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Le Mile-End comme tu ne l’as jamais vu dans «The Apprenticeship of Duddy Kravitz: The Musical»

Crédit photo : Howard Jerome, Ken James Stewart - Photo par Maxime Côté
Le Mile-End comme tu ne l’as jamais vu dans «The Apprenticeship of Duddy Kravitz: The Musical»
«Montréal était pas comme à présent, tu sais. Pour les jeunes, aujourd’hui, tout est facile. J’me souviens qu’la neige, en hiver, s’empilait souvent plus haut qu’la taille d’un homme, l’long des rues.» Sounds familiar? Ce petit discours est celui de Max Kravitz, le père de Duddy dans le merveilleux bouquin The Apprenticeship of Duddy Kravitz de Mordecai Richler. Comme quoi ça fait un bail que nos parents nous cassent les oreilles avec les incroyables hivers de leur enfance. Ce genre de perle est parsemée tout au long du classique de Richler, enfant chéri d’un Mile-End qui a, depuis, subi de profondes mutations. Afin de redonner vie à cette incarnation du quartier mythique, le Centre Segal présente, du 7 au 28 juin, The Apprenticeship of Duddy Kravitz: The Musical. Nous avons compilé cinq choses à savoir, avant d’aller voir ce grand classique.
 
1. Montréal, tel que tu ne l’as jamais vue
Marie-Pierre de Brienne, Ken James Stewart & David Coomber (Duddy Kravitz Musical) - Photo par Maxime Côté
Le Montréal que l’on présente dans Duddy Kravitz nous est, de prime abord, familier: St-Urbain, St-Dominique, le smoked meat, la neige. Par contre, une fois passés ces repères, on découvre un lieu où règne la ségrégation: les Canadiens français à l’est, les Juifs dans le Mile-End et les riches sur la Montagne. Les tramways, les petits escrocs, l’omniprésent snack-bar donnent à la métropole des airs de ville de film noir. Duddy Kravitz est donc, un peu, une machine à voyager dans le temps.
 
2. Un récit local interprété par des talents locaux
Marie-Pierre de Brienne (Yvette Durelle) et Ken James Stewart (Duddy) // Photo par Leslie Schachter 
Duddy Kravitz s’est toujours fait dire par son grand-père qu’un homme sans terre n’est rien. Son récit est celui de la démarche obsessive d’un gamin, qui deviendra vite un homme, pour acquérir cette terre. C’est l’acteur canadien Ken James Stewart qui tient le rôle principal. Il possède une voix à tout casser et le visage parfait, à la fois gavroche et sérieux. À ses côtés, on retrouve Marie-Pierre de Brienne qui interprète le personnage d’Yvette, la copine de Duddy. Si l’on se fie au teaser, les deux comédiens ont le talent nécessaire pour brûler les planches du Centre Segal.
 
3. Mise en scène d'Austin Pendleton
 
Au théâtre, une œuvre n’est rien sans une mise en scène du tonnerre. Afin de rendre justice au récit de Richler, le Centre Segal s’est attaché les services du metteur en scène américain Austin Pendleton. Avec un IMDB aussi imposant que l’Encyclopaedia Britannica, à la fois comme acteur, directeur, metteur en scène et scénariste, il possède l’expérience requise pour mettre en lumière les moments transcendants de l’histoire. 
 
4. Musique par Alan Menken, t’sais celui qui a composé la musique d’Aladdin et de La Petite Sirène!
Nick Burgess (Associate Musical Director), Jonathan Monro (Musical Director), Alan Menken (Composer) et David Spencer (Book & Lyrics) // Photo par Leslie Schachter 
Si une œuvre théâtrale n’est rien sans un bon metteur en scène, un musical n’est moins que rien sans un compositeur chevronné. Je pense que les huit (!!!) Oscars d’Alan Menken (The Little Mermaid, Beauty and the Beast, Aladdin, Pocahontas) constituent une preuve suffisante de son immense talent. C’est un pilier de la scène du musical que le Centre Segal a recruté pour mettre en musique les aventures de Duddy.
 
5. Une œuvre qui aborde des thèmes toujours d’actualité
Harmondsworth: Penguin, 1974 
Pour une œuvre écrite dans les années 50, Duddy Kravitz s’attaque à des thèmes qui sont résolument modernes. Tensions raciales, homosexualité, droits des handicapés, on retrouve là des questions qui soulèvent toujours les passions. Le traitement est bien sûr différent, beaucoup plus cru, la rectitude politique étant quelque chose que l’époque ne connaissait pas. Richler était un auteur en avance sur son temps, un écrivain qui, malgré les piques qu’il lançait parfois aux francophones, mérite d’être lu et entendu. The Apprenticeship of Duddy Kravitz: The Musical est le parfait hors-d’œuvre avant d’attaquer le «main course».
 
The Apprenticeship of Duddy Kravitz: The Musical
Du 7 au 28 juin 2015 au Centre Segal