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Les meilleurs films internationaux et d'ici de 2017

Crédit photo : Capture d'écran YouTube
Les meilleurs films internationaux et d'ici de 2017
De par la justesse de leurs propos, la beauté de leurs intentions, le risque de la création, la vérité sur leurs sujets, voici la liste des films à l'international et d'ici de 2017, qui ne nous ont pas laissés indifférents : 

Palmarès cinéma international : 

1. Get Out

 
 
Film de l’année dirigé et écrit par Jordan Peele, film d’horreur qui se fait métaphore du racisme et de ses codes déconstruits dans tous ses états. Le film se fait un jeu d’user des stéréotypes pour confondre le spectateur blanc avec son racisme. Souvent ignorant lui-même sa participation à alimenter des propos discriminatoires, voyant le racisme dans toute la grandeur de sa laideur, en occultant le fait que le racisme sait agir à petite échelle, sournoisement et qu’il est essentiel de se questionner sur son propre racisme. Il est plus compliqué de comprendre pour un blanc le besoin d’exister au-delà de son apparence. Par exemple, même si aborder quelqu’un en lui demandant « Tu viens d’où? » vous paraît bien sympathique, donnez-vous la chance de passer au-delà de cette approche facile qui ne fait que ramener la personne questionnée aux limites de son apparence. Le film creuse profondément dans ce malaise racial actuel, en usant de sérieux, d'horreur et d’humour, sur lequel il est nécessaire de se réveiller. La tension du scénario en devient insupportable, on se perd dans le désarroi des yeux de Daniel Kaluuya, un film à glacer le sang, le film à voir pour comprendre 2017. 


2. Lady Bird
 
Feel good movie de l’année, Greta Gerwig passe à la réalisation et à la scénarisation pour donner un résultat haut en couleur et en émotion dans une explosion de larmes et de joie. Une juste sincérité chez les personnages, dans leur manière de crier et de s’aimer. Courte période qu’est la fin de l’adolescence vers l’âge adulte, période qui semble longue vu de l’intérieur, avec toute cette accumulation d’expériences qui en découlent. Saoirse Ronan en parfaite interprète des mots de Gerwig, joue à la caméra le reflet de sa créatrice bien-aimée. Ton caricatural poussé par moment, mais tout est dans la justesse du propos. Campé en 2002-2003, tout juste en l’ère post-11 septembre aux États-Unis. La musique. Le soleil de Sacramento. Le bien-être des sensations et le soupir qui en découle une fois le film terminé qui nous fait dire qu’on en aurait pu en prendre encore plus longtemps. 


3. Mother!
 
Controversé, détesté par plusieurs et ardemment défendu par d’autres, le film de Darren Aronofsky est un cauchemar qui se transpose sur une idée de notre société moderne vers une déclinaison abrasive. La place est à différentes interprétations. Mené par l’impact intensifié de nos actes, la quête de notre bien-être coûte que coûte, au détriment des autres. Jennifer Lawrence incarne l’objet d’impact de ses déferlements incontrôlés de notre société qui exploite dans une vision d’infini les ressources humaines et environnementales de notre planète - ça sonne chezzy, mais ce l’est pas. Abordé par Aronofsky, ça devient un déclenchement ébranlant du mal et de ses impacts sur l’autre. L’homme au sommet de cette pyramide duquel il se croit maître, prêt à tout démolir en se disant qu’il suffit seulement de rebâtir ce qui est tombé sans y voir une fin.     


4. The Square
 
La question ou le jeu de la représentation exploité sur tous les niveaux. Les conséquences de nos actes, ce que nous sommes, ce que l’on croit être et ce que l’on est. Au-delà du moi, les codes de société que chacun décide de porter à défaut ou par volonté. Rien n’est ce qu’il semble être parce que tout est en constant mouvement. L’art et son monde des représentations en toile fondent pour se faire questionner au même niveau que l'on remet en question les personnages. Le réalisateur Ruben Östlund se joue du spectateur, lui inflige des marques et l’oblige à directement se questionner sur les fondements de ses propres actes. Le film est une expérience unique en soi.
 

