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Amateurs d’exotisme et d’épices, voici le nouveau restaurant srilankais Nama!

Crédit photo : Sophie Ginoux
Amateurs d’exotisme et d’épices, voici le nouveau restaurant srilankais Nama!
Nous avons la grande chance à Montréal de pouvoir déguster toutes sortes de cuisines. Bien sûr, certaines d’entre elles, très populaires, n’ont peu ou plus de secret pour nous. Mais nous tombons parfois sur des établissements plus nichés dont nous ne connaissons rien ou presque du menu ni de la culture culinaire associée. Je dois humblement avouer que la cuisine srilankaise en faisait partie.
 
Crédit photo :Sophie Ginoux
 
C’est donc avec une bonne dose d’excitation que je me suis présentée, un soir de semaine, dans ce resto assez discret ouvert depuis moins d’un mois au premier étage d’une bâtisse de type coloniale de la rue Saint-Denis.

Passé un petit corridor nimbé de rouge, on débarque dans une petite salle à manger d’une trentaine de places au décor assez simple constitué de tables et de chaises en bois, de quelques éléments au mur et dans la verrière avant rappelant le quotidien et l’histoire srilankaise, d’une ou deux plantes vertes et d’un comptoir éclairé au fond en guise de bar. J’apprendrai peu après que cette simplicité est volontaire, car au Sri Lanka, les clients apprécient les restaurants dans lesquels ils ont l’impression de se sentir comme chez eux ou chez des amis. 
 
Crédit photo: Sophie Ginoux
Crédit photo: Sophie Ginoux
Crédit photo: Sophie Ginoux

C’est loin d’être la seule chose que je vais apprendre au cours de cette soirée initiatique. Pour me guider, outre des intitulés de plats assez complets, j’aurai la chance de passer du temps avec la chef et propriétaire du resto, Jeya Sivans. Elle prend la peine de m’expliquer ce qui caractérise la cuisine srilankaise. Avant toute chose, oubliez vos références indiennes! « Le Sri Lanka est une île et non un continent. Il ne faut pas les confondre! », assure-t-elle. Exit, par conséquent, les produits laitiers et plusieurs viandes. Et bienvenue à la noix de coco sous toutes les formes, les légumes, les poissons et des viandes particulières comme la chèvre.

Plusieurs influences, que l’on retrouve sur le menu du Nama, sont liées aux ethnies qui occupent l’île, à savoir les Sinhala, les Tamouls, les musulmans et les diasporas successives (portugais, juifs, allemands). On est donc à des années lumière d’une cuisine unidirectionnelle. Par contre, il y a des éléments que l’on retrouve dans tous les plats sans exception : les oignons et, je vous le donne en mille, les épices bien sûr, puisque le Sri Lanka en est un des plus importants producteurs au monde.
 
Crédit photo: Sophie Ginoux
 
« Notre cuisine a du kick », confirme Jeya avant de me servir une première assiette de Devilled Beef, du bœuf mariné avec des oignons, des poivrons, des tomates, du gingembre frais, des feuilles de coriandre… et beaucoup (beaucoup) d’épices. Je vous préviens, si vous aimez la douceur, oubliez ce plat. La chef n’avait mis dans sa préparation qu’un grade 2 sur 10 d’épices, et j’avais littéralement la bouche en feu! Toutefois, les champions des saveurs hot s’en donneront à cœur joie, j’en suis certaine.
 
Crédit photo: Sophie Ginoux
 
Après m’être un peu rafraîchie le palais avec une bière blonde légère locale, la Singha, et beaucoup d’eau, j’apprécie bien plus la seconde entrée intitulée Seeni Sambol Tart, une sorte de tourtière renfermant non pas de la viande, mais une purée d’oignons légèrement épicée que la chef accompagne d’un morceau de fromage de chèvre. Un plat original, réconfortant et accessible à tous, ce qui me fait moins appréhender la suite.
 
Crédit photo: Sophie Ginoux
Crédit photo: Sophie Ginoux
 
Ce n’est d’ailleurs pas avec un Kari, décliné sous plusieurs formes sur la carte, mais avec un String Hoppers, une spécialité que les Sri Lankais mangent régulièrement au déjeuner et au dîner, que je poursuis mon aventure. Il s’agit de surprenantes galettes confectionnées à partir de nouilles de riz rouge et cuites à la vapeur que l’on emplit soi-même à table de préparations comme le Sambol, réalisé avec de la noix de coco râpée et des piments doux. Mon constat : ludique, étonnant et ma fois très bon. Une belle manière de s’initier à cette cuisine exotique à souhait.
 
Crédit photo: Sophie Ginoux
 
Je termine mon repas avec du Kottu Roti, un plat unique dont les habitants du Sri Lanka raffolent. On mélange du riz, des légumes, des œufs, du poivre noir, des arachides, un peu d’épices (bien sûr) et pas mal de poivre, on ajoute une viande (j’ai eu droit à de la caille), on fait cuire le tout et le tour est joué! Un bon plat réconfortant, une nouvelle fois, comme on en mangerait dans les cuisines des grands-mères srilankaises.

Au terme de cette visite des plus étonnantes, c’est avec plein de nouvelles images en tête – et le gosier encore un peu en feu – que je sors de ce restaurant peu commun, que je vous conseille de découvrir si vous êtes curieux, avez envie de voyager ou êtes adeptes des épices. Dépaysement assuré!

Nama
3439, rue Saint-Denis, Montréal
(514) 461-0130
www.namamontreal.com