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Victime de la porn: remplacer Tinder par autre chose

Crédit photo : Johana Laurençon
Victime de la porn: remplacer Tinder par autre chose
 
« Bonjour, je m’appelle Eric Chandonnet et je suis app-de-rencontre-olique. »
 
OK, le terme n’existe pas pour vrai. (Mais merci si t’as répondu « BONJOUR ERIC! »)
 
Ça fait maintenant DEUX MOIS que j’ai désinstallé mes 14 apps de rencontre de sur mon mobile! Et même si je m’en sors plutôt bien (mon scrotum n’a pas encore explosé), je suis un peu comme ces gens qui lâchent Facebook ou le câble : autant je suis zen, autant j’ai besoin d’en parler à tout le monde.
 
Le problème avec les apps de rencontre, c’est que ça nous pousse à se gratter le bobo souvent. Chaque notif nous rappelle qu’on se cherche encore quelqu’un et qu’on n’a toujours pas trouvé ce qu’on voulait. Qu’on pogne à mort ou pas pantoute, on finit tous par traverser une passe où l’on trouve tout ce processus un peu vide.
 
Mais on ne lâche pas le dating comme ça sans le remplacer par rien! Rencontrer des nouveaux humains, c’est quand même quelque chose de sain. Si on fait juste utiliser son nouveau temps libre pour se branler plus longtemps et qu’on se contente de fréquenter notre petit cercle de connaissances habituelles fermé, ça peut vite devenir déprimant. Ce qu’il faut, c’est remplacer le dating par autre chose!
 
Ça peut être du bénévolat. Ça peut être un cours de danse latine! Perso, j’ai opté pour une activité sauvagement sexy… le réseautage. C’est que dans le domaine des arts ou de l’écriture ou de la créativité, les projets et les contrats cool ne sont pas toujours affichés en gros caractères dans les petites annonces. D’ailleurs, il faudrait une app pour ça.
 
« Swipe right pour scénariser la troisième saison de Série Noire. »
 
Ce qui est bon à faire, c’est de se booker régulièrement des rencontres avec du monde du milieu pour jaser de ce qui se fait, ce qui s’en vient et ce qu’on a envie de créer. Bon, idéalement, tu choisis du monde tripant. (Ce qui est possiblement moins évident si tu te réseautes des actuaires ou des assureurs.)
 
C’est fou le contraste entre une date et une rencontre de réseautage! Déjà, un truc qui paraît assez vite, c’est que se rencontrer pour autre chose que s’évaluer mutuellement nos potentiels de fourrabilité, c’est pas mal moins stressant. Tout ce que t’as à faire, c’est d’être sympa et minimalement intéressant/intéressé. Ce qui est assez facile quand tu jases de trucs qui te passionnent.
 
Tu ne te demandes pas si la fille est précoce-vaginale comme t’aimes ou si le gars a le pénis assez courbé pour stimuler ton point G. (En fait, tu te le demandes quand même, mais c’est moins important.) Et tu te torches complètement de savoir si l’autre aime le plein air ou le bon vin.
 
En plus, ça te donne accès à plein de nouveau monde qui n’était pas sur Tinder. Un tout nouveau marché! Du monde déjà matché ou hors de ta tranche d’âge préférée ou juste d’autre monde tripant et aussi blasé que toi du dating de marde.
 
À la fin de votre rencontre (qui peut même être un matin ou sur une heure de diner), au lieu d’être stressés à essayer de deviner si vous devez vous frencher, tu sors de là énergisé avec des projets plein la tête et le goût de recommencer. Même pas besoin d’envoyer un texto deux jours après ou rien.
 
Mais là, je sais ce que tu te demandes…
 
« C’est ben beau le réseautage, mais qu’est-ce qui se passe au niveau de ta vie sexuelle et amoureuse, le networker? As-tu autant d’occasions qu’avec tes 14 apps de rencontre? »
 
Paaaantoute! Clairement pas. Mais j’ai aussi beaucoup moins de down par rapport à ça. Je me suis aussi débarrassé de toutes ces micro-déceptions quotidiennes. En fait, je pense beaucoup moins à tout ça. Peut-être que je vais finir par tomber sur quelque chose de plus organique… ou peut-être pas. Peut-être même que je vais me réinstaller tout ça dans quelques semaines. Mais chose sûre, pour le moment, le break fait du bien.