5. Good Time
 
Une vision psychédélique d’un vol de banque voué à l’échec sur un fond de musique trance/techno. Le Cours Lola Cours du 21e siècle sans les fins alternatives qui nous laissent espérer des jours plus heureux. Vision d’un réel dans lequel la merde sent la merde et reste collée au pied. Un New York saturé, aux couleurs vives, rythmé et saccadé, dans lequel la ville se referme sur ses personnages pour les abrutir. Robert Pattison, Benny Safdie, Taliah Webster, Jennifer Jason Leigh donnent tout pour arriver à rendre le surréel du réel qui doit se jouer au naturel. Un film des frères Benny et Josh Safdie.  


6. Call Me By Your Name
 
Les passions de l’amour selon Luca Guadagnino. Une histoire crève-coeur tournée sous le soleil de l’Italie, version année quatre-vingt. Les romances d’été vouées à ne pas durer, mais qui se doivent par le même fait d’être consommées avec intensité. Ce que l’amour laisse comme héritage aux sentiments. Brillamment incarné par les charmes d'Armie Hammer et Timothée Chalamet. Malgré l’obstination populaire à vouloir camper des personnages homosexuels sans jamais montrer le visage de leur sexualité, le film trouve une place dans notre palmarès de par la délicatesse de son exploration des sentiments amoureux qui peut se vivre entre deux personnes, qu’importe l’âge, qu’importe le sexe, qu’importe l’orientation sexuelle.


7. The Florida Project
 
La force d’un film d’aborder la pauvreté à hauteur d’enfant, qui évite de tomber dans les pièges d’une représentation misérabiliste. Une Floride déchut en périphérie de Disney World. Fable humaine de réalités difficiles. Les rêves des plus riches côtoient ceux des pauvres. Le réalisateur de Tangerine, Sean Baker, ne tombe pas dans le panneau de juger la misère des gens. Il la montre pour en souligner les lumières qui en émergent. La complexité de l’être et sa beauté va au-delà de son positionnement social. Chacun avance selon sa situation et le fait de manière humaine. Ne pas juger rapidement les différences que dépeint un monde différent de soi, pour ne pas le dépouiller de sa capacité à ressentir.


8. Personal Shopper
 
Film de fantômes qui n’en est pas un, mais surtout Kristen Stewart qui hypnotise le spectateur par un jeu minimaliste et ressenti. Olivier Assayas retrouve sa partenaire de Clouds of Sils Maria pour créer un film nonchalant mené par ses intrigues mélangées qui servent à mettre de l’avant la présence englobante de Stewart. Perte d’un être cher, activité paranormale, acheteuse de vêtements pour une mannequin, meurtre. Les relations se créent, mais restent en surface et demeure inatteignables. Un film d’ambiance dans lequel les émotions prennent le temps de prendre place avant de se vivre, quand elles ne sont pas carrément brusquées.    


9. 120 Battements Par Minute
 
Film mémoire, film hommage sur la pandémie du Sida durant les années quatre-vingt. Connaître son histoire. À une époque où le Sida sévissait sans traitement, des coalitions militantes se sont créées pour faire pression sur les gouvernements afin d’accélérer la recherche de traitement en vue de freiner et de stopper la propagation de la maladie. Une lutte désespérée qui aura fait trop de morts. Le film de Robin Campillo puise dans cette force de bataille à la David contre Goliath. Des performances arrache-coeurs. Une réalité qui résonne comme un écho du passé pour les pays occidentalisés, mais qui n’en demeure pas moins une réalité à l'ère du temps pour les autres. 


10. The Disaster Artist
 
La fiction sert ici de documentaire pour lever le rideau derrière les dessous de la création d’un des films les plus particuliers dans sa manière d’être pourri. Rien ne fait plus de sens dans The Room, la production de cette idée écrite, réalisée, produite et interprétée par Tommy Wiseau. James Franco se glisse sous la peau du mystérieux millionnaire et le plaisir se propage à le regarder - le rire signature de Wiseau, imité à la perfection. 


