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Danser des slows ou comment vivre dans une comédie romantique

En ce temps de canicule, je me suis dit que ce serait une bonne idée de te parler de danse collée. Pas nécessairement de grinder à cheval sur la cuisse de ton prochain ou encore spooner debout dans un cul-à-crotch bien senti, bien que ces rapprochements, lorsque consentants, puissent être furieusement sexy.

En fait je me demandais si comme moi, tu t’ennuyais du slow.
 
Je sais pas si c’est parce que j’ai réécouté Dirty Dancing pour la gazillionième fois le weekend dernier, et que cette scène (nonobstant le mullet de Patrick Swayze) m’a remuée et les ovaires et les souvenirs de découvertes de désirs pubertaires ...
 
Bref, je me suis mise à m’ennuyer de danser lentement, debout, collée après un monsieur. Ça fait des effets tsé, sentir son odeur de chaud, avoir un gros plan du spot tsé le spot de peau douce juste en dessous du lobe d’oreille, de faire glisser ta main de son épaule à sa nuque, de sentir sa main dans le creux de ton dos, de laisser reposer ta tête sur son épaule et fermer les yeux pour absorber ce moment de toutes tes forces, d’avoir peur de le regarder dans les yeux parce que tu veux retarder le french jusqu'au bon moment de la toune (le 2e refrain, généralement). C'est une façon de te faire croire le temps d'une chanson que ta vie est une comédie romantique.
 
Les meilleurs, ce sont les slows impromptus. Les slows accidentels sont parmi mes meilleurs souvenirs de dates. Une fois, à New Orleans, c’était la nuit et il pleuvait, et on s’était arrêtés sur une terrasse de restaurant où un band de dixie jouait devant 4 personnes, sous un auvent. Collés sous le même parapluie, on a dansé sous la pluie et j’ai prié fort pour que le temps s’arrête pour toujours.
 
Une autre fois, il faisait 43 degrés de canicule et il était 4 h du matin et on avait eu l’idée de se faire des grilled cheese dans ma cuisine suffocante comme l’intérieur d’un volcan actif et cette chanson s’est mise à jouer alors on a impulsivement dansé collés, mouillés de partout, dans ma fournaise-trois-et-demi montréalaise et boy oh boy que le restant de nuit a été torride.
 
Le slow, c’est la combinaison parfaite de moment romantique et de préliminaire. Surtout quand tu es dans la phase cute où tu apprends à connaître l’autre personne, où tu essaies de mettre les breaks sur tes désirs parce que t’as peur de ce que tu ressens, de ce qu’il ou elle ressent, de ce qui va arriver. Une pente délicieusement glissante qui sent le sexe et la gomme balloune.
 
Pis tu sais, c’est comme ça depuis des siècles.
Check la tension sexuelle entre Elizabeth Bennet et son Darcy dans cette version 18e siècle du slow :
 
 

Check motherfucking Tom Hiddleston et Tilda Swinton:
 

Check Chris et Zoe qui dansent (brièvement, soit) (à 1:40) :

 
Alors à toi, nostalgique des slows, et à toi, newbie qui veut essayer, je te dis : fonce. Quand tu le sentiras, lève-toi et prends-le (ou la) par la main, au milieu de la cuisine sur du Brenton Wood, debout sur le lit au son de Timber Timbre, dans l’allée des craquelins à l’épicerie sur du A.A. Bondy ou dans le métro devant le jeune hippie qui chante un cover cute et corny de Baby I Love Your Way, place ta main sur son épaule ou sa taille et commence tout doucement.
 
PS : j'ai demandé à mes amis quelle était leur chanson de slow préférée, pour m'inspirer en écrivant ce texte. Je meurs de savoir quelles sont les tiennes!