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Top 5 lectures québécoises du printemps

Crédit photo : Johana Laurençon
Top 5 lectures québécoises du printemps
Littérairement parlant, c’est un printemps québécois de feu qui commence. Voici nos choix de lectures, qui ont un petit parfum spécial de renouveau.



Le cœur des cobayes
Grégory Lemay
Héliotrope, 19,95$, en librairie

Qui n’a pas déjà contemplé l’idée de faire un peu d’argent en testant des médicaments? Le narrateur de ce roman est le numéro 25 d’une étude clinique sur les effets de l’oxycodone, avec un chèque de 1500$ à la clé. Entre les prises de sang, il s’adresse à sa blonde future, certain qu’il va la rencontrer bientôt, mais en attendant, il se lie avec le numéro 24, la belle Linda, rencontre improbable et lumineuse parmi tous ces cobayes bigarrés. Une histoire toute simple mais racontée avec une verve formidable, dont l’intelligence et la badinerie nous rappellent parfois Sol. Effet secondaire possible : du bonheur.    



Chaque heure de danse
Mireille Véronneau
Québec Amérique, 19,95$, en librairie

Piqué, déboulé, croisé, penché…Catherine a 20 ans et elle danse sa vie. Encore rongée par la perte de son père quand elle avait 5 ans, la jeune femme pousse son corps dans ses derniers retranchements, souffre physiquement pour oublier la douleur intérieure et la solitude cultivée à dessein. Mais c’est dans la danse bien sûr que viendra le souffle, une certaine rédemption. L’écriture ici, est charnelle, sa belle musique épouse tous les mouvements du corps: les membres éclosent, se délient et prennent de l’amplitude comme des fleurs au printemps.
 


Nouveau projet printemps/été 2016
Collectif
Atelier 10, 15,95$, en kiosque

La revue fondée par Nicolas Langelier est une formidable «pépinière» à idées qui injecte espoir et imagination au cœur du désenchantement ambiant. Dans ce neuvième numéro, thématique inspirée: le portrait, lumière braquée sur des gens, des lieux, des instants, à l’intersection du journalisme et de la création littéraire. Véronique Côté arpente le Japon, Alain Farah s'intéresse à la vocation de politicien et Geneviève Petersen raconte le déluge du Saguenay. Côté autoportraits, on découvre Marie-Claire Blais au milieu de ses animaux et Serge Bouchard qui serre des Amérindiennes dans ses bras. Franchement, chapeau pour cette édition riche et exaltante qui fait rêver à des lendemains meilleurs.   


Vi
Kim Thuy
Libre Expression, 24,95$, en librairie.

Une héroïne discrète, plus observatrice qu’actrice, voilà ce qu’est Vi. Cadette de trois grands frères, cette petite Vietnamienne nous raconte la terrible odyssée de sa famille, qui est forcée de fuir son pays pendant la guerre du Vietnam. À travers son regard perçant, le destin entier de sa lignée se déploie et s’anime devant nos yeux dans une succession de tableaux d’une grande beauté. Comme toujours, l’écrivaine fait appel aux cinq sens – l’odeur du bois de santal, le goût du melon d’eau, mais aussi la puanteur des cales de bateau… – et nous transporte ailleurs au gré de sa prose soyeuse. Un bijou, comme Ru et Man.


 
Abba Bear
Philippe Girard
Tête première, 21,95$, sortie : 12 avril

Le bédéiste bien connu présente son premier roman, une histoire intrigante et bien menée sur la famille et la masculinité. Bernard Martin raconte à son fils l’origine d’une cicatrice sur son épaule. Il se remémore ainsi l’arrivée d’un vieil Américain alcoolique chez ses parents à Baie-Saint-Paul dans les années 50. Quand les hommes de la maison se rendent en forêt pour une partie de chasse à l’ours, les indices sont de plus en plus révélateurs…aurait-on affaire à Ernest Hemingway? On sent le fantôme de l’écrivain mythique planer sur ce roman, notamment grâce aux premières phrases des nouvelles d’Hemingway utilisées en ouverture de chapitres.