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Qu’est-ce qu’on mange demain ? : 5 grandes tendances culinaires à surveiller en 2017

Crédit photo : Crédit Chef's Table (Netflix)
Qu’est-ce qu’on mange demain ? : 5 grandes tendances culinaires à surveiller en 2017
Chaque année, des dizaines de journalistes, agences et autres firmes spécialisées sur les comportements sociologiques des consommateurs avancent leurs prédictions quant à ce qu’on mangera l’an prochain. Je le sais, j’en fais partie. Ça fait maintenant 3 ans que je suis mandatée par NIGHTLIFE.CA pour rédiger mon petit billet sur la question.
 
Cette année, l’UQAM m’a même invitée à présenter une conférence sur le sujet dans un cours intitulé « gastronomie et société », cours dans lequel les étudiants passent à travers les grandes tendances qui ont dicté les régimes alimentaires des sociétés dans l’histoire, allant de l’antiquité, au Moyen Âge, à la modernité, à l’époque contemporaine. Vous aurez deviné que moi, j’arrivais à la fin de tout ça, avec quelques pistes de réflexion sur demain.
 
À ma grande surprise, la grande conclusion de cet exercice est… qu’il n’y a rien de nouveau dans notre manière de nous alimenter. C’est comme dans la mode : les tendances se suivent et finissent toujours par revenir en version revisitée…
 
Voici toutefois, 5 tendances actuelles qui ont piqué ma curiosité et mon appétit pour les mois à venir :

 
Les « functional foods » 
 Crédit: pixabay
 
De nos jours, en plus d’être obsédés par notre poids, par notre look, par notre compte en banque et par le nombre de « likes » que récoltera chacune de nos photos Instagram, on cultive aussi l’obsession de la santé. C’est bien connu, les aliments néfastes sont à l’origine d’un nombre incalculable de cancers et de maladies, le sociologue Laurier Turgeon cite même que 20 % des décès aux États-Unis sont reliés à la malbouffe. Mais aujourd’hui, les aliments sont aussi source de santé. On se tournera donc de plus en plus vers les aliments comme le curcuma, le vinaigre de cidre ou encore le lait de coco pour soigner nos petites maladies et bientôt même les plus sérieuses. Nestlé, par exemple, investit massivement à l’heure actuelle dans son fameux programme « Nestle Health » qui prévoit lancer sur le marché toute une gamme d’aliments soignants. Pensez yogourt anti-cancer, purées médicamentées pour le troisième âge, ce genre de trucs.


Le Québec s'affiche à l'international
Crédit: pixabay 
 
Notre chère petite ville a peut-être un sapin laid, mais sachez que dans l’assiette, elle est pas mal plus compétitive. Montréal est l’une des villes où la concentration de restaurants per capita est la plus importante en Amérique du Nord, en plus d’offrir l’un des meilleurs rapports qualité-prix. Vu que ce sera son 375e cette année, je prédis qu’on mettra beaucoup en scène « l’identité québécoise » dans notre assiette. Ce sera l’occasion de s’interroger sur ce qui nous définit (à part le sirop d’érable et la poutine) et d’afficher nos couleurs culturelles haut et fort sur la scène internationale. Le sapin, le pimbina et plein d'autres produits du terroir québécois, ça se mange! Vive chez nous !

 
Manger éthique
Crédit: courtoisie de Pascal le Boucher

Végétarisme, végétalisme, dumpster diving, paniers bio, bouchers engagés, locavorisme, nose-to-tail et root-to-stem, les régimes particuliers pour s’alimenter éthiquement pleuvent et répondent à une demande en pleine croissance chez les consommateurs. De plus en plus, ceux-ci veulent s'alimenter en connaissance de cause. On verra donc les restaurants afficher leurs fournisseurs à même leur menu afin de démontrer à leurs clients la traçabilité de leurs aliments, même chose chez les commerces spécialisés tels que boucheries, fruiteries et « légumeries », cafés, boulangeries, etc.

 
Les insectes
Crédit shutterstock 

J’avais listé les insectes dans mon article sur les tendances culinaires à surveiller pour 2016. Je les remets pour 2017. C’est une tendance lourde de l’alimentation mondiale. Une réponse de l’ONU aux grands enjeux de la mondialisation quant aux solutions viables à la malnutrition des pays du tiers-monde, à la croissance exponentielle de la population (nous serons 10 milliards en 2050), aux dégradations environnementales provoquées par la production industrielle de viande traditionnelle. Les insectes ne seront peut-être pas au centre de la table en 2017, mais ils sont de plus en plus présents, en farine, en barres énergétiques, dans les biscuits pour chiens, et même pour l’apéro (sauterelles BBQ).
 
 
Du resto à la maison Crédit: page Facebook de Cook It
 
2017 sera l’année officielle du manger en mou. Pas du manger mou ! Non, de manger en jogging et en pantoufles à la casa parce que pourquoi se casser le bicyq’ quand la bicyclette vient à toi, tsé. On a bien transposé nos interactions sociales sur le Web, connectant maintenant tout ensemble à partir de notre divan. C’est pareil pour la bouffe, ça se passe à la maison. Depuis les services de livraison traditionnels du St-Hubert avec ses autos jaunes, il y a maintenant les Just Eat et les À la Carte Express qui proposent un service centralisé pour un ensemble de restaurants. Plus récemment, les PLAT et FOODORA de ce monde proposent un service de coursier à vélo qui passe ramasser les commandes à emporter. Les chefs proposent maintenant leurs créations sur les allées d’épicerie, quand ce n’est pas carrément les chefs qui se déplacent pour cuisiner au foyer. Il y a les boîtes-repas de type Cook IT ou Kuisto, bref, les solutions sont de plus en plus diversifiées pour que la bouffe de resto se retrouve confortablement sur ta table à café. 


Bonne année tout le monde! On se revoit en 2017!