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Les 20 meilleurs albums parus en 2016

Crédit photo : Montage
Les 20 meilleurs albums parus en 2016
2016 a été une année nettement riche en rebondissements, et la quantité phénoménale d’albums de qualité qui a transité entre nos mains donne le vertige. Il fut assez déchirant d’avoir à effectuer un tri, car il y a bien d’autres titres que nous aurions aimé inclure ici. Nous sommes cependant convaincus que chaque album figurant dans cette liste y mérite pleinement sa place.

Fait notable, onze de ces artistes sont québécois, et treize sont canadiens!

Voici donc, en ordre aléatoire, les offrandes musicales qui nous ont le plus marqués en 2016.


Anderson.Paak – Malibu
Outre son apparition sur l’album de Kaytranada, Anderson.Paak était partout cette année. Son deuxième album, Malibu, nous a permis de commencer l’année dans un nuage de funk bien senti. Un respect pour le passé, l’originalité indéniable de sa façon d’actualiser un son que l’on croyait prisonnier de son époque, et une voix unique : c’est une formule 100% séduisante.



Avec Pas d’Casque – Effets Spéciaux
La bande de Stéphane Lafleur est de retour avec une autre offrande de folk bien léchée, aux textes surprenants. Arrangements confidentiel qui vont droit au cœur, thématiques à saveur de sagesse tranquille, c’est une séduisante collection de balades post-modernes pour combattre le cynisme ambiant et retrouver un sourire (en coin).



James Blake – The Colour in anything
Attendu au tournant, le petit nouveau du poète maudit de Londres aurait pu nous décevoir, après les hauteurs atteintes par Overgrown – il n’en est finalement rien. Il continue dans la même vague électro-expérimentale aux accents trip-hop, sa voix étant toujours aussi poignante. La présence de Justin Vernon est toujours aussi appréciée, et résulte en l’une des meilleures pièces de l’album.



Louis-Philippe Gingras – Troisième rangée
Troubadour troublé et poète à la sensibilité étincelante, Louis-Philippe Gingras se vide le cœur de façon imaginative, et fort festive, sur ce deuxième album fort en verve. Inspiré autant par ses propres (més)aventures que par celles des gens qu’il côtoie au quotidien, il dépeint un univers à la fois ordinaire et fantastique, avec des compositions folk orchestrales aux gigantesques refrains qui vont droit au cœur.


Bon Iver – 22, a Million
Les expérimentations sonores de Justin Vernon se poursuivent ici, pour le plus grand plaisir des oreilles sensibles et avides de beauté. L’équivalent sonore d’un lever de soleil hivernal en montagne, cet album aux étranges titres de chansons nous confirme que la mélancolie devient rapidement une spécialité de Bon Iver, et que ce créneau lui convient parfaitement.


Dead Obies – Gesamtkunstwerk
Une virée dans la nuit montréalaise avec des hooks bien sentis et une production irréprochable de VNCE. Le collectif très uni ne laisse aucun de ses membres dans l’ombre, la personnalité et la voix de chacun ayant ici son rôle à jouer. Certaines pièces durent près de huit minutes, ce qui est inhabituel dans le hip-hop, et la bande a été très généreuse : aucune des 15 chansons ne fait figure de remplissage. Déjà un classique.


Kaytranada – 99.9%
Gagnant du Polaris 2016, ce joyau finement ciselé regorge de pistes dignes de mention et d’invités prestigieux. On retient surtout les lignes de basse et la diversité des sonorités, qui cimentent la place de Kevin Célestin autant dans vos écouteurs hi-fi que sur les diverses pistes de danse hip de la planète.


Grandbuda – If it happened to me
Luis Rotondaro nous a frappés au seul endroit de notre corps où nous l’attendions le moins – au cœur. Car il a déversé le sien dans cette collection de pièces percutantes, qui sont absolument cohésives malgré leurs thématiques variées. Et son producteur Max-Antoine Gendron, qui a surtout œuvré dans la house music avec son projet Prince Club, nous donne ici une époustouflante leçon de versatilité.


Kanye West – The Life of Pablo
Malgré toute la controverse qu’il soulève dans les autres sphères de sa vie publique, Kanye West demeure un producteur hors pair, avec une vision grandiloquente de la musique. Rassembleur, il a invité une spectaculaire brochette d’artistes (The Weeknd, Rihanna, Chance the Rapper, Kid Cudi, et une tonne d’autres) et a offert un autre OVNI musical avec des petites tendances gospel, et beaucoup de tracks mémorables.


