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Critique de «Une girafe et un pont»: un voyage déconcertant au théâtre de l'absurde

Crédit photo : Pierre Manning
Critique de «Une girafe et un pont»: un voyage déconcertant au théâtre de l'absurde

Les 25, 26 et 27 février, se jouait au théâtre des 4’Sous, Une girafe et un pont. Mise en scène par Brigitte Poupart, la pièce est présentée par Jean-François Casabonne, un artiste pluridisciplinaire. D’abord un livre, puis un album, la pièce est ainsi la troisième œuvre d’une même lignée, un monologue philosophique mélangeant chants et théâtre.
 

 
Une mise en scène qui détonne
 
Casabonne  n’a pas peur de sortir des sentiers battus. Dès les premières secondes, le comédien plante le décor, zigzaguant, quasiment nu, entre la scène et le public. Au fond sur l’estrade, cinq silhouettes en carton font l’objet de projections d’images poétiques. On y voit des cibles, des sabliers et des jambes en mouvements signés Eric Gagnon. Dans ce décor absurde, à travers des déguisements, échelles et motifs tachetés, la girafe est omniprésente, symbolisant une prise de recul, comme si l'artiste cherchait à prendre plus de hauteur sur la vie.

 Crédit photo: Courtoisie Théâtre des 4'Sous

Une réflexion sur nous-mêmes
 
Détruisant les barrières entre lui et les spectateurs, l’auteur crée des ponts entre son imaginaire et notre réalité, se posant des questions souvent sans réponse et dénonçant un système qu’il ne comprend pas. Il fait des expérimentations et s’attèle à nous faire ressentir des émotions contradictoires. Parfois, il dérange et joue sur les nerfs des spectateurs en mastiquant une pomme bruyamment pendant de très longues minutes. Parfois il nous fait rire. Parfois il suscite volontairement l’incompréhension (pourquoi balance-t-il des chaussettes sur la scène?).
 
Tantôt parlé, tantôt chanté, il flirte avec l’absurde, la poésie et la philosophie, accompagné d’un bassiste plutôt discret et d’un batteur farfelu. Malgré la dénonciation d’un monde qu’il qualifie de chaotique, il ressort de la pièce beaucoup d’humour et de légèreté révélant le fort optimisme de Casabonne.
 
Des ponts, oui, mais pour aller où?
 
Volontairement brouillé, il est parfois difficile de décrypter le langage de l’artiste qui semble parfois dénué de sens.  Bien que ponctuées de moments explosifs, certaines scènes peuvent paraître longues, car trop abstraites. Cherchant le rapport entre une girafe, un chevreau (un vrai) et une pluie de chaussettes, le public se perd dans cette mise en scène peu cohérente. Malgré cela, la pièce vaut d’être vue, au moins pour saluer l’authenticité de l’auteur et ses touches d’humour décalées.  

Le spectacle sera de retour au Théâtre des 4'Sous très prochainement.