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«Amy» : glisser dans la mélodie et le mélodrame de la diva britannique

Amy, le très attendu documentaire biographique du réalisateur Asif Kapadia relate les débuts et les déboires de la jeune fille juive de North London dans de sombres bars enfumés, et sa montée fulgurante vers la gloire jusqu’à sa tragique fin en juillet 2011. Rejoignant le tristement célèbre «club des 27», Amy Winehouse a fait de la musique qui lui appartenait entièrement, qui avait le brillant du Motown et la soul du jazz. Voici quelques raisons de se laisser glisser dans les mélodies et le mélodrame de la diva britannique.

1. Parce qu’on est touché par les magnifiques prestations livrées par l’artiste
Chaque fois qu’Amy Winehouse chante dans le documentaire, elle remplit l’espace de sa voix feutrée, et l’air devient plus dense à travers ses paroles. Tout en elle vibre étrangement. Le tumulte sonne bien et souffle fort, mais semble se calmer lorsqu’elle le dépose devant le public. On oublie même qu’elle gravite dans l’univers de Tony Bennett l’instant du magnifique duo Body and Soul tellement l’acte est assumé et l’émotion, investie. À travers ces quelques prestations inédites, Kapadia nous offre des beaux moments de son film.
Crédit: Amy

2. «Success is having the freedom to work with who you want»
La réalisation lie adroitement divers enregistrements, souvenirs, confessions, prestations et entrevues dans une trame narrative qui raconte ses dépendances et ses noirceurs. Mais elle honore aussi la fougue et l’authenticité de l’artiste. On est conquis par le personnage, sa nonchalance alarmante et la violence qui l’habite. On apprend à connaître une femme splendide et brisée qui fait de la musique pour vivre toujours plus librement et pour survivre à ses tourments. Alors que rien dans la musique pop ne la représente, elle choisit d’écrire elle-même ce qu’elle vit et ressent. «I write songs cause I’m fucked up in the head», dit-elle candidement à la caméra.  De ce fait, on accède à son répertoire avec une attention différente, et une grande sympathie pour l’artiste et son art.

3. Étude de style: Amy, la sulfureuse rockeuse
Chose certaine, Amy Winehouse en jette avec sa désinvolture! Elle aura su imposer son style de pin-up rockeuse irrévérencieuse, et sa marque de commerce avec son eyeliner outrageux et improbable. Et que dire de ses impressionnantes coiffures surmontées d’oiseaux et de fleurs en plastique! Pour s’inspirer ou simplement pour apprécier ses looks audacieux, le docu vaut le détour puisqu’il relate bien l’évolution de son style, qui s’est grandement raffiné avec le temps.


4. «Love is a losing game»
Sa relation avec Blake Fielder-Civil l’aura grandement inspirée dans l’écriture de ses chansons. On la découvre dans une passion amoureuse qui l’emporte et exacerbe ses troubles devant l’alcool et la drogue. «Love is somehow killing me», dit-elle, et au final, de battre son cœur s’est arrêté.

5. Un abîme pour disparaître
Au fond de sa déchéance et au fil du documentaire, on développe beaucoup de compassion pour l’artiste traquée par les paparazzis et lourdement médiatisée vers la fin de sa carrière. Joyeuse sur les plages de Sainte-Lucie, petite gamine au bras de son garde du corps, amoureuse étourdie ou rayonnante lors des Grammy Awards en 2008, alors qu’elle rafle plusieurs prix, dont Chanson de l’année et Artiste de l’année, Amy Winehouse ne laisse pas indifférent. La vulnérabilité et la complexité du personnage s’expriment à bien des égards, et avec beaucoup de nuances, dans les 128 minutes de film. On se prend à espérer une autre fin, moins tragique, pour la délicate jeune femme au génie certain.
 
Amy sera à l’affiche à Montréal dès 10 juillet.

En bonus :
notre album-photo lors de la première au FIJM.