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BLINK, un regard sur l’amour virtuel qui vaut vraiment le détour

Crédit photo : LaurenceDauphinai
BLINK, un regard sur l’amour virtuel qui vaut vraiment le détour
Depuis le 17 janvier, le Théâtre de la Bête Humaine propose une adaptation, mise en scène par Charles Dauphinais, remplie de questionnement et d’humour, de la pièce BLINK (de Phil Porter). Cette pièce est un must-see : ta bonne résolution 2017, s’il ne devait y en avoir qu’une. C’est à la fois hilarant et brutal, de par la véracité actuelle à laquelle elle nous confronte.

On suit deux êtres. Deux âmes esseulées, perdues dans ce monde qui n’est plus le leur. Tu sais, cette sensation que tu ne fit pas, tout simplement. Quand tu as ce creux au sein de ton corps, cette transparence de l’être, cette négation de soi.

C’est dur de vous transporter là-bas, sans trop en dire. Je n’ai tellement pas envie de gâcher les surprises, en te décrivant le tout. C’est juste super intime, tellement intime en fait, que tu as envie de prendre un café avec les deux protagonistes, Sofie (Olivia Palacci) et Jonas (Yannick Chapdelaine) et de les aider dans leur cheminement. Ils sont décalés, mais ils nous ressemblent beaucoup, malgré tout.

Ils nous racontent ainsi une partie de leur vie, à travers deux monologues, qui s’emboitent, se défient, se complètent. Leur solitude, à travers le deuil. Leur difficulté commune à l’apprivoiser. La vie qui leur joue des tours. Leur maladresse quotidienne. Leur banalité aussi. Jusqu’au point de la non-rencontre. Puis eux, ensemble, au-delà des codes.

L’amour ultra-connecté est devenu l’une des normes de notre société. Blink est à l’image du sentiment paradoxal qui nous nourrit : la peur que nous avons d’être observés se confronte à l’envie de tout dévoiler et de tout (sa)voir. Les deux comédiens redéfinissent le temps, l’espace et l’amour et nous content une histoire résolument contemporaine qui fera écho à certaines de tes expériences, plus ou moins lointaines.

Ils évoluent sur une scène confinée, onirique, décousue, éphémère, mais logique. Le « fantastique » devient donc « normal », transformant la banalité en fantasme. Les mots sont simples, très simples. Mais le tout est fin, tordant, poignant, drôle. Le spectateur découvre l’invisible, l’indicible. Caméra et écran deviennent alors des personnages invités dans leur histoire, aussi bien comme vecteurs improbables que comme barrières immuables. La limite entre curiosité, voyeurisme et harcèlement est ici décrite de manière absolument anodine, presque naïve : c’est avec délectation que nous suivons le tissage de nouveaux liens et avec tristesse que nous les abandonnons à leur poésie ordinaire, sans fioriture, brute, marginale et lumineuse.

Ce duo symphonique, tout à la fois sombre, drôle et charmant, se joue jusqu’au 4 février 2017 au théâtre Prospero.


BLINK - THÉÂTRE PROSPERO
Jusqu'au 4 février