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On se paie la traite au nouveau restaurant ê.a.t!

Crédit photo : Sophie Ginoux
On se paie la traite au nouveau restaurant ê.a.t!

Que font deux amies foodies affamées un jeudi soir? Elles vont tester un nouveau restaurant qui leur permettra de se régaler et d’avoir du plaisir! Direction donc l’Hôtel W, que beaucoup de noceurs connaissent déjà pour ses bars Wunderbar et Le Plateau Lounge. Toutefois, nous sommes loin de nous douter à quel point nous allons passer une super soirée au tout nouveau restaurant de l’établissement, le ê.a.t (acronyme d’« être avec toi »). Ce lieu totalement novateur est le fruit de l’idéation de bpc, une entreprise new-yorkaise menée par un couple hypercréatif, Peter et Erin Chase, déjà à l’origine de beaucoup de restos et de bars sortant de l’ordinaire aux États-Unis. Deux Américains, donc, auxquels il faut joindre Duane Holder, natif de Montréal et gestionnaire des bars du W depuis six ans, ainsi que les solides chefs Alan Ashkenaze et Sébastien Giannini.

Les propriétaires du ê.a.t
Crédit photo Patricia Brochu


Une belle équipe qui n’a vraiment pas fait les choses à moitié. Le ê.a.t est effectivement unique en son genre dès qu’on en passe la porte. Designé par Sid Lee Architecture, le restaurant se présente à la fois comme un lieu de gastronomie, une galerie d’art vivante et un laboratoire musical. Pour y parvenir, l’ancien restaurant du W a vu son décor devenir minimaliste, tout en courbes et en espaces blancs qui permettent à quelque 13 artistes visuels montréalais d’en revoir la présentation aux 15 jours – et à 13 DJ’s de l’animer auditivement. Des approches contemporaines et street art qui donnent un look très audacieux au resto, en plus des clins d’œil manifestes à la créativité montréalaise et à ses icônes décelables un peu partout, des tables à l’uniforme original des serveurs. Une belle réussite!
Crédit photo Patricia Brochu
Crédit photo Patricia Brochu
Crédit photo Patricia Brochu
Crédit photo Sophie Ginoux

Mais ce n’est qu’un début. Si l’audace est la marque de fabrique extérieure du lieu, la cuisine et le service, eux, sont volontairement plus classiques avec une twist originale. Sébastien Giannini, auparavant aux commandes du Fairmount le Reine Élizabeth, a l’accent chantant de la Côte d’Azur et une passion avouée pour les produits frais, notamment ceux de la mer. On retrouve donc sur son menu, à côté d’entrées et de plats avec une approche plus internationale, du poisson et des fruits de mer sous toutes leurs formes.

C’est donc avec un bon cocktail Jackie Robinson (Prosecco, gin, cerise, canneberge), puis un verre de délicieux vin de la maison Tawse en main que nous attaquons notre repas avec un impressionnant plateau tournant sur deux étages, constitué d’huîtres, de moules, de crevettes géantes, d’un demi-homard, de rillettes maison et de plusieurs petits bols de sauces (mayonnaise, mignonette, etc.). Le tout est d’une fraîcheur irréprochable, parfaitement dosé, cuit, présenté. Un vrai régal et, sans l’ombre d’un doute, une des attractions centrales du restaurant.
Crédit photo Patricia Brochu

Suivent deux tartares de la mer : un de hamachi très frais avec une belle combinaison de lime, de crème de gingembre et de shiso, surmonté par du tobiko (œufs de poisson volant); et un autre plus aventureux de thon rouge à la marocaine, avec de la purée de dattes, des amandes, de la harissa et diverses épices. Et attention! Ici, on ne se contente pas de vous apporter les assiettes, on les dresse devant vous sur un guéridon. De quoi donner encore un peu plus de peps à cette soirée déjà très agréable.
Tartare de thon à la marocaine
Crédit photo Sophie Ginoux


Nous n’avons plus faim, mais lorsque le chef décide de nous surprendre en amenant à notre table de magnifiques filets de saint-pierre, un poisson extraordinaire que l’on peut consommer au restaurant deux à trois fois par semaine comme « pêche du jour », nous changeons d’avis. Impossible en effet de refuser ce cadeau du ciel, qui arrive peu après rosé à l’arrête après un passage à la plancha, accompagné d’une mirifique sauce vierge et d’accompagnements (choux-fleur rôtis au cari et brocolis sur mousseline) à tomber par terre. Mon amie et moi-même nous regardons longuement tandis que nous mangeons ce qui ressemble au paradis. Du bonheur comme ça, ça se passe de commentaires, ça s’apprécie jusqu’à la dernière bouchée.

Crédit photo Marie-Claude Di Lillo

Nous nous remettons presque de nos émotions gustatives lorsque soudain, une nouvelle assiette arrive sur un guéridon. Et quelle assiette! Ce qu’on nous présente comme le Mont-Royal est un montage pantagruélique de sorbets maison, de chantilly maison, de brownies maison… sur lesquels on verse sous vos yeux une bonne dose de caramel, puis de chocolat! Irrésistiblement cochon.
Le dessert, étape 1
Crédit photo Sophie Ginoux

Le dessert, étape 2 avec le chocolat coulant dessus. Cochon, vous dites?
Crédit photo Sophie Ginoux


C’est donc plus que repues et le sourire jusqu’aux oreilles que mon amie et moi-même sommes sorties du ê.a.t, qui nous a vraiment conquises sur tous les plans. Je vous le recommande chaudement et y retournerai dès cette semaine pour y savourer une bonne bourride!
 
ê.a.t
Hôtel W
901, Square-Victoria, Montréal
514 395-3180