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Nouveau bar à vins Alma : entre finesse et rudesse

Crédit photo : Sophie Ginoux
Nouveau bar à vins Alma : entre finesse et rudesse
En pleine canicule, on recherche évidemment un peu de fraîcheur, d’âme. C’est ce qui m’a poussée, avec mon compagnon du jour, à rendre visite au Alma (qui signifie « âme » en français), un nouveau bar à vins catalan - ou plutôt, d'inspiration méditerranéenne - qui a ouvert ses portes au mois de mai dans un quartier outremontais qui était jusqu’à présent peu riche en bonnes tables (excepté du Provisions du coin de la rue).
 
Crédit photo: Sophie Ginoux
Crédit photo: Sophie Ginoux

Les propriétaires de l'endroit, Lindsay Brennan et Juan Lopez Luna, aussi derrière le projet Farine, avaient l’ambition de créer un nouveau lieu reflétant le sens de l’hospitalité et la gastronomie catalane. C’est ce qui semble être le cas de prime abord lorsqu’on arrive devant la très jolie terrasse du restaurant, bondée le soir de ma visite. L’intérieur est aussi accueillant, avec de petites tables, une longue banquette lovée contre un mur de briques, un sol carrelé, une table haute et un comptoir de bar clair bordés de tabourets. Il faudra par contre attendre quelques minutes pour que le personnel, bien affairé certes, nous repère à l’entrée et nous dise bonjour. L’hospitalité en prend un peu un coup...

Nous voici enfin assis en terrasse, la carte du Alma devant nous. Évidemment, comme il s’agit d’un bar à vins, nous en scrutons les choix. Ceux-ci ne sont pas si nombreux que cela, en définitive, mais ont l’avantage d’être habilement sélectionnés par la propriétaire. Ils sont d’ailleurs pour beaucoup d’entre eux atypiques, étonnants et franchement délicieux!

Mon conseil : laissez-vous aller les yeux fermés avec les suggestions que l’on vous fera sur place, vous ne serez vraiment pas déçus.
 
Crédit photo: Sophie Ginoux

Mais nous avons, mon compagnon et moi, aussi très faim. Alors, nous consultons le menu, constitué de quelques éléments à grignoter, de petites comme de grosses entrées, de quelques plats un peu plus copieux et de desserts. Attirés par de nombreux intitulés, nous commandons un premier service. Du jambon ibérique de Bellota servi en petites tranches avec quelques amandes, une cuillère de confiture de cerises et un filet d’huile remplit parfaitement la mission de nous ouvrir encore plus l’appétit.
Crédit photo: Sophie Ginoux

Nous restons davantage sur notre faim avec l’entrée de fenouil à la Yoyo (surnom d’une productrice de vins appréciée des propriétaires), dont l’élément central est certes croquant, mais dont la chiffonnade de poireau, le zeste de citron et l’huile un peu trop marquée rendent le plat un brin fade.
 
Crédit photo: Sophie Ginoux

Un peu de déception aussi avec le crudo d’omble chevalier de la Gaspésie, servi avec des tomates cerise, du concombre tranché et des chips maison. L’art de découper un poisson fin n’est pas donné à tous, et celui qui se trouve dans notre assiette a visiblement manqué d’amour, car il est coupé très grossièrement et assez huileux en raison, une nouvelle fois, d’une main assez généreuse avec la bouteille d’huile d’olive qui affadit tout le reste.
 
Crédit photo: Sophie Ginoux

Nos papilles se ravivent néanmoins avec la dernière entrée froide, à savoir un pan con tomate qui n’est pas traditionnel, mais vraiment savoureux. On a greffé à la recette originale de pain baguette, tomates mûres et huile d’olive de généreux anchois qui en magnifient le goût. Tant mieux!
 
Crédit photo: Sophie Ginoux
Crédit photo: Sophie Ginoux

Nous voilà prêts pour la suite des réjouissances, qui arrivent sous la forme de côtelettes d’agneau bien rosées et assaisonnées, accompagnées d’ognons verts grillés et de fines herbes. Simple et bon. Les spaghettis Pomodoro, elles aussi toutes simples dans l’approche – pâtes fraîches, tomates San Marzano, fromage padano, basilic... et pas mal d'huile encore -, sont également honnêtes.
 
Crédit photo: Sophie Ginoux

Par contre, une nouvelle fois, la coupe du carpaccio de veau dans le Vitello Tonnato est franchement ratée. Quel dommage! En effet, les accompagnements de cette viande trop grossière (mayonnaise au thon, chapelure et fleurs de capucine) sont, eux, bien réussis et jolis à voir.
 
Crédit photo: Sophie Ginoux
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C’est donc avec un peu moins d’attentes que nous commandons deux desserts pour clôturer notre repas, à savoir une pannacota surmontée de tranches de fraise fraîche, ainsi qu’un tiramisu au goût bien caféiné planté de petites tuiles. Nous sommes agréablement surpris par ces deux assiettes, dont les saveurs et les textures sont bien équilibrées. Comme quoi, même si certains plats peuvent être imprécis au Alma, un bon dessert maison et, je le répète, de succulents vins tout au long de la soirée peuvent permettre de garder un bon souvenir de sa visite.

À vous d’en juger, à présent!

Alma
1231, Avenue Lajoie,
Outremont
514-543-1363