Le plus vieux métier du monde 2.0
Le 8 septembre 2012
Un coup que t’as passé par-dessus la peur que quelqu’un te reconnaisse, ça va. Y’a plus qu’à embarquer dans la peau d’un personnage et enchaîner les combines sexuelles. Faire de la webcam, c’est de loin la façon la plus efficace que j’ai trouvée pour faire de l’argent…
Je l’avoue, j’ai une forte tendance à dépenser. Mais pas juste pour moi! Je me sens bien quand je gâte mon chum et mes amis. Et puis, c’est pendant qu’on est encore jeune qu’il faut en profiter pour sortir et voyager, pas vrai?
Au début, je faisais de la webcam pour arrondir mes fins de mois (j’arrivais même plus à m’acheter de nouvelles chaussures tellement j’avais atteint la limite de mon crédit). Puis avec le temps et la pratique, je me suis rendu compte que j’avais du talent - mon patron et mes clients réguliers tripaient sur ce que je faisais, et je me sentais en sécurité chez moi, sans avoir de vrais contacts physiques, un genre de safe sex, une pâle copie de la prostitu…j’haïs ce mot-là.
J’ai déjà lu Putain de Nelly Arcand, je trouvais qu’il y avait un côté intrigant à faire une activité « illicite». Mais je ne me serais jamais abaissée à avoir de vrais contacts. Au moins online, ça restait un peu irréel. Sauf qu’à un certain moment, j’étouffais. Les demandes et les fantasmes des clients devenaient de plus en plus pervers. Je me sentais mal dans ma peau, alors pour oublier, je magasinais et je m’endettais. Un espèce de cercle vicieux dans lequel j’étais bien coincée.
Même si tout ça est terminé et que j’ai mis la webcam de côté, il m’arrive encore de paniquer à l’idée que des gens puissent m’identifier et se servir de tout ça contre moi...




















