+ Toutes les playlists

Les soeurs Boulay : «On est fondamentalement sans filtre»

Crédit photo : Jeanne Joly / Eli Bissonnette
Les soeurs Boulay : «On est fondamentalement sans filtre»
Après avoir tourné partout au Québec jusqu’à s’en rendre presque malades, Stéphanie et Mélanie Boulay ont trouvé domicile au 4488 de l’Amour.

Peu d’artistes québécois ont eu une ascension aussi fulgurante que Les sœurs Boulay. À peine actif en 2011, le duo originaire de New Richmond a gagné les Francouvertes en 2012, puis a fait paraître quelques mois après Le poids des confettis, un premier album qui lui a valu le Félix de la Révélation de l’année en 2013 et celui du groupe de l’année en 2014.

55 000 exemplaires plus tard, les deux musiciennes se sentent toujours aussi privilégiées d’avoir connu un succès quasi-instantané. «Après le premier disque, j’ai eu le vertige. On dirait que tous mes rêves de petite fille se sont réalisés», confie Mélanie Boulay, pétillante. «Maintenant, tout ce que j’espère, c’est que ça se poursuive. Je veux que nos chansons continuent d’entrer dans le quotidien des gens.»
 


Et c’est probablement ce qui va se passer. Vibrante montagne russe d’émotions vives, ce deuxième album offre une recette semblable à celle de son prédécesseur, tout en s’en écartant de façon assumée, grâce à une instrumentation plus étoffée, des arrangements plus garnis et des textes moins naïfs.

«Récemment, y’a un journaliste qui nous a dit qu’il était gêné d’écouter notre album parce qu’il avait l’impression de lire notre journal intime», raconte Mélanie Boulay. «Nous, on voit pas cette dimension-là quand on écrit. On se demande jamais si on va trop loin.»

«On est fondamentalement sans filtre», ajoute Stéphanie, l’aînée. «On s’en rend pas compte quand c’est trop intense.»

Crédit :  Jeanne Joly / Eli Bissonnette

La musique, mais pas à n'importe quel prix

En trame de fond tout au long de ce deuxième effort : la recherche d’un chez soi. Épuisées par une interminable tournée de près de deux ans, qui les aura menées partout au Québec (et même en France et en Suisse), les deux sœurs ont voulu trouver un refuge qui leur est propre.

Repaire à la fois imagé et bien réel (puisqu’elles ont récemment déménagé ensemble dans un grand appartement à Montréal), le 4488 de l’Amour représente la quête d’une stabilité. «Y’a beaucoup de lucidité dans cet album-là», explique Stéphanie. «Au début de ta carrière, tu te bats pour un rêve et tu mets tout en œuvre que ça se passe. Après avoir réussi ça, on s’est rendus compte qu’on avait pas JUSTE besoin de ça. En gros, on avait dû abandonner toutes nos relations pour se donner à 100% à la musique. Quand tu réalises ton rêve mais que tu n’as personne dans ton lit quand tu reviens et que personne t’appelle, t’es pas vraiment plus heureuse.»

«Quand la vague s’est présentée, on s’est garrochées dedans. On s’est dit ‘’fuck off, y’a juste la musique qui compte’’», renchérit la cadette. «Je suis content qu’on l’ait fait comme ça, mais plus jamais, je me lancerais là-dedans de cette manière-là.»
 


«On s’entend beaucoup mieux qu’à nos débuts»

À un moment donné, à l’automne 2014, la fatigue a bien failli avoir raison des deux chanteuses. Quelques mois avant, leur passage à la finale de La Voix avait propulsé leur carrière à un niveau inattendu. «Tout a changé d’un seul coup. On était complètement brûlées», confie Mélanie. «À la fin de tout ça, j’me suis demandé si c’est vraiment ça que je voulais faire dans la vie. J’ai eu une grosse remise en question. J’suis partie en voyage et, en revenant, j’avais suffisamment de recul pour continuer.»

Ressourcées après cette période de vacances/réflexion, les soeurs se sont remises sur pattes. Depuis, leur relation de sœurs, auparavant plus instable, s’en porte mieux. «On s’entend beaucoup mieux qu’à nos débuts», dit Stéphanie. «On a travaillé notre relation comme si on était un couple. On se chicane, mais vu qu’on veut que ça continue, on fait des compromis.»

«On est relativement plus chills comme humains aussi», ajoute Mélanie. «Personnellement, je suis plus heureuse dans ma tête que je ne l’aie jamais été. Cette humeur-là, ça se sent entre nous deux : on est moins des petites crisses qui ont tout le temps envie de se taper sur les doigts. On se respecte plus.»

4488 de l'Amour
En vente dès demain