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Victime de la porn: du vrai cat-calling cheap

Crédit photo : Johana Laurençon
Victime de la porn: du vrai cat-calling cheap
Même si j’ai assez d’amies pour savoir qu’il y a en masse de cat-calling de bas niveau à Montréal, ça reste frappant quand je tombe là-dessus live.
 
C’est arrivé alors que je marchais sur un des doux trottoirs de la Plaza Saint-Hubert. J’entendis alors de l’autre bord de la rue… t’sais… l’onomatopée qu’on fait quand on veut appeler un chien ou un chat?
 
(Curieux hasard : pour faire ce bruit-là, il faut se placer la bouche en forme de trou de cul.)
 
Je me serais attendu à ce genre de call-là d’un octogénaire sénile qui a des flashbacks de Benny Hill, mais non, deux jeunes fuckers d’une vingtaine d’années. Ils venaient de faire ça à une babe clairement intimidée. C’était triste de la voir accélérer le pas en baissant la tête alors que les deux douches poursuivaient leur marche de gloire en entrant dans un magasin de linge.
 
On peut s’obstiner à savoir si dire à une inconnue qu’elle a un beau cul manque de classe ou si siffler une fille est systématiquement un geste condescendant, mais il y a un truc qui est indiscutable : le call du chien/chat dans ce contexte-là, c’est universellement de la marde.
 
C’est littéralement du cat-calling!
 
Et qu’est-ce que j’ai fait pour réagir à tout ça? Rien fuck all. J’ai choké ben raide. En même temps, je ne sais pas trop ce que je pouvais faire. Crier de l’autre bord de la rue à deux rebelles plus gros que moi : « HEY LES GARÇONS!! Je vous ai vu! Et je n’approuve pas duuuuu tout! » 
 
Bon, ça sonne ridicule et zéro intimidant, mais sincèrement, je regrette de ne pas l’avoir fait. Parce que j’ai filé comme de la marde pour le restant de la journée. Non seulement je me sentais mal pour la fille et j’en voulais aux deux tatas, mais je m’en voulais surtout à moi de n’avoir rien fait.
 
C’est rare que j’ai l’occasion de confronter ce genre de gars-là. Le genre qui fuck tout pour les autres. Souvent, on essaie d’expliquer ce qui est acceptable ou non dans la cruise de rue, mais avec ce genre de gars-là, est-ce qu’il y a vraiment quelque chose à faire? Je comprends le « boys will be boys », mais là c’est plus « assholes will be assholes ».
 
En général, n’importe qui de bien intentionné peut s’en sortir super facilement. La preuve? Ce petit test béton.
 
PETIT TEST BÉTON
 
Quand tu dis « Hey, t’es vraiment hawt…! » à quelqu’un dans la rue, tout se passe dans le petit « …! » à la fin. Trouve la version poche parmi les trois options suivantes :
  1. …! = « Mais je ne veux pas te déranger plus que ça, bye! »
  2. …! = « Et SVP communique-moi d’une quelconque façon si t’es intéressé(e) toi avec! »
  3. …! = « HEY! Je viens juste de te complimenter faque démontre-moi de la putain de gratitude, bitch! » 
D’ailleurs, il y a un hobo sur la Plaza qui est exactement comme ça. S’il te dit salut, t’es mieux de lui répondre avec un beau eye-contact sinon il va péter sa coche. Mais bon, lui, il a quand même l’excuse d’être intoxiqué. Pis il a quelques maladies mentales en backup.
 
« Voyons, elle devrait être flattée! » 
 
Cette phrase n’a plus le même sens depuis que je me suis tapé le dernier show de Jim Jefferies sur Netflix (qui torche, d’ailleurs) où il fait semblant d’être flatté parce qu’on a glissé du GHB dans son drink. Après tout, ça signifie que quelqu’un l’a trouvé à son goût!
 
Mais en général, le cas classique d’une cruise de rue qui tourne mal ressemble à…
  1. Le gars complimente la fille.
  2. La fille n’est pas réceptive.
  3. Le gars l’envoie chier.
Bon, il y a clairement des folles asociales. Il y a même des filles qui s’enragent dès que quelqu’un avec un pénis leur adresse la parole. Mais la grande majorité du temps, la fameuse histoire de la fille qui prend mal les compliments, c’est en fait l’histoire d’un gars qui prend mal le rejet.
 
Un gars qui prend mal le rejet et qui, bien souvent, est profondément sexiste à la base. Je ne sais pas s’il y a quelque chose à faire avec ce type de gars-là. Idéalement, on pourrait leur retirer leur licence de cruise pour quelques mois. Peut-être qu’après un bout de temps, on pourrait enfin vivre dans un monde cool où tout le monde est d’adon.
 
Mais en attendant…
  • Si t’es poli en complimentant une fille et qu’elle t’envoie chier, dis-toi que t’es tombé sur une folle et passe à autre chose.
  • Si t’es polie en revirant un gars et qu’il t’envoie chier, dis-toi que t’es tombé sur un épais et passe à autre chose.
Évidemment, ce sont les deux cas hétérosexuels typiques, mais tu peux varier ça autant que ça te tente. C’est chiant de tomber sur autant de monde poche et laid, mais si on essaie d’être positif, on peut se dire qu’au moins, ça n’aura pas pris trois dates avant de s’en rendre compte.