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Victime de la porn: les vraies questions

Une vie sans luvvvvvv, c’est un peu du gaspillage. Je ne dis pas qu’il faut être matché pour pouvoir se frotter au bonheur, mais coordonner son cœur avec son bassin, c’est sûrement dans les trucs les plus tripants que tu peux te souhaiter en tant qu’humain.

Du coup, quand t’as le célibat qui s’étire, c’est normal d’en venir à te poser quelques questions. Clairement, quelque chose ne va pas comme tu voudrais. Ce qui m’énerve dans ces passes-là, c’est que pour t’évaluer, on te pose toujours la même maudite question:

«Ça fait combien de temps que t’es célibataire?»

Ensuite, on va te juger sur ta réponse avec un raisonnement assez simple: plus ça fait longtemps, plus t’es une marde. En fait, je pense que t’es mieux d’être sorti avec une pompe à bouette qui te battait et qui s’est sauvée avec tes REER que de rester tout seul trop longtemps. Ça paraît mieux sur ton CV.

C’est comme si on partait de l’idée que tout le monde a les mêmes goûts, les mêmes standards, les mêmes occasions et les mêmes cartes dans les mains. On ne pose jamais les vraies questions pertinentes qui permettraient une évaluation plus juste:

1. C’est quand la dernière fois que quelqu’un de tentant a voulu fourrer avec toi?

2. Sur 100 personnes qui passent dans la rue, combien as-tu le goût de fourrer?

3. Dans ceux que t’as envie de fourrer, c’est quoi ton pourcentage de réussite?

Parce que seulement se matcher pour se matcher, c’est pas mal à la portée de tout le monde. J’ai vu un gars repoussant se faire bitchslapper par sa germaine folle sur la Plaza St-Hubert. (Elle lui en voulait d’avoir regardé une fille plus tight.) Si ces deux-là peuvent se matcher, c’est bar open pour l’espoir de tout le monde. (Mais crime que ça ne donne pas le goût!)

Autre question qui serait pertinente: pourquoi n’arrives-tu pas à te matcher, d’après toé, buddy?

Parce que tout le monde avec un minimum d’introspection finit par comprendre à peu près ce qui cloche. Évidemment, peut-être que la personne ne feel pas pour te partager ça avec candeur en plein milieu d'un party de parc.

Sûrement pour ça que certains préfèrent dire des trucs comme «je suis trop intelligente, ça fait peur aux gars.» Ou bien «je suis trop pauvre, les filles ont besoin de sécurité.» Ça paraît mieux et ça fait moins mal que «je suis insupportable au quotidien» ou «criss que ma gueule donne pas le goût de mettre son pénis dedans.»

Des fois, c’est juste une question de ne pas avoir rencontré le bon monde. Des fois, c’est par manque d’estime de soi. Ça sonne quétaine, mais c’est assez primordial.

D’ailleurs, je jasais avec une chummey qui me demandait si j’avais finalement abordé cette supra-chick au gym. (La réponse: évidemment que non.) Et face à mon insécurité, elle me conseillait de juste être moi-même.

Je l’adore le conseil du «sois toi-même» parce que ça finit toujours par se transformer en:

«Sois toi-même, mais habille-toi comme du monde

«Sois toi-même, mais arrête d’être aussi gentil

«Sois toi-même, mais fais comme si t’étais zéro intimidé devant cette personne qui te fait trop mouiller.»

Ce n’est pas sans rappeler le classique de Joss Whedon: «Remember to always be yourself. Unless you suck.» Il y a plein de sagesse dans cette citation-là, parce qu’avoir du succès avec le «être soi-même», ça demande deux prérequis:

1. Posséder un soi-même qui a du bon sens.

2. Croire au fait que ton toi-même a du bon sens.

Et pour certains, s’aimer soi-même, c’est la quête d’une vie. Mais c’est quand même la base. Une fois que tu t’aimes full, t’arrives à être bien avec pas mal plus de monde, t’arrives à te voir avec pas mal plus de monde, t’arrives à te vendre avec pas mal plus d’aplomb parce que tu y crois enfin à ton pitch!

Pis rendu là, tu te sacres pas mal plus de ce que les gens pensent quand ton célibat s’étire un peu.

(Même pas besoin de te pogner de pompe à bouette pour sauver les apparences.)