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Colette Grand Café : le chic accessible

Crédit photo : Sophie Ginoux
Colette Grand Café : le chic accessible
Le Café Holt, dans lequel les clients du chic chic magasin Holt Renfrew du centre-ville, ainsi que les touristes aisés, venaient faire une pause n’est plus. Il a été remplacé la semaine dernière par le Colette Grand Café, une bannière du Chase Hospitality Group qui a ouvert un peu plus tôt un restaurant du même type à Toronto et qui en planifie d’autres dans des magasins Holt Renfrew à travers le Canada, notamment à Vancouver.

On peut avoir un peu de réticences à faire confiance à une chaîne en restauration. Une chaîne, cela veut dire par essence que l’on va retrouver les mêmes plats d’un endroit à l’autre, que le service peut être moins personnalisé, qu’on préférera des formules gagnantes à l’originalité. Toutefois, si dans les faits, le Colette Grand Café de Montréal reprend en partie les standards des deux autres établissements existants à Toronto, il ne manque ni de qualité, ni de personnalité. Et c’est ce qui m’a agréablement surprise lors de ma visite sur place quelques jours après son ouverture officielle.
Crédit photo Sophie Ginoux

Le restaurant en tant que tel n’est pas encore une destination, mais pourrait tout à fait le devenir. Peu visible et attrayant de l’extérieur, et conçu à même la structure de l’ancien Café Holt (un déménagement du restaurant est prévu en 2019 au second étage de la bâtisse), il se présente comme un café/bistro chic et épuré quand on rentre à l’intérieur. Un peu impersonnel au premier coup d’œil, il faut l’avouer. Un plancher de bois, un décor contemporain blanc égayé par quelques tableaux classiques, des tables, banquettes et chaises grises, et quelques luminaires puissants pour éclairer le tout. La décoration plus fournie des espaces de boutique attenants semble plus invitante au premier abord.
Crédit photo Sophie Ginoux

Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Une fois que l’on est assis devant son napperon – pas de nappes blanches au Colette – on se rend rapidement compte que les standards de service sont plus poussés qu’ailleurs. Les serveurs connaissent leur menu, sont bons conseillers et très efficaces. Il est aussi possible de s’adapter aux demandes spéciales sur place, ce à quoi on s’attend moins venant d’une chaîne.

Justement, intéressons-nous au menu. Ce dernier propose des entrées, des salades, des sandwichs, des plats et des desserts qui peuvent être d’inspiration française, mais aussi nord-américaines ou plus exotiques. Certains choix sont sans gluten, végétariens et végétaliens, et un brunch est proposé les jours de fins de semaine. On peut donc, selon son humeur et son appétit, opter pour du traditionnel tartare de bœuf ou du poulet rôti, mais aussi pour une entrée de fruits de mer exclusive à Montréal (et avec une vinaigrette au champagne, en plus) ou un sandwich au thon blanc confit.

Crédit photo Sophie Ginoux

C’est à ce niveau que le chef Derek Bocking, qui est passé auparavant par les cuisines du Globe, du Pois penché et de Ma grosse truie chérie, rentre en jeu. Son expertise dans le secteur gastronomique lui permet de transformer un plat en apparence simple en un mets vraiment attrayant. Cela a été le cas de la toute première assiette à arriver sur la table. Comment un sandwich à l’avocat peut-il être gourmand à ce point? Parce qu’il ne s’agissait pas d’un sandwich ordinaire. Servi sur un pain focaccia tendre à cœur et légèrement grillé en surface, il est recouvert de fines tranches d’avocat mûr, de salsa fresca (de tous petits dés de tomates et d’oignons rouges avec une légère vinaigrette) et d’œufs pochés surmontés de petits grains soufflés. Oh, là, là, quel hit! Il est absolument dé-li-cieux, à la fois fondant, croquant, frais, équilibré. Juste pour ce plat, je reviendrai sur place!
 
Le chef Derek Bocking
 
Crédit photo Sophie Ginoux

Le tartare de bœuf qui suit, inspiré de celui que le chef faisait au Pois penché, est lui aussi réussi. Traditionnel au niveau de l’approche et peut-être manquant d’un brin de pep ou de texture (la coupe de la viande est très, voire trop fine), mais tout à fait honnête. Et les gaufrettes de pommes de terre maison servies avec sont bien appréciées.
 
Crédit photo Sophie Ginoux

On m’a conseillé de choisir l’omelette pour la suite de cette dégustation. Encore une fois, elle est bien faite et renferme du crabe dormeur, des crevettes et du caviar de saumon pour jouer d’originalité. Mais elle ne remporte pas la palme que l’assiette voisine de morue du Pacifique, d’une grande fraîcheur et parfaitement cuite, gagne avec ses accompagnements de piperade de poivrons, ses pommes de terre confites et sa (douce) salsa verde. Un excellent plat qui ne cherche pas à réinventer le style, mais qui ne peut attirer aucune critique, car il est réussi en tous points.
Crédit photo Sophie Ginoux

Pour le dessert, j’opte pour un classique gâteau forêt-noire. Mais là encore, la magie opère, car ce dernier est succulent. Les étages de gâteau et de crème au chocolat sont tendres et bien imbibés d’une sauce légère aux cerises. Quant à la chantilly maison qui le chapeaute, on prêche une convaincue – j’adore ça!
Crédit photo Sophie Ginoux

J’achève donc cette visite sur une note très concluante. J’ai effectivement pu profiter à ma manière du luxe du réputé Holt Renfrew en prenant un excellent repas qui ne coûte, au final, pas bien plus cher que les tables du centre-ville environnantes. De plus, je sais que je peux y revenir pour simplement grignoter en sirotant un cocktail. Bref, faites l’essai du Grand Colette Café, il vaut le déplacement même s’il ne dispose pas pour l’instant du décor en adéquation avec le prestige du magasin qui l’héberge. Et attention, ses horaires d’ouverture suivent ceux du Holt Renfrew, donc priorisez les journées.

On sera d'ailleurs sur place demain pour le grand lancement médiatique, donc surveille notre album photo qui suivra!

Colette Grand Café
1300, rue Sherbrooke Ouest, Montréal
514.282.3750