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Maggie Oakes: restaurant à saveur touristique qui demande des ajustements

Crédit photo : Stéphane Lajeunesse
Maggie Oakes: restaurant à saveur touristique qui demande des ajustements
Lorsque j’ai appris que le restaurant Maggie Oakes ouvrait sur la place Jacques-Cartier, j’ai eu deux pensées. D'abord: «un nouveau restaurant ouvre dans la zone maudite des restaurants à Montréal, sera-t-il bon?» Puis ensuite: «est-ce que le chef Derek Bocking, un des participants à Top Chef Canada en 2011, va finalement offrir une bonne table sur la place Jacques-Cartier?»

D’entrée de jeu, la salle est magnifique. Large et offrant juste assez d’espace et d’intimité à chaque table, il y a un magnifique bar en marbre à la gauche et un superbe frigo droit devant nous, tout au fond de la salle, où le boeuf est vieilli. C’est beau et épuré, tout en étant le décor idéal pour un restaurant de grillades.

Crédit photo: Stéphane Lajeunesse

Le premier plat à arriver était la truite confite. Servi avec du fromage à la crème et des croustilles de bagels, ceci se voulait une variation sur le classique bagel et saumon fumé. J’ai senti le plat qui arrivait, ce qui est rarement une bonne chose lorsqu’il s’agit d’un plat de poisson. Un plat de truite confite est d’habitude très délicat. L’odeur de l’huile d’olive accompagne habituellement l’odeur très délicate de la truite. Ce n’était pas le cas ici. Une forte odeur se dégageait du plat. La première bouchée ne fait que confirmer l’odeur. Quelque chose était off dans ce plat. Le serveur a rapporté le plat en cuisine et a ensuite précisé que le chef allait venir nous jaser. Le chef nous a expliqué que le poisson était bien frais, et que c'était la marinade qui donnait cette odeur et ce goût prononcés. Si tel était le cas, la conception du plat est à revoir. Il n’y avait rien d’appétissant ni niveau odeur ni niveau goût. À la demande du chef, le montant du plat a été retiré de la facture. Un beau geste qui mérite d'être souligné.
Crédit photo: Stéphane Lajeunesse

Le deuxième plat était mieux, mais loin d’être gagnant: une salade de melon compressée au gin. Sur papier, c’était très intrigant et semblait plutôt frais comme assemblage. Dans les faits, le résultat était plutôt fade. Le melon ne goûtait aucunement le gin. En fait, on aurait pu retirer la mention de gin sur le menu et on n'y aurait vu que du feu! Le choix du cresson et des piments marinés apportait un contraste beaucoup trop grand par rapport au melon. Le concombre n’apportait pas grand chose au plat. Nous avons songé à terminer la soirée à ce stade, mais avons décidé de poursuivre l’aventure.

Crédit photo: Stéphane Lajeunesse


Nous nous étions arrêté sur le magret de canard comme  premier choix de plat principal. C’est, après tout, un restaurant de grillade. Il fallait donc essayer la viande. Le serveur nous a décrit le plat et surtout la tendreté du canard, pouvant se couper à la fourchette. La cuisson recommandée par le serveur pour le canard était médium saignant, ce que nous avons commandé. J’en profite pour souligner l'excellent service au restaurant. Hormis la petite erreur de la serveuse de ne pas avoir fait goûter le vin avant de verser un plein verre, le service était non seulement hyper attentif, mais aussi très professionnel. À l'arrivée du plat, nous constatons que la cuisson était très loin du médium saignant. Nous étions en terrain du bien cuit. Des erreurs en cuisine, ça arrive. Mais lorsque la viande est coupée avant de la servir et que celle-ci est bien cuite et non saignante, je m’attends à ce que le chef en cuisine intercepte ceci et rectifie le tir avant d’apporter le plat au client. Le serveur nous a offert de rapporter le plat en cuisine, alors encore une fois chapeau pour le service! La purée de céleri-rave était excellente. Riche, onctueuse et bien assaisonnée. Par contre, le cassis apportait un peu trop d’acidité et les carottes étaient à la limite du cru.

Crédit photo: Stéphane Lajeunesse


Le contre-filet New York de 12oz nous apporte le premier «ahhhhhh!» de la soirée. La cuisson demandée du steak était bleue et c’est ce que nous avons obtenu. Celui-ci était tendre et parfaitement grillé. La demi-glace au vin apportait le complément parfait à la viande. Malgré le fait que les légumes étaient un peu sous-cuits, les patates étaient parfaitement exécutées. Plat typique d’un restaurant grillade et ce steak était parfaitement exécuté.

Crédit photo: Stéphane Lajeunesse

Suivant la recommandation du serveur, nous avons osé un dessert: un gâteau au chocolat avec confiture de framboise et mousse à la betterave . Et ceci s’avéra le deuxième bon plat de la soirée. Pas trop sucré, le goût de la framboise, le chocolat et la betterave allaient très bien ensemble. Le crumble allait très bien avec l'acidité du sorbet aux framboises. Par contre, le coulis au vin rouge brouillait un peu les saveurs. Somme toute, un très bon dessert.


Je suis toujours mystifié en constatant le trou noir que représente la place Jacques-Cartier en terme de restauration. Un si bel endroit mérite de mettre en valeur tout le savoir faire de la gastronomie montréalaise. Tristement, ce jour n’est pas encore arrivé. Un jour, peut-être.
 

Maggie Oakes
426, Place Jacques-Cartier