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Au pays de Rosemont: se déplacer à vélo et être payé pour

Crédit photo : Julien Lafond
Au pays de Rosemont: se déplacer à vélo et être payé pour
Bon, je le dis d’emblée, j’adore Rosemont. C’est l’arrondissement qui me sert de chez nous depuis presque 10 ans hormis deux années d’errance dans les républiques du Plateau et de Villeray. Sinon, je suis un gars de « la petite pat » depuis que j’habite Montréal. Y’a quelque chose dans les valeurs des gens du quartier qui fait que je me sens chez nous, entouré de gens qui pensent un peu comme moi. 

Prenez la nouvelle du jour : Rosemont va payer ses cols bleus et cols blancs afin de les inciter à délaisser la voiture au profit du transport actif et du transport collectif. Pour un gars de bike comme moi, être payé pour se déplacer pour aller travailler VS payer une carte opus mensuelle? La question ne se pose même pas.

Bref, on parle d’une indemnité mensuelle de 35$ par mois pour les fonctionnaires qui iront travailler en transport en commun. Quant à ceux qui choisiront le vélo ou la marche, 0,25$ par kilomètre parcouru. Donc, pour un « commute » de 10km aller-retour, on parle de plus ou moins 50$ par mois. Possibilité de réajustement de l’indemnité après une période d’essai. Simple de même.  

Ce qui me plaît le plus dans la décision de l’arrondissement, c’est le côté incitatif de la chose. La sensibilisation, ça a ses limites, un moment donné. Là, Rosemont vient prouver encore une fois qu’elle prend la question du transport actif (et de la santé publique, par la bande) au sérieux, et qu’elle est prête à passer à l’action. Ça me parle.  

Ne vous en faites pas, j’entends certes déjà les partisans de la « libarté » crier au gaspillage de fonds publics et à la soviétisation de nos vies, mais ce que ces gens n’ont pas compris, c’est que l’arrondissement va ÉCONOMISER de l’argent en investissant de la sorte dans la santé de ses employés. Selon des données recueillies par Vélo-Québec, la productivité au travail des gens qui se déplacent en vélo est supérieure de 4 à 15 % par rapport à celle des autres. Aussi, le taux d’absentéisme d’un employé cycliste est de 15 % moins élevé que celui qui se déplace en voiture. Difficile de ne pas comprendre le mécanisme de saine gestion derrière ça, tsé. Tout ça sans compter les bénéfices pour la personne qui se déplace elle-même. Avoir une voiture en ville coûte en moyenne 10 000 $/année alors qu’on parle de 3600$ pour le citoyen qui utilise le fameux cocktail transport (vélo, transport en commun, co-voiturage, taxis) et seulement 400$ pour quelqu'un qui n’utiliserait que le vélo. Vous étiez #ÉcoeurésDePayer, non? 

C’est d’ailleurs pourquoi je crois que les autres arrondissements ne devraient pas attendre que la ville-centre fasse son move et devraient imiter Rosemont. Proactivité, gang. Les bénéfices sont là. On parle d’austérité sans cesse, mais pourquoi ne pas avoir une vision à long terme au lieu d’appliquer des mesures drastiques plus nuisibles qu’autre chose au final? D’ailleurs, le vélo est payant pour la société au complet. On économise 0,22$ en frais de toute sorte à chaque kilomètre pédalé alors que le même kilomètre parcouru en brulant de l’essence nous COÛTE collectivement 0,20$. Pis bon, un jour le gouvernement pourrait penser à donner des crédits d’impôt aux entreprises (oui, oui!) qui implanteraient ce genre de mesure. On y gagnerait tous et toutes.

Y’est vraiment temps de revoir nos façons de faire, pis ça, mon quartier réfléchit là-dessus tous les jours. Vive le Pays de Rosemont!

Pour en savoir plus sur les coûts/bénéfices du transport actif  consulte le site de Vélo Québec.