Victime de la porn: la ligne de la guidoune
Comment en vient-on à autant détester un style? En ce moment, c'est la haine envers les douchebags. Si t'as ce style-là, t'es au-dessus du hummer dans l'échelle de mépris. Tout le monde a le droit de te ramasser.
Il y a des trucs comme ça qui font un quasi-consensus de dédain. Les gens trop bronzés ou bronzés orangés. Les gars qui ont les tattoos tribaux, les filles ont le tramp stamp dans le bas du dos. Le gars qui s'entraine comme un débile et qui s'épile. Curieusement, plusieurs de ces trucs sont populaires dans la porn. (Ou à Laval.)
Alors, pourquoi ça dérange autant? Par jalousie? Si on pose la question aux jugeux, la réponse va pas mal toujours ressembler à « T'es malade!! Impossible d'être jaloux de ça!! C'est laite! Ark!! » Pourtant, les gens vraiment laids, on ne les déteste pas tant que ça. C'est rare qu'on entend « Osti de monde avec la face asymétrique, hein? Check-moi ben les basher dans un groupe facebook! Je pars toute suite faire un montage youtube! »
Je pense que c'est une diversion. On n'est pas jaloux du feature de quétainerie, on est jaloux de l'attention qu'ils obtiennent. La fille qui a des implants démesurés, ça a beau être esthétiquement laid selon tout le monde qui veut bien paraitre en société, ça reste qu'elle se fait mater pas mal plus que les autres filles (ou gars) sur le dancefloor. Même chose pour le gars dont le blanchiment de dents aveugle les gens sous le blacklight ou la fille qui porte son kit d'infirmière en latex à l'Halloween (ou pire, à Noël).
Ces gens ont osé dépasser la ligne, sortir du décorum. « Pffff, c'est elle la pire, moi je m'en fous, elle a juste l'air conne! » Right. Pourtant, la ligne, on la dépasse nous aussi. On a tous et toutes une slut intérieure. Mais nous... c'est différent. Nous, si on envoie une photo de notre cul à quelqu'un sur le web, c'est une exception. Nous, c'était avec la bonne personne. Nous, on avait bu. Nous, on l'a fait pour nous. (Whatever that means.)
En fait, on fait pareil du moment que les autres ne nous regardent pas. Le reste du temps, on se prive du regard de certains parce qu'on craint le regard des autres. Mais fondamentalement, qu'est-ce qu'il y a de si mal de chercher à plaire? Et une autre question que je me pose de plus en plus, est-ce qu'on sort un jour de l'école secondaire?

