The Weeknd – Starboy
Abel Tesfaye n’a pas l’habitude d’être la seule vedette sur ses albums, mais son 3e est particulièrement imposant avec des collaborations avec Daft Punk, Lana del Rey et Kendrick Lamar. C’est la trame sonore d’un artiste qui s’habitue lentement à sa célébrité, et qui commence à voir la lumière au bout du tunnel.


Klô Pelgag – L’Étoile Thoracique
La Gaspésienne à la voix d’ange propose ici un délire ludique admirablement bien structuré, d’une musicalité stupéfiante. De la pop atypique et sans égale, aux textes tourmentés et bien fignolés. Une formule profondément originale en rotation continue dans notre iPod, qui est propice autant pour les marches dans le quartier que pour les après-midi de grand farniente.


Frank Ocean – Blonde
Un album qu’on n’attendait plus, dont la difficile naissance a été marquée par une dispute avec Def Jam et une pression sans pareil de la part de ses fans sur les médias sociaux. C’est un drôle d’objet, presque expérimental et ambiant, et sans révolutionner le R n’ B, c’en est une interprétation assez aventureuse, qui nous confirme explicitement le talent immense de ce membre du collectif Odd Future.


Chocolat – Rencontrer Looloo
Les sonorités très planantes et fuzz de ce nouvel effort nous font remercier le groupe de s’être reformé. Les gros riffs accompagnent parfaitement les paroles pince-sans-rire de Jimmy Hunt, et l’ambiance très stoner cadre parfaitement avec les titres ésotériques et la jaquette de l’album, qui évoquent les meilleurs albums concepts des groupes progressifs des années ’70.


Andy Shauf – The Party
Cet album a pris tout le monde par surprise. Troisième offrande de l’artiste canadien, c’est un album concept dont le thème tourne autour d’un house party à saveur existentialiste. Les chansons hors du temps sont portées par la voix extraordinaire de Shauf, et ses mélodies extrêmement catchy, et l’ensemble est d’une qualité stupéfiante. Un énorme coup de cœur.


Leonard Cohen – You Want it Darker
Le testament de notre poète montréalais favori se démarque de ses parutions précédentes par sa voix encore plus profonde, et une sérénité thématique absolue – Cohen se savait mourant, et préférait en rire. Les sons de claviers un peu cheesy sont pour une fois majoritairement absents, sans toutefois diluer la formule qui a fait sa renommée, faisant de l’album la conclusion rêvée d’une carrière longuement célébrée.


Brown – Brown
L’une des plus belles surprises de l’hiver dernier, l’album éponyme de Brown propose un inhabituel trio familial (les frères Beaudin-Kerr, dont l’un est membre des Dead Obies, et leur père Robin) qui a de tout temps baigné dans la musique. Un heureux métissage de hip-hop, de dancehall et de reggae, brassé par des artisans qui cumulent une belle expérience.


Danny Brown – Atrocity Exhibition
La voix criarde de Brown a trouvé un partenaire idéal avec les productions de Paul White, qui signe ici la plupart des chansons au climat légèrement schizophrénique. Les éléments déroutants se fusionnent et résultent en une collection de pièces sombres et sans compromis, que Danny Brown n’a pas composé dans l’espoir de faire plaisir aux oreilles de ta mère.


Alaclair Ensemble – Les Frères Cueilleurs
On a un peu eu l’impression que la gang de minces d’Alaclair a finalement trouvé un son qui lui va comme un gant sur cet album festif qui envoie des étincelles dans toutes les directions. À mi-chemin entre trap et funk, avec des textes pétaradants d’idées éparses aux sonorités finement travaillées, cet album assume sa singularité à 100%.


Blood Orange – Freetown Sound
Le projet « bedroom » de Dev Hynes, aussi connu en tant que Lightspeed Champion, propose avec ce troisième album un grand cru d’indie pop électronique pleine d’âme et de moments de grâce. Il y a du tragique, du sublime, et des ambiances à rendre jaloux n’importe quel musicien qui s’intéresse un peu à l’aliénation.


Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter
Antoine Corriveau a voulu faire un « album dansant », et son interprétation de ce qui fait bouger est très intéressante, mais surtout d’une beauté incandescente. Des textes ténébreux déclamés de façon dramatique, sur un lit musical orchestral et sombre – la musique de Corriveau nous marque au fer rouge.