme va à ce majestueux os à moelle. J'adore quand ils sont sciés sur le long, nous permettant de tartiner allègrement nos croûtons sans avoir à se battre pour chaque goutte de cet élixir si fabuleux. Ici, il est servi avec de petites feuilles de choux de bruxelles frites, qui avaient juste assez d'amertume pour réveiller nos papilles et susciter les sourires et non les grimaces enfantines. C'est un peu lourd à la longue, alors pensez à partager. 

En plat principal, je recommande particulièrement la porchetta, qui était fondante et juteuse, délicatement posée sur un lit douillet de gnocchis maison et agrémentée de petites chips de kale. Délicieux.

La question des pâtes est plus épineuse. Je ne voudrais pas choquer les puristes, mais (surtout pour les pâtes longues et fines) je préfère les pâtes sèches. Voilà, c'est dit. Je les trouve plus agréables, quand le chef arrive à les servir parfaitement al dente, ce point d'extase si parfaitement parfait! Fabrizia me dit qu'elle pense s'y convertir, pour des raisons pratiques plutôt que par vocation, mais quelle qu'en soit la raison, nous seront toutes les deux plus heureuses avec des pâtes un peu moins... pâteuses. 

Pour terminer, ceux qui ont la dent sucrée et qui avaient encore de la place pour une petite gourmandise se sont laissés tenter par le pain perdu, une fin glorieuse à ce repas somme toute très agréable. 

L'équipe est charmante, l'endroit est coquet, l'ambiance est festive sans nous donner l'impression d'un bar déguisé en resto.

C'est surtout rafraîchissant de voir une fille qui se lance en affaires dans un milieu si masculin. Sans vouloir faire ma féministe enragée, saviez-vous que dans la liste des 50 meilleurs restaurants du monde, il n'y a que 2 femmes?!? Franchement les gars, je ne crois pas que le talent soit distribué si asymétriquement dans les cuisines. 

En tous cas, Fabrizia nous prouve que du talent chez les filles, il y en a. 

Brïz
6950 rue St-Denis, Montréal
514-507-1331

MAR - SAM: 17:00 à la fermeture
JEU - VEN: 11:30 à la fermeture

photos Chrstine Plante