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Festival du nouveau cinéma: 15 films à voir absolument

Crédit photo : Capture d'écran YouTube
Festival du nouveau cinéma: 15 films à voir absolument
Chaque année, le Festival du nouveau cinéma offre la chance au public montréalais de voir en primeur québécoise une grande variété d’offrandes cinématographiques. Des cannibales vietnamiens aux sectes dominicaines en passant par des culturistes lavallois, on retrouve un large éventail de sujets abordés dans ses fictions disjonctées. Sans oublier qu'on y projette des documentaires bouleversants, des rétrospectives et des courts-métrages d’ici. Le FNC, c'est plus de 400 films présentés du 4 au 15 octobre dans 11 lieux différents. Il faut donc comprendre que cette liste est une sélection bien trop courte d’une programmation foisonnante prête à satisfaire les goûts des plus exigeants aux cinéphiles débutants. S’armer du catalogue et l'étudier est une activité nécessaire pour profiter de ce festival qui n’a pas d’égal.


Blade Runner 2049 (Royaume-Uni, États-Unis, Canada | 163 minutes)
La suite tant attendue du cultissime film cyber-punk de Ridley Scott sera enfin dévoilée en grande première internationale.  Ryan Gosling et Jared Leto joignent leurs efforts à Harrison Ford qui reprend son rôle d’enquêteur anti-Réplicant dans cet extravagant blockbuster de science-fiction signé Denis Villeneuve. Les récentes premières critiques, dithyrambiques, annoncent un beau futur au dernier opus du cinéaste originaire de Bécancour. Sur invitation seulement.

Killing of a Sacred Deer (Royaume-Uni, Irlande, Grèce | 109 minutes)
Récipiendaire du Prix du meilleur scénario au dernier Festival de Cannes, le prodige de la nouvelle vague du cinéma hellénique, Yorgos Lanthimos, revient nous hanter avec un film d’horreur décalé où un jeune homme envahit la vie familiale d'un chirurgien cardiaque. Thriller psychologique à l’univers immersif et sophistiqué où l’on retrouve l’épatant Collin Farrell qui nous avait charmés avec sa performance insondable dans The Lobster du même réalisateur.

The Square (Suède, Allemagne, France, Danemark | 142 minutes)
Après l'avalanche de critiques élogieuses pour Force Majeure (2014), le dernier film de Ruben Östlund, arrive fort d’une Palme d'or au Festival de Cannes. En utilisant à nouveau le motif du téléphone cellulaire, nous sommes cette fois conviés à une comédie grinçante mettant en scène un conservateur d’un musée d’art contemporain perdant le contrôle d’une vie professionnelle convoitée. Le film est une critique satirique de la condescendance élitiste qui plane autant sur le monde de l’art que sur l’ensemble notre société.
 

Ava (France | 105 minutes)
Récit dramatique, mais fort tonique d’une jeune fille rebelle de 13 ans en route vers une cécité diagnostiquée. La protagoniste s'installe dans une station balnéaire avec sa mère qui veut lui faire vivre un été de liberté. En plein abandon, elle simule sa perte de vue tout en se liant d’amour avec un grand chien noir volé au magnifique Juan, un adolescent gitan ostracisé par des forces de l'ordre inquiétantes. Léa Mysius signe un premier film audacieux qui traite du désir juvénile et de l'urgence de vivre.

Western (Allemagne, Bulgarie, Autriche | 120 minutes)
La réalisatrice allemande Valeska Grisebach développe une fable caustique et naturaliste sur le partage du territoire entre différentes cultures. L’intrigue s’articule autour de la rencontre rugueuse entre des travailleurs en construction allemands et les habitants d’une bourgade bulgare. En pleine ruralité s’installe un climat de méfiance sur fond de préjugés historiques. Produit par Maren Ade, la scénariste derrière l’irrévérencieux Toni Erdmann, Louve d’or du FNC en 2016.

Frost (Lituanie, France, Ukraine, Pologne | 132 minutes)
Šarūnas Bartas, figure de proue du cinéma baltique, met en scène le périple dangereux d’un jeune couple d’humanitaires s’enfonçant dans une Ukraine en guerre pour ravitailler les forces anti-russes. Un road-movie à la mélancolie enneigée sur l’absurdité des conflits armés. Entre philosophiques et romantiques, les enjeux, exacerbés par la belligérance, trouvent écho dans le fractionnement de l’ancien empire soviétique.

Les Affamés (Québec | 96 minutes)
Coincée dans un lieu reculé de la province, une fragile cellule survivant à une épidémie zombies que tente incessamment de sauver sa peau. Ce rare film de genre québécois est grandement attendu par la communauté cinéphile après avoir raflé le Prix du meilleur film canadien au dernier Festival international du film de Toronto. Une ambiance anxiogène appuyée par un humour noir et une réalisation soignée concrétisent la place de Robin Aubert dans le cercle des cinéastes les plus intéressants de sa génération.

