+ Toutes les playlists

J'ai survécu au Montebello Rockfest 2018 et voici mon récit

Il y a quelque chose d’indescriptible dans l’atmosphère lorsque le Rockfest plante ses griffes dans les champs de Montebello. À chaque année, la quiétude et la tranquillité du village font place à un monde fantaisiste où déambulent les regards vitreux, les shooter girls, les émanations de fines herbes, les amateurs de musiques fortes et, bien sûr, une impressionnante sélection locale et internationale des meilleurs artistes du genre!

Cette année, le festival organisé par Alex Martel en était à sa treizième édition et dévoilait une programmation qui ratissait toujours aussi large dans le grand spectre du rock. Proposant moins de groupes pour miser sur des performances encore plus longues, l’incontournable évènement avait un alléchant menu à présenter à ses festivaliers, allant de Weezer à Cannibal Corpse, tout en passant par Rancid et Tenacious D (et tellement d’autres)!

C’est dans un désir aventurier de valeureux soldats que nous nous sommes rendus sur les lieux pour aller voir de plus près le meilleur du festival et de son écosystème. Une expérience comme aucune autre. On vous montre le résultat dans ce fort renversant photoreportage.  


VENDREDI 15 JUIN

Dès notre arrivée, nous avons été acceuillis comme des princes dans le royaume de la distorsion, de la poutine et des signes du devil. Si l’orthographe est restée à la maison, le plaisir était bel et bien au rendez-vous.

La faune du Rockfest (première partie)
Il n’a suffit que d’un regard pour saisir toute l’émotion qui habitait ces jeunes gaillards. Si l’un d’entre eux a choisi l’option « torse nu », nombreux sont ceux qui ont plutôt opté pour les costumes d’occasion. C’est notamment le cas de Deadpool qui a été aperçu en compagnie d’une sœur échappée d’un couvent quelconque d’un possible autre membre de la famille.
Entre le torse dénudé et le costume, on dénote cet homme qui s’est taillé un haut de bikini à l’aide d’un bon vieux rasoir à batterie. Ingénieux.
Après ces surprenantes rencontres dans les rues avoisinantes, on a fait notre entrée à travers l’antre de la bête pour découvrir les légions de fidèles rassemblés par dizaines (voire centaines) de milliers sur le site officiel. L’expérience était officiellement commencée.

Dropkick Murphys
C’est devant une foule de fidèles friands de celtic rock que la formation américaine Dropkick Murphys a pris possession de la scène principale vendredi en début d’après-midi. The boys are back, et pas juste un peu! Tour à tour, ils ont enchaîné avec force les chansons de leurs albums 11 Short Stories of Pain & Glory, Signed and Sealed in Blood, The Gang’s All Here et Do or Die. Impossible de rester de glace (surtout sous une telle chaleur) devant un set comme celui-là!

Fait intéressant : lorsqu’il n’est pas en train de veiller sur la ville de New York, Spiderman se lance avec abandon dans les foules de Montebello. Si Mary Jane peut toujours compter sur l’homme-araignée pour venir la sauver, ce dernier peut toujours compter sur la sécurité du Rockfest pour se tirer d’affaires. On peut voir ce moment émouvant capturé sur image.

 
Sum 41

Il est quand même impressionnant de voir Deryck Whibley aussi énergique et performant lorsqu’on sait qu’il était entre la vie et la mort pour des raisons impliquant l’abus de substance il y a à peine quelques années. Le frontman de Sum 41 était de passage à Montebello avec son groupe pour une prestation spéciale mettant de l’avant les chansons de leur album Does This Look Infected?, paru en 2002. En plus de balancer ses succès, le groupe a révélé à la foule en délire qu’il était présentement en studio pour un nouvel album qui devrait paraître dans les prochains mois. Émotion, quand tu nous tiens.



Le set s’est conclu sans surprise avec Fat Lip, leur plus gros single en carrière, durant lequel on a pu voir une licorne gonflable qui faisait du body-surfing dans la foule. Les miracles ne tiennent pas un hasard.




