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Love is in the birds: une pièce sublime et désarmante

Crédit photo : Pierre Crépôt
Love is in the birds: une pièce sublime et désarmante
La pièce Love is in the Birds, une soirée francophone sans boule disco mise en scène par Anne-Marie White est présentée au Théâtre Denise-Pelletier du 24 au 27 février. Au total, treize auteurs ont contribué à l’écriture de ce spectacle qui est en fin de compte une ode à la vie. Un retour aux racines, à l’émotion pure, cette représentation théâtrale est un enchaînement d’anecdotes puissantes sur l’existence, la mort, la naissance et les petits riens qui rendent heureux ou malheureux.

Crédit photo: Pierre Crépôt
 
Pas de décor, juste de l’émotion
 
Sous une pluie battante, trempée jusqu’à l’os, je me rends au théâtre Denise-Pelletier et m’engouffre dans la petite salle intimiste Fred-Barry juste avant que les portes ne se ferment. Épuisée après une longue journée de travail, je ne suis pas sûre d’être capable de décompresser et de m’approprier la pièce. Mais une fois installée, dès la première minute, quelque chose se passe. Je m’évade et m’accroche aux dialogues sans très bien comprendre l’histoire. Pas de décor, pas de déguisement, les six comédiens restent quasiment immobiles face à leur pupitre et micro, les yeux baissés vers leurs feuilles. Mi-spectacle, mi-lecture, ils récitent simplement leur texte, avec une émotion et une force qui désarme. Tantôt chants, tantôt dialogues, les mots résonnent comme une poésie et prennent peu à peu tout leur sens.
 
« Il restera quoi quand je serai plus là? »
 
Tels des équilibristes, les interprètes parviennent à jongler entre l’humour et le tragique sans jamais tomber dans le sinistre. Ils parlent tour à tour de sujets profonds, parfois même morbides; évoquent notamment le suicide, énumèrent les choses qu’ils lègueront après leur mort, racontent la naissance prématurée d’un enfant en chuchotant « accroche-toi ». Plus tard, ils expriment leurs regrets et achèvent l’acte avec un « Non rien de rien, non je ne regrette rien » chanté avec force et soulagement.
 
« Ce qui consiste l’essentiel, l’équilibre précaire, c’est la distance avec l’horreur... »
 
« Mourrez en souriant », chantent en chœur les artistes se balançant et claquant des doigts pour mieux célébrer... la vie.
Finalement, la pièce parle avant tout d’amour : l’amour d’un père, d’une mère, d’un enfant.  J’aperçois dans le public des sourires nostalgiques et apaisés et me demande pourquoi nous sommes unanimement touchés par des récits si simples et des comptines. « L’arbre est dans ses feuilles »... Cette pièce serait-elle un retour à l’enfance pour quelques heures? À l’époque où il n’y avait ni Internet ni téléphone? À l’époque où le temps semblait plus long, les choses moins éphémères? Et puis, sans pouvoir me l’expliquer, des larmes coulent sur ma joue. Parce que c’est beau, parce que c’est drôle, parce que ça me rappelle des souvenirs. Des émotions sur l’essence de la vie rejaillissent et m’apaisent. 
 
Une pièce à voir avec ceux qu’on aime, pour nous ramener à l’essentiel, aux choses simples de la vie. 
 

Love is in the Birds
Du 24 au 27 février
Au théâtre Denise-Pelletier