 

Loveless (Russie, France | 127 minutes)
Le dernier Prix du Jury à Cannes est un drame s'ancrant au coeur d'une Russie en pleine débâcle morale. Le réalisateur derrière Leviathan (2014), Andrey Zvyagintsev, délaisse la plaine sauvage pour l’ambiance grise de Moscou où il met en scène une famille fracturée par un divorce imminent. Le fils, Aliocha, 12 ans, disparait soudainement laissant planer le mystère et profiler les raisons de la débâcle conjugale. Un regard sans complaisance sur la faillite d'un foyer témoignant d’un pays en proie au vide.

Luk'Luk'I (Canada | 90 minutes)
Gagnant du Meilleur premier film canadien au dernier TIFF, le cinéaste métis originaire de Vancouver, Wayne Wapeemukwa, donne la voix à cinq marginaux dans le contexte des célébrations des Jeux Olympiques d’hiver de 2010. Nageant entre documentaire et fiction, il met en image la vie d'acteurs non professionnels aux passés troubles qui tentent de se joindre à des festivités auxquelles ils ne sont pas invités. Une oeuvre dure et remplie d'humanité nous plongeant sans artifice dans les décombres oubliés de Downtown Eastside.

L'Autre Côté de l'Espoir (Finlande, Allemagne | 100 minutes)
Avec l'Ours d'argent du meilleur réalisateur à la Berlinale en poche, le singulier réalisateur finlandais, Aki Kaurismaski, signe à la fois son 20e long-métrage et son film d’adieu. On reconnait la facture esthétique vintage-épuré de ses films dans cette comédie-dramatique loufoque et intelligente où l’on suit les malencontreuses aventures de Khaled, un réfugié syrien aidé par un restaurateur local en pleine crise existentielle après avoir quitté sa femme ivrogne.


Les Garçons Sauvages (France | 110 minutes)
À la suite d’un crime troublant, cinq jeunes garçons vont se retrouver sur un voilier sous l’autorité d’un capitaine teigneux et s'échouer sur une île luxuriante. Oeuvre influencée de l'univers littéraire genetien et du livre Lord of the Flies de William Golding, le cinéma décapant et fantasmagorique de Bertrand Mandico mélange le lyrisme des corps au symbolisme queer. Un film où transgression et liberté s’enlacent dans un parcours en noir et blanc teinté d’étrangeté.

All You Can Eat Buddha (Québec| 85 minutes)
Épousant le kitsch chromatique d’un tout-inclus cubain, cette offrande intrigante, coiffée d’une trame surréaliste, s'orchestre autour d'un protagoniste bedonnant nommé Mike. Admiré par l'équipe de l'hôtel où il se goinfre sans gêne du buffet, il va commencer à performer de petits miracles l’auréolant de mysticisme. Cette oasis pour les yeux est le premier long-métrage du prometteur réalisateur montréalais Ian Lagarde.

Paradise (Russie | 130 minutes)
Andrei Konchalovsky décortique froidement l'utopie national-socialiste avec une oeuvre déconcertante. Les dérives du IIIe reich sont véhiculées par trois destins qui s'entrecroisent; un aristocrate russe, un policier français et un officier nazi. Récipiendaire du Lion d’argent au Mostra de Venise en 2016, ce long-métrage aux qualités formelles envoûtantes aborde avec une grande minutie historique les monstruosités de l’Holocauste tout en insufflant son intrigue d'une saveur métaphysique et romantique.

The Nothing Factory (Portugal | 177 minutes)
Récompensé du Prix de la critique internationale à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, ce premier film de Pedro Pinho, d’une durée de près de trois heures et tourné en 16 mm, relate l’histoire de la fermeture d’une usine en périphérie de Lisbonne. À travers le portrait d’ensemble d’ouvriers fragilisés par l’insécurité, le film explore le paysage social d’un Portugal enfoncé dans la crise économique. Un film sur les relations qu'entretient une nouvelle génération de salariés avec le travail au temps du capitalisme sauvage.

Loving Vincent (Royaume-Uni, Pologne | 95 minutes)
Incroyable tour de force d’animation entièrement peint à l’huile selon la plasticité postimpressionniste caractéristique de Vincent Van Gogh. Les quelque 65 000 plans exécutés sur une période de sept ans par une brigade de 125 artistes décortiquent de manière biographique la dernière année de vie de l’artiste en relatant son parcours par une plongée dans 120 de ses toiles. Sur invitation seulement.