Cannibal Corpse
Le nom du groupe pouvant possiblement expliquer en partie l’odeur de décadence qui régnait sur les lieux, Cannibal Corpse a servi une des principales doses corrosives de death metal de la programmation. Les vétérans ont exécuté avec hargne et puissance un set digne des grands maîtres et peuvent se vanter d’avoir un headbang game parmi les plus affutés. Les fanatiques du groupe sont restés pantois devant cette prestation chargée à bloc. C’est d’ailleurs le cas de cette admiratrice en plastique au visage exprimant la surprise. Les images parlent d’elles-mêmes.




Rancid



La mythique formation californienne Rancid a été accueillie en prophète lorsqu’elle est finalement arrivée sur les planches de la scène Budweiser en début de soirée. La troupe de Tim Armstrong a profité du bassin de nostalgie proposé par le Rockfest pour puiser dans les plus grands succès de son répertoire, mettant l’accent sur son iconique album …And Out Comes The Wolves, paru en 1995. « Goddamn this is a fun fucking show! », a affirmé le leader du groupe devant la foule entassée devant eux. Un succès sur toute la ligne!



« Vous m'avez monté un beau grand bateau, vous m’avez fait de bien grandes vagues », s’est probablement exclamé ce navigateur des foules pendant son voyage nautique. On spécule.




Henry Rollins
« My goal is not to bore you ». C’est ce qu’a lancé l’activiste et ex-leader de la formation légendaire Black Flag lorsqu’il a expliqué à la foule rassemblée devant la scène Tony Sly qu’il allait simplement offrir un monologue sans musique. Pendant près d’une heure, il a abordé la politique américaine, une rencontre avec une admiratrice allemande qui a été sexuellement agressée, le mouvement #metoo, ses voyages dans des endroits dangereux, etc. Même si quelques amateurs en manque de décibels ont rebroussé chemin devant la tirade, ceux qui voulaient se calmer les tympans et entendre le mythique chanteur s’exprimer sur une variété de sujets chauds auront été servis!


Godsmack

C’est du métal alternatif en bonne et due forme que Sully Erna et ses musiciens sont venus offrir sur la scène Budweiser un peu plus tard en soirée. Le groupe était de passage pour présenter au public les chansons de son tout nouvel album When Legends Rise (et c’est ce qu’ils ont fait), offrant au passage de l’attitude et une quantité respectable de boules de feux géantes en guise de toile de fond. Tant qu’à être là!

Parmi les amateurs venus assister à la performance de Godsmack, nous avons remarqué la présence d’invités notoires. Parmi ceux-ci, un cône jaune-orange venu tout droit des rues endommagées de la grande ville pour marmonner les paroles de Whatever avec son frontman préféré. La nostalgie frappe même le plus mal-aimé des artéfacts montréalais.
 
Prophets of Rage


C’est aux coups de minuit que Prophets of Rage a foulé les planches de la scène principale pour présenter un melting-pot des meilleurs succès des anciens groupes respectifs des membres qui compose le supergroupe. Il va donc sans dire que la foule a notamment eu droit à Testify, Guerilla Radio, Take The Power Back et Bulls on Parade de Rage Against The Machine, Insane in the Brain et How I Could Just Kill a Man de Cypress Hill et Fight The Power de Public Enemy. À travers tout ça, le groupe a offert quelques morceaux moyennement mémorables de son propre album homonyme paru l’an dernier. Heureusement, le groupe se doute que le public préfère hurler Killing In The Name que de fixer la scène en silence pendant les nouvelles chansons moins connues.


 

SAMEDI 16 JUIN 

La faune du Rockfest (deuxième partie)
À notre retour sur le site le jour suivant, on a croisé de nouveaux festivaliers venus savourer le moment présent dans leurs plus beaux habits. On remarque ces jeunes hommes dans leurs costumes du dimanche. La culture parle.

On a pu également croiser ce cavalier de la romance vêtu d’un traditionnel t-shirt noir aux bras de sa compagne fort silencieuse.
Un admirateur de Bob Ross a pu échanger des moments de complicité et de tendresse avec un imprimé en carton de son animateur fétiche. On peut meme observer ledit artéfact de carton profiter de l’occasion pour consommer une partie de ses réserves pour la fin de semaine.
Ceux qui se questionnaient sur le sort des Teletubbies après leur disparition des ondes télévisuelles seront ravis de constater qu’un d’entre eux se porte bien et profite de la vie. En pleine fleur de l’âge, on a pu apercevoir le personnage rouge en bonne compagnie en train de faire de party d’une main et des signes de l’antéchrist de l’autre. Les temps changent. 