Palmarès cinéma d'ici :

1. Inuk En Colère
 
Oui, la défense des animaux doit se faire, mais pas aux dépens de pratique de chasse ancestrale créée pour subvenir aux besoins d’une communauté déjà en lutte pour sa survie et ses droits, dans des cadres extérieurs aux intérêts des gouvernements, laissée à eux-mêmes. Le documentaire de Alethea Arnaquq-Baril aborde la problématique du lobbying concernant le boycottage entourant la chasse aux phoques qui perdure depuis trop longtemps et qui a des impacts réels sur de nombreuses communautés inuites. L’heure est au changement et à l’éveil social. Il est important d’écouter quand les personnes concernées exposent leur problème, surtout quand leurs voix ont moins de portées. Une réelle mafia de la protection des phoques est bâtie en usant hors contexte des images de la chasse aux phoques, aidant ainsi à sensibiliser certains et permettant ainsi de renflouer les coffres d’argent de leur organisation sur le dos des autres. Une industrie du boycottage qui refuse d’aller vers la discussion, devant une population n’ayant pas les fonds nécessaires pour renverser les grands joueurs qui alimentent cette idée de l’ignorance face à la chasse aux phoques.   
 

2. Ta Peau Si Lisse
 
Film d’observation du milieu des culturistes. Denis Côté utilise sa caméra pour faire de nous les spectateurs du quotidien de ces travaux acharnés du paraître du corps. Fascinante excursion vers ce monde inconnu où les bases premières sont la discipline et l’acharnement au travail. Plus proche du documentaire que de la fiction, le film laisse libre court aux différents protagonistes d'exister. Du père de famille, au jeune en début vingtaine, en passant par les plus expérimentés, un plaisir se créer à avoir accès à une parcelle de leur vie privée. Les temps de silence sont imposés pour nous permettre de bien observer des corps qui ne demandent qu’à être regarder.   


3. Les Dépossédés
 
Immersion dans l’économie du marché alimentaire et ses trop nombreuses failles. Documentaire contemplatif qui nous oblige à prendre place dans la commercialisation des aliments pour le bien des uns et le malheur des autres. Le paradoxe de la faim chez ceux qui ne peuvent manger des terres qu’ils cultivent. Accepter les yeux fermés le sacrifice d’une partie de l’humanité pour subvenir aux besoins des pays mieux nantis. Notre monde est en crise et le documentaire de Mathieu Roy s’impose comme un objet nécessaire aux compréhensions modernes d’une agriculture qui n’a rien de durable. 
 

4. Le Problème d’Infiltration
 
Le cauchemar de banlieue porté à l’écran par Robert Morin. Film d’une violence qui porte sur l’ascension du monstre avant ses actions. Le cas est un peu trop familier, celui du chirurgien, père de famille, qui finit par perdre la tête dans sa maison de millionnaire. Par moment insupportable, le film de Morin creuse directement dans la perte de signal qui créer la confusion dans l’esprit malveillant du méchant. Le paradoxe de la vie parfaite, mais qui derrière ses montagnes d’argent n’enlève rien à la noirceur de l’humain. L’entêtement à vouloir contrôler tout sous prétexte de l’argent et dont les moindres failles provoquent la déroute. Une mise en scène imaginative qui enchaîne les plans-séquences. Difficile de rester indifférent devant cet objet. 
 

5. Maudite Poutine
 
Premier long-métrage de Karl Lemieux, qui s’aventure en région avec un fond d’air qui peut nous faire penser à un Montréal sans son décor. Histoire de vol de pot qui tourne mal, le film travaille à rendre la tension insurmontable d’une dette impossible à rendre selon les délais et la peur de voir son corps se casser comme conséquence de ses actes. Le film est fait d’ambiance. Ambiance visuelle, ambiance sonore, qui oscille entre la tempête et son calme et une musique signée par des membres de God Speed You! Black Emperor.

On a bien hâte de voir ce que 2018 nous réserve!