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S'envoler l'âme au rythme de «Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent»

Crédit photo : Yves Renaud
S'envoler l'âme au rythme de «Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent»
J'ai eu le grand privilège d’assister à la production Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent de Loui Mauffette, à la Cinquième Salle de la Place des Arts, commémorant le dixième anniversaire de la mort de l’unique Guy Mauffette, l’Oiseau de nuit du «Cabaret du soir qui penche », émission radiophonique écoutée religieusement, le dimanche soir à la radio de Radio-Canada, durant moult années.

Le spectacle n’est pas encore commencé que trois enfants, un jeune garçon et deux petites filles jouent, courent, se chamaillent, rient, glissant sous une table extrêmement longue rappelant étrangement la perpendicularité des maisons longues de nos Amérindiens où toute vie familiale se vivait, ponctuée de cérémonies et rituels saisonniers .

Mais ô surprise, le spectacle était déjà en représentation, car sous l’ordre éminent d’un sifflet claironné par le jeune garçon, le silence se fait et nous voilà conviés par ces mots de Charles Baudelaire : « Mais, enivrez-vous ! »

Qui est ce petit garçon? Loui Mauffette, enfant? Peut-être, mais l’ordre est clamé et le spectacle revêt sa couleur. : le rouge de la passion et de l’amour fou.

Car c’est bien d’ivresse, de délires et d’incommensurables folies dont il est question, tout au long du spectacle.
Crédit : Yves Renaud

Louis Mauffette entouré de sa Troupe d’acteurs met la table et nous invite à partager ses nourritures spirituelles, à nous délecter de poésie, de chansons, de danses effrénées au son de musiques omniprésentes rythmant la cadence de ce show déchaîné.

Ce maître de cérémonie apparaît, caché derrière une photo immense de Guy Maufette , récitant ce texte mémorable de son père : « Je crois que…» puis, disparaît jusqu’à l’entracte, laissant les acteurs de cette Troupe débridée prendre la parole et incarner tous les poètes chéris du grand chaman Loui.

Sur la table longiligne, des liasses de papier reposent et n’attendent que le geste des poètes et poétesses : à l’unisson, ils s’en emparent et les projettent dans les airs , animés d’une frénésie communicative.

Et on s’envole avec eux à travers les textes de Félix Leclerc, Samuel Beckett, Évelyne de la Chenelière, et au travers des chorégraphies de Dave St-Pierre et de la musique de Bernard Adamus. Grand talent parmi la troupe d'acteurs, fraternité des êtres, respect mutuel des comédiens; la grande famille de la scène réunie pour le plaisir des sens et du coeur. Longue vie à l'Art qui nous transporte et nous humanise.

Crédit : Yves Renaud