 
Millencolin
Ce sont les Suédois de Millencolin qui ont eu le mandat de lancer les festivités lors de la dernière journée du Rockfest 2018. Armés de distorsion et de bonne volonté, les punk-rockeurs ont principalement pigé dans leurs albums Pennybrige Pioneers et True Brew pour mettre le feu aux poudres de la scène principale. Une performance rodée au quart de tour et pleine de promesses pour le reste de la journée.

Sur le chemin vers une autre scène, on a croisé un véritable viking. Tout droit sorti d’un vortex temporel, le guerrier scandinave a quitté son drakkar pour nous manifester tout son enthousiasme face aux festivités et aux décibels. Un client visiblement satisfait.
 
The Mighty Mighty Bosstones
Ceux qui étaient à la recherche de cuivres ont pu savourer le ska des Mighty Mighty Bosstones. Attroupés sur la scène extérieure au centre de l’action, les membres de la troupe américaine ont su convaincre les festivaliers encore en train de se remettre de la veille que leur performance valait le détour. Ils ont mis l’eau à la bouche de tous les spectateurs.

Parlant de liquide et de bouche, on peut observer de fringants amateurs arborant le même gaminet à l’effigie de la fiancée de l’un d’entre eux en train d’exercer leurs capacités à verser de la bière froide dans le gosier d’un valeureux soldat au front. L’important, c’est de participer.


Jimmy Eat World
En fin d’après-midi, c’est le pop-punk/emo de Jimmy Eat World qui est venu s’immiscer sur la scène principale. Même si le groupe a dernièrement fait paraître l’album Integrity Blues, ce sont les chansons de son mythique album Bleed American paru en 2001 qui ont dominé le setlist de la formation américaine. Et c’était tant mieux! Livrée avec justesse et passion, cette performance se glisse parmi les meilleures de cette édition.

À noter que pour cette prestation, Jimmy Eat World aurait pu alterner son nom pour People Eat Freesbies puisque les nombreux disques volants offerts sur les lieux ont fait pas mal de victimes dans l’assistance. Nombreux(euses) sont les élu(e)s qui ont été la piste d’atterrissage de freesbies qui tombaient des cieux pour se rendre directement dans leurs gencives!
 
Tenacious D
C’est une foule conquise d’avance qui a accueilli le groupe de Jack Black et Kyle Gass sur la scène Budweiser en fin de soirée. Venus balancer un cocktail musical de leur répertoire de rock parodique, les deux frontmen ont fait plaisir à leurs admirateurs en offrant au passage des prestations bien senties de Low Hangin’ Fruit, POD, Dio, Roadie et Fuck Her Gently. Certains fans ne tenaient plus en place, comme cet homme qui a incarné la statue du rock pendant les quelques instants. Du génie.


Weezer
C’est en toute discrétion que Weezer a entrepris son arrivée sur scène en tant que tête d’affiche du Rockfest 2018. Rivers Cuomo, Brian Bell, Scott Shriner et Patrick Wilson n’ont toutefois pas attendu une seule seconde avant de sortir l’artillerie lourde, enchaînant les succès Buddy Holly, Beverly Hills et Hash Pipe en guise d’introduction. Pour le reste, on a eu droit à un pot-pas-vraiment-pourri de leur répertoire allant du Blue Album jusqu’à Pacific Daydream. En guise de rappel, le groupe s’est lancé dans une reprise de Today des Smashing Pumpkins et de leur classique Say It Ain’t So. La magie opère toujours pour Weezer!


C’est ce qui a conclu notre périple dans les contrées de Montebello pour la 13e édition. On en revient avec des souvenirs indélébiles, des tympans en lambeaux et quelques légers coups de soleil. On a eu du plaisir en masse et on ne saurait comment mieux recommander l’expérience Rockfest à ceux qui n’ont jamais fait acte de présence. L’idéal, c’est de le vivre en personne. Le rendez-vous est donné pour l’an prochain!

Yessir Miller!