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Kabocha : un petit goût du Japon sur le boulevard Saint-Laurent

Les isakayas, ces brasseries japonaises très populaires au pays du soleil levant, poussent comme des champignons à Montréal, mais ils ne sont pas tous du même niveau. J’ai donc été testé un des derniers ouverts sur le boulevard Saint-Laurent, éprouvé par la fermeture de plusieurs prestigieux restaurants, mais qui semble renaître de ses cendres avec des initiatives comme Sumi Dojo (voir critique ICI) et le Thazard (critique ICI), que nos avons visités récemment, ainsi que Kabocha, un tout nouveau joueur sur cette artère.
Crédit photo Sophie Ginoux

Kabocha n’est pas un projet montréalais à proprement parler, mais la toute première succursale canadienne d’une chaîne de sept isakayas au Japon. Pourquoi le propriétaire torontois de la franchise canadienne, Takeshi Sugawara, a-t-il privilégié  Montréal à Vancouver, à la communauté asiatique nettement plus importante? « Parce que Montréal connaît un grand boom actuel dans ce secteur », répond l’adorable Kayo Asano, responsable du service. Elle n’a pas tort. Toutefois, qu’est-ce qui distingue Kabocha de ses concurrents de plus en plus nombreux en ville? Une belle authenticité, selon moi.
Crédit photo Sophie Ginoux
Crédit photo Sophie Ginoux

Une authenticité qui commence avec un décor sympathique et plein de clins d’œil à la culture nippone, mais sans flafla. Pas de comptoir rétroéclairé, ni de savants éclairages, ni d’œuvres d’art au mur. Par contre, le bar est rempli de bouteilles de saké et d’alcools asiatiques, que l’on s’empresse de goûter en se faisant d’ailleurs surprendre par la façon traditionnelle de les consommer, puisqu’il est d’usage de verser le saké dans un verre, mais aussi de le faire déborder en remplissant aussi le petit plat autour! Alors, commandez un verre à la fois, ce sera plus sûr! Vous pouvez toutefois aussi opter pour une bière ou un cocktail exotique.
Quelques bouteilles de saké du bar
Crédit photo Sophie Ginoux
Servir un verre... et son contenant, une pratique habituelle dans les isakayas
Crédit photo Sophie Ginoux

 
Un peu d’alcool ouvre l’appétit, et les propositions ne manquent pas sur le menu bariolé du Kabocha. Alors, c’est avec le pire accent au monde que je répète à Kayo ce que je viens de recopier dans les toilettes du resto, dont les murs sont couverts de petits papiers avec des traductions utiles diverses japonais/français : « Osusume Wa Nandesuka ? » (« Que me recommandez-vous? ») Comme nous sommes sur l’heure du midi, Kayo me suggère d’essayer un plat de ramen au miso, ainsi que l’incontournable bento, l’assortiment préféré de petits plats des japonais pour leur déjeuner.
Crédit photo Sophie Ginoux

Et là, agréable surprise. Les ramen arrivent à table, copieux et superbes dans leur bol dressé avec des feuilles de nori, avec une généreuse portion de porc chashu (braisé), de légumes, d’un bouillon absolument divin et d’un œuf parfaitement mollé, le tout couronné de quelques brindilles rouges et craquantes dessus ressemblant à du safran séché. Même constat souriant devant le gros bento, constitué d’un assortiments de petits plats colorés contenant une soupe miso, des poissons et légumes crus ou marinés, de l’omelette, du tataki de bœuf, du poulet frit, un bon bol de riz et même un dessert. Un repas complet pour moins de 17 dollars avec tous ces éléments, c’est une belle aubaine.
Ramen au miso
Crédit photo Sophie Ginoux
Bento
Crédit photo Sophie Ginoux

Néanmoins, c’est surtout le soir que le chef du Kabocha Yutaka Abe propose le plus de spécialités que l’on retrouve dans les autres restos de la chaîne du Japon. Comme le San ma san, un poisson local (le balaou) cuit à l’étuvée pendant cinq heures avec des épices et des légumes, et dont le goût s’apparente beaucoup à la sardine fraîche. Autre découverte, cette fois-ci doublée d’une performance à table, puisqu’on y fait fumer l’assiette avant de vous laisser vous servir : le saumon warayaki (à 10,50 dollars, encore une aubaine), c’est-à-dire fumé instantanément à chaud au foin sur un lit de feuille de bambou. Un vrai délice qui fond en bouche et explose de saveur, surtout si vous parsemez dessus quelques grains de gros sel et de fines tranches d’ail.
San ma san
Crédit photo Sophie Ginoux
Saumon warayaki
Crédit photo Sophie Ginoux

Le Kabocha est donc un isakaya tout à fait recommandable, à la fois sympathique, authentique et accessible. Alors, n’hésitez pas à lui rendre visite dès maintenant ou dans un gros mois, alors que le nouveau menu, mettant encore plus en avant les plats-spectacle à table.

Isakaya Kabocha
3627, Boul. Saint-Laurent, Montréal H2X 2V5
(514) 845-0727
kabocha.ca