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Le Restaurant Henri saura-t-il charmer le centre-ville?

Crédit photo : Tommy (Le Cuisinomane)
Le Restaurant Henri saura-t-il charmer le centre-ville?
Henry Birks est le fondateur de la prestigieuse bijouterie éponyme, fondée en 1879 à Montréal. Logeant depuis 1894 dans le magnifique immeuble historique, à l’angle du Square Phillips à Montréal, elle fut agrandie en 1907 puis restaurée en 2001. La ville ayant annoncé en 2016 un nouvel agrandissement de la bâtisse, afin de faire place à un hôtel de luxe — l’Hôtel Birks chapeauté par les Hôtels St-Martin — un nouveau restaurant allait forcément suivre ce projet.
 
 
Tenu discret jusqu’à quelques semaines avant l’ouverture de l’hôtel, on nous annonçait donc que l’aventure culinaire se dirigeait vers une brasserie française, au nom de Henri Brasserie Française. Le gestionnaire de l’endroit, Imad Nabwani — également propriétaire de la brasserie française Le Pois Penché — a voulu recréer l’ambiance chaleureuse et décontractée d’une brasserie française, ponctuée d’une touche moderne et luxueuse. 
 
Il a fait confiance à Zébulon Perron, qui a su créer un endroit élégant, majestueux et spacieux, avec plus de 150 places assises, incluant le bar. 

Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
En cuisine, Nabwani est allé d’un « coup de chef » en recrutant le chef Romain Abrivard, qui venait de quitter le M.Mme, où il a eu le privilège de grandir auprès de Stelio Perombelon. 
 
D’origine française, Romain accueillit le défi en toute gaieté : « La cuisine de brasserie, c’est mon genre. C’est moi, c’est exactement ce que je voulais faire! » m’a-t-il avoué suite à un bref passage à ma table après mon repas. 
 
Au menu alors, je ne vous cacherai pas que c’est très traditionnel. Pâté en croûte, poireaux vinaigrette, soupe aux fruits de mer façon V.G.E, tartare, poissons et viandes à profusion. Mon premier bémol : aucun plat principal végétarien n’est proposé sur la carte.
 
C’est donc après deux semaines d’opération que j’ai décidé de m’y rendre un samedi soir, avec une invitée de choix, connaissant elle aussi très bien la scène culinaire à Montréal. Disons que nos attentes étaient bien élevées…
 
D’entrée de jeu, l’endroit est magnifique, vraiment. Côté équipe en salle, la jeunesse règne et c’est beau à voir.

 Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
Notre hôtesse nous apporte gentiment la carte des vins et cocktails, sans le menu à manger… Que nous avons d’ailleurs été obligés de demander, après plusieurs minutes d’attente. Astuce de vente? Dans un lieu comme ça, ce n’est pas nécessaire… Surtout en voyant le prix moyen des items à la carte!

 Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
Mais, revenons à la carte des cocktails créée par Eddy Germain (Le Lab, 4Mur), car celle-ci mérite une belle mention. Jouant à la fois sur des classiques dont le Montréal Cocktail (gin, Apérol, Rye et Suze) ainsi que des créations signatures comme le Mogeteau (gin Cirka, Sivo bleuet, sirop de fraises du Québec, citron, basilic, poivre noir et mousseux), cette sélection donne envie de simplement s’asseoir au bar pour décompresser après une dure journée.
 
Côté vins, on doit la chouette carte à Colin Beaudoin-Lambert, venu lui aussi directement du M.Mme. Derrière les trois choix de vins au verre, blanc et rouge, se dévoile une carte très complète d’une quarantaine de blancs et d’une soixantaine de rouges débutant à 40$, ce qui est très raisonnable pour l’endroit.
 
Pinot grigio américain au verre, salade Henri (10$), pâté en croûte (21$) et pain banique (le pain signature de Marc-André Royal de La Bête à Pain) pour débuter la soirée. Belle surprise pour la salade qui, à vue d’œil, semblait tout à fait ordinaire mais, à l’exécution et au goût, franchement surprenante. L’œuf mollet, bien que très froid, est cuit à la perfection et la vinaigrette crémeuse — semblant à une classique césar mais sans anchois et parmesan — joue parfaitement son rôle de donner vie à la laitue boston.

Le pâté en croûte au canard, à la volaille et aux champignons est lui aussi très bien réussi. On perçoit aisément l’assemblage des différentes viandes, certaines hachées grossièrement pour donner une texture plaisante en bouche. J’ai également beaucoup aimé la mostarda servie comme garniture, qui n’était ni trop sucrée ni trop acidulée. Un deux en deux en entrées ? Niveau goût, tout y est. Mais est-ce que 21$ pour une tranche de pâté d’un centimètre est un peu exagéré ? À vous de juger.
 
Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
Premier plat de résistance, orzo au homard, estragon et courges marinées (31$). Côté esthétique, c’est impeccable. La cuisson du homard ? Parfaite. Si notre niveau de plaisir était à son comble, il a un brin chuté en poursuivant notre dégustation. Parce que l’orzo manquait malheureusement de personnalité et de saveur, quel dommage. Notre accompagnement de poêlée de champignons au miso est venu sauver un peu la mise, en ajoutant un peu de plaisir au plat. 

Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
Puis, la soupe de fruits de mer (29$) d’inspiration V.G.E (clin d’œil à M. Bocuse), recouverte d’une pâte feuilletée maison. Abondance de poissons et fruits de mer, pâte feuilletée impeccable… L’accompagner de rouille et de fromage emmental comme l’on accompagne traditionnellement une soupe de poisson aurait rendu l’expérience encore plus plaisante!
 
Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
En finale, on se laisse tenter par le chocolat (9$) et le mille-feuille au pamplemousse avec pacanes et praliné (12$). Étant un amateur de chocolat amer, j’ai adoré cette déclinaison en 5 temps du chocolat noir : en ganache, en sorbet, en praliné, en biscuit et en coulis. Dommage que le mille-feuille ne soit pas arrivé à sa cheville. Encore une fois, ce plat avait tout pour plaire — notamment avec un feuilleté maison — mais manquait aussi de personnalité et de goût. Pas de vanille (ou de mélilot). Pas de coulis ou de caramel. Quant au praliné inscrit sur le menu, je ne l’ai malheureusement pas perçu du tout. 
 
Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
Bien que cette première visite au Henri Brasserie a été parsemée de hauts et de bas, le plus important de tout, c’est que cette soirée m’a confirmé que Romain et Imad ont tous les outils nécessaires pour qu’Henri devienne un incontournable de la ville. D’ici là, ce n’est qu’une question d’adaptation à la clientèle, ainsi que de peaufinage de menu par Romain et son équipe.
 
À vous messieurs-dames, bon succès!
Crédit : Tommy (Le Cuisinomane)
 
Henri Brasserie Française
1240 Square Phillips, Montréal