+ Toutes les playlists

Thazard : délicieuses variations sur le thème du Japon

Crédit photo : Christine Plante
Thazard : délicieuses variations sur le thème du Japon
De nos jours, le format « tapas » n’est plus seulement réservé aux restaurants espagnols.
 
Pour les chefs, le fait de proposer les plats dans de petites assiettes qu’on sert dans l’ordre ou le désordre, et qui se mangent sans protocole, à deux quatre ou huit mains, permet de créer des repas qui ont une toute autre rythmique que le traditionnel trois services, entrée-plat-dessert. Les petits plats permettent de manger à sa faim, à son rythme, et les repas finissent par s’éterniser joyeusement, les différents morceaux s’assemblant dans une symphonie où les délices se succèdent, mais ne se ressemblent pas.
 
Le Thazard propose une cuisine qui se prête merveilleusement bien à ce genre de soirées dégustation. Une cuisine confectionnée avec le sérieux et la précision propre aux chefs japonais, mais avec des notes actuelles et beaucoup de nouvelles idées accumulées durant les escales à Toronto, puis à Montréal, du chef Hashiro Fujise.

L’endroit est dirigé par Pierre-Olivier Besner, David Schmitd (qui signe aussi la carte menu et cocktails), Christophe Jasmin et Edward Zaki, et l’espace est aménagé selon différentes ambiances. C’est au choix, on prend place au bar pour discuter avec nos voisins de comptoir et contempler les charmants barmen finaliser les plats à la lampe-torche ou mixer les élixirs, en salle si l’on préfère être au cœur de l’action, ou encore à l’un des box-banquettes, plus retirés, pour manger dans l’intimité.
 
Une fois assis, le temps sera venu de créer votre composition à partir de la quinzaine de petits plats listés à la carte.

Voici l’une des délicieuses variations possibles, mais libre à vous de vous laisser inspirer par le menu, ou encore pourquoi pas, de vous en remettre à l’équipe. Il y a quelque chose de tellement agréable dans le fait de se laisser prendre en charge – le luxe! – et de laisser venir les surprises, guidés comme par un danseur de tango qui mène le bal avec assurance et sensualité. 
 
* Prélude *
Cocktail KORUCHA
Bourbon, saké, citron grillé, thé noir
 
Voilà un cocktail parfaitement unisexe, dans lequel chacun des ingrédients apporte une touche en harmonie avec l’ensemble, comme dans un accord à quatre notes. Le citron est grillé au sucre blanc et flambé à la torche, ce qui lui confère juste assez de caramel brûlé pour enrober l’acidité et permettre de le croquer en cours de drink. Costaud et aromatique.
 
* Opus 1 *
MAQUEREAU SAISI
Sauce ponzu, baies d’argousier, coriandre, piments
8$

Le maquereau est une entrée en matière idéale, tout en contrastes, et qui donne le ton à un repas qui s’annonce exotique et original. Le poisson est salé, intense, caractéristique de ces petits poissons qu’on fait fumer ou fermenter pour apprécier leurs parfums, tels que les anchois, les sardines ou encore le hareng. Ici par contre, la bête patauge dans une délicate sauce ponzu, qui balance parfaitement l'ensemble avec ses arômes de soya, de sucre et de piments. On gobe en un rien de temps.  
 
* Opus 2 *
KIMCHI & LÉGUMES MARINÉS
8$
Le kimchi est bien relevé et parfumé à souhait, mais les légumes marinés sont encore plus surprenants, avec des saveurs complexes d’épices qu’on s’amuse à deviner. Ces petits à-côtés sont parfaits pour nous tenir compagnie entre les services. Un peu comme avec le gingembre mariné qui accompagne le sushi, on s’en sert pour se rincer la bouche entre les plats, ce qui permet de « remettre les papilles à zéro » pour déguster la prochaine bouchée. 
 
* Opus 3 *
TATAKI DE SAUMON
Gelée de shiso, huile de matcha, balsamique au gingembre
12$

Le tataki de saumon est un exemple parfait de tout ce qu’on aime de la  « nouvelle » cuisine japonaise. C’est à la fois très délicat, les bouchées sont légères et tout en fraîcheur – des traits propre aux sushis - mais avec plus d’assaisonnements et des cuissons originales, l’ensemble est donc plus gourmand et plus festif. C’est le temps de passer au vin blanc!
 
* Opus 4 *
TARTARE DE BŒUF WAGYU
Jaune d’œuf Onsen, sauce oroshi, huile d’olive
14$
Assez paressé, ici il faudra travailler un peu pour confectionner vos bouchées. On prend d’abord un peu de jaune d’œuf – qui a été cuit à basse température, lui donnant l’étonnante consistance d’un beurre extra-crémeux – qu’on étend sur un carré de feuille d’algue nori, avant d’y déposer une généreuse cuillérée de tartare, et de terminer avec un peu de feuillage. On roule et puis hop. Les amateurs de tartare seront ravis, la viande est riche, d’une qualité exceptionnelle, et l’assaisonnement fait changement du sempiternel classique à la française.
 
* Opus 5 *
ROULEAUX DE PRINTEMPS DE PIEUVRE
Kimchi, gingembre, coriandre, shiso
9$
Alors que la grande majorité des plats séduisent par leurs arômes, ici, c’est un jeu de textures qui ravit le palais. La cuisson de la pieuvre est exécutée à la perfection - ce qui déjà est admirable vu le niveau de difficulté de la chose - et l’octopode se love docilement dans la feuille de riz avec un heureux mélange de verdures et de kimchi.
 
* Opus 6 *
PÉTONCLES POÊLÉS
Shitake, épinards, beurre au ponzu
12$

Vous en conviendrez, le plat de pétoncles poêlés, servi dans une magnifique coquille qui fait tourner tous les regards sur son passage, est l’un des plus spectaculaires de la place. Le comble du bonheur, c’est que les saveurs sont à la hauteur de son look qui tue. 
 
* Opus 7 *
RAMEN ÉPICÉ
Bouillon de porc, habanero et miso, porc koji, coriandre
12$
Gardez les Ramen pour la fin. C’est un plat majestueusement bien construit - tout y est, les contrastes, les textures, les saveurs et plein de surprises à découvrir à mesure qu’on explore les bas-fonds de ce bouillon exquis. On termine donc ce mémorable repas avec un bouillon réjouissant, ce qui a la grande qualité de bien nous remplir la panse, nous donnant cette agréable sensation d’être bien repus, sans pour autant finir en lourdeur. La symphonie gastronomique se termine donc, comme il se doit, sur une grande finale tout à fait magistrale. 

***
 
Le lendemain d’un grand événement culinaire, c’est inévitable, la faim revient.
 
Avec elle, la nostalgie caractéristique des lendemains de grands repas, cette sensation ironique de ressentir de l'appétit alors qu'hier encore, tant de merveilles s'offraient et que la satiété levait le nez. Quel sacrilège, tous ces plats même pas terminés, qui aujourd'hui seraient si parfaits pour assouvir notre appétit! 

Oh well, ça devient une évidence: il faudra repasser pour tout recommencer.  
 
Thazard
5329, boul. Saint-Laurent
514-802-8899
 
LUN – MER : 11h30 – 14h, 18h – 23h
JEU – VEN : 11h30 – 14h, 18h – 23h
SAM : 18h – 23h
DIM : 18h – 23h