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Dans une imposante structure métallique qui a valu au scénographe Bernard Lagacé un prestigieux prix Bessie à New York, deux hommes oscillent entre la rage et le désespoir. Comment composer avec la promiscuité et la violence du monde qui les entoure? Comment créer un semblant de cette liberté à laquelle ils aspirent? Tels deux lions en cage, ils s’épient, se confrontent. Leur gestuelle est nerveuse. La rencontre des corps est féroce. Ils s’agitent, se suspendent aux barreaux, s’y balancent dans une danse acrobatique quasi circassienne. Parfois, heureusement, ils parviennent à trouver un peu de réconfort dans la tendresse et la sensualité partagées de rapprochements furtifs.

Vingt-deux ans après la création de Bagne, les chorégraphes Jeff Hall et Pierre-Paul Savoie revisitent de fond en comble cette œuvre marquante du patrimoine chorégraphique québécois. Ils enracinent leur danse-théâtre dans la réalité de notre temps en la transmettant aux très intenses jeunes interprètes Lael Stellick et Milan Panet-Gigon (ponctuellement remplacé par Jonathan Fortin) et en s’inspirant d’images comme celles de la prison d’Abou Ghraib.

Orchestré sur le vif, le nouvel environnement sonore renforce le sentiment d’urgence de l’œuvre originale. Un huis clos palpitant et poignant pour une puissante métaphore de nos prisons intérieures.