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9 films à voir en salles en janvier

Crédit photo : Anomalisa (Credit: Paramount Pictures)
9 films à voir en salles en janvier
Janvier est arrivé. Derrière nous la dinde, le trop de bouffe et les innombrables beuveries de cochons qui te laissent dans tes pires lendemains de brosse, le cerveau à off. Le début de l’année cinématographique se fait sérieux. Le dernier grand coup d’Iñárritu est arrivé. Charlie Kaufman se lance en animation. Un Bernard Maris tristement disparu reprend vie le temps d’une discussion sur l’économie. Le Fils de Saul et la Shoah. Le récit labyrinthique d’Endorphine. Un couple en crise après 45 ans d’amour. Ingrid Bergman se raconte. Cinq soeurs se séparent dans Mustang. Jane Seymour et 50 Shades of Black. Ice Cube dans la suite de Ride Along. Robert De Niro et Zac Efron en chest pour Dirty Granpa.  Le mois de janvier promet. Voici nos suggestions: 


1. Oncle Bernard - L’anti-leçon d’économie 

Le 7 janvier 2015 et les attentats du Charlie Hebdo. Parmi les victimes tombées, Bernard Maris. Un an plus tard, le documentariste Richard Brouillette nous permet de renouer avec le disparu. Une approche épurée. Un micro, une caméra en plan fixe braquée sur le sujet. Les mots de Maris ont tout l’espace pour exister. Il développe et confronte nos concepts de l’économie moderne. Son flot de mots en explications intelligibles de sa pensée. Film issu de L’Encerclement - La démocratie dans les rets du néolibéralisme. Pour mieux connaître et aimer l'intellectuel réfléchi qu’était Bernard Maris. (Maintenant en salles)


2. The Revenant

Un tournage éprouvant. Leo qui dort dans des carcasses d’animaux pour se réchauffer. Le dur pari d’illuminer simplement son film avec des lumières naturelles. La performance qui pourrait finalement rendre à César ce qui est à César: un Oscar pour Leo. Inspiré du roman de Michael Punke du même nom. L’année 1823 et la légende à en devenir d’Hugh Glass. Trappeur laissé pour mort après l’attaque d’un grizzly. Abandonné par ceux qui lui ont déjà fait gravement préjudice. Glass prêt à tout pour assouvir une soif de vengeance. Alejandro G. Iñárritu (Birdman) nous immerge de violence brutale dans les Amériques d’une époque passée. La neige jusqu’au cou. Des plans submergés par la beauté de ses paysages, envahis par la violence de la bête humaine. Tom Hardy (Mad Max: Fury Road) en méchant. (Maintenant en salles)


3. Ingrid Bergman in Her Own Words 

La vie de star. Ingrid Bergman (Casablanca) au-delà du glamour. Raconter sa vie par ses mots, ses lettres, ses images, ses vidéos. Stig Björkman (The White Wall) réalise un collage narratif qui nous amène à découvrir plus personnellement l’icône féminine suédoise. L’insatisfaction d’une vie jamais comblée. La volonté constante de tout vouloir changer. Une mère qui se fait absente, mais non moins aimante (Isabella Rossellini enfant). Son premier amour, son divorce et son remariage avec Roberto Rossellini. Les films avec Hitchcock. Sonate d’automne avec Ingmar Bergman. Le récit d’une femme, ses amours, sa gloire et ses peines. (Maintenant en salles)


4. Le Fils de Saul

Grand Prix au dernier Festival de Cannes. Premier long métrage pour László Nemes. Le film ouvre les portes du passé. Période Deuxième Guerre mondiale, pour dresser une idée d’un quotidien impossible en plein Auschwitz. Pas d’images-chocs, les sensations de douleur en hors champ. L’intérieur d’un camp, 1944. Un prisonnier en poste dans les chambres à gaz, devenu bourreau des siens. Son fils mort, il cherchera à lui rendre dignité et honneur par des funérailles convenues là où plus rien n’a de sens. Un massacre s’organise. Un récit de survie derrière une marée noire de désespoir. Un récit sombre et lourd. (15 janvier)


5. Anomalisa 

Un homme et sa dépression dans une société conformiste dépourvue de différences. Il croisera dans ce néant beige la belle Lisa. Le coup de foudre sera instantané et puissant. Le fort amour des nouveaux amants et la crainte de voir la passion se désagréger. Charlie Kaufman (Eternal Sunshine of the Spotless Mind) signe le scénario et co-réalise son film d’animation avec Duke Johnson. Film introspectif sur les sujets propres à l’auteur-cinéaste. Un humour intelligent, de la mélancolie et une animation à couper le souffle. David Thewlis (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban) qui prête sa voix pour lui, Jennifer Jason Leigh (The Hateful Eight) qui fait elle et Tom Noonan (Heat) qui fait tous les autres. (15 janvier)


6. 45 Years

L’amour après 45 années de mariage. Quatre années après avoir livré le déchirant, mais ô combien beau Weekend, le réalisateur Andrew Haigh se penche sur le sujet de ces couples qui survivent au temps. La fragilité constante des amours qu’il ne faut jamais prendre pour acquis. Dans un moment de bien-être, une nouvelle inattendue et inespérée surgit d’un fond de souvenir, celui du premier amour parti sans au revoir. Un bouleversement comme raison d’éloignement. Charlotte Rampling (La Piscine) et Tom Courtenay (Doctor Zhivago) en couple déchiré pour mener le récit. (22 janvier) 


7. Endorphine 

Le dernier film d’André Turpin remonte à Un crabe dans la tête (2001). Présent dans le portrait cinématographique québécois, il porte plus souvent le chapeau du directeur photo - entre autres pour Mommy, Incendies, C’est pas moi, je le jure! ou encore Matroni et moi. Avec Endorphine, il utilise le cinéma et ses possibilités pour manipuler le temps, le séparer en couches distinctes et provoquer l’impact improbable d’espaces temporels, abolissant toute forme de repère. Simone en trois temps: à 13 ans (Sophie Nélisse), à 25 ans (Mylène Mackay) et à 60 ans (Lise Roy). À 13 ans, Simone perd subitement sa mère des mains d’un meurtrier. Le traumatisme omniprésent provoque un voyage dans les souvenirs du subconscient. Un périple lynchéen imaginé par Turpin. (22 janvier)


8. Soleil de Plomb 

Trois histoires d’amour sur trois époques (1991, 2001 et 2011). Les mêmes acteurs qui se répètent et jouent l’exercice changeant de personnages selon l’époque. Une Yougoslavie en plein changement aux conséquences d’un peuple qui y voit couler trop de son sang. Le réalisateur croate Dalibor Matanić explore la tragédie d’une guerre et les possibilités de l’amour. Les conséquences d’un conflit et les séparations obligées des clans opposés. Prix du jury à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard. (22 janvier)


9. Mustang

Le nord de la Turquie et le problème d’une société qui s’entête à perpétuer les traditionnels mariages arrangés. Cinq soeurs, le temps d’un été qui sera à jamais changé. De mauvaises langues rapportent une légèreté des êtres à réprimander. Le père et la grand-mère en charge de les ramener sur le droit chemin. La séparation des soeurs et le lourd processus d’enfouissement d’une liberté passée. Premier film réalisé par Deniz Gamze Ergüven pour un cinéma féministe et libérateur. (29 janvier)