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La DÉSINTÉGRATION: un film rappelant «La haine» de Mathieu Kassovitz, mais empreint d'actualité en 2015

Le film La Désintégration a été conçu par le réalisateur français Philippe Faucon en 2011. Il y dépeint l’histoire de Nasser, Ali et Hamza trois jeunes hommes d’environ vingt ans. À la mosquée, ils font la rencontre de Djamel. Une rencontre qui changera leurs vies à jamais. Djamel, adroit manipulateur et charismatique parleur s’insinuera dans leurs vies afin de les tourner vers la radicalisation et le terrorisme.

Ne vous inquiétez pas je ne vous ai pas spoiler le punch du film. L’intérêt de ce dernier est centré sur la manipulation psychologique qu’opère Djamel et comment elle amène les trois hommes à un acte terroriste. D’ailleurs, dans les 10 premières minutes, lorsque Djamel souligne que le nom Hamza était celui qui «commandait l’armée des musulmans qui a vaincue celle des Quraychites, alors qu’ils étaient beaucoup plus nombreux», on comprend directement qu’il le poussera à la radicalisation.
L’intérêt de ce film réside aussi dans la nuance apportée au propos. On comprend réellement le cercle vicieux. Le moment qui m’a le plus marqué c’est lorsque la mère d’Ali dit à ce dernier que l’Islam c’est le pardon, le respect et le partage. Puis à la mosquée lorsqu’on fait un appel à la non-violence. C’est ce désir de non-violence de la religion qui pousse le petit groupe de radicaux à la violence. Parce que ce n’est pas la religion qui les a menés à la violence, mais une interprétation erronée de son message. 

Puis, c’est la descente aux enfers. On suit Ali, Nasser et Djamel durant leurs derniers moments avant l’acte terroriste. Cette seconde partie du film est poignante de vérité et d’émotion. Djamel leur rappelle que leur vie ne vaut rien dans cette «armée de Dieu». Seulement, ce qu’ils ont oublié c’est qu’avant d’être «l’armée de Dieu», ils sont les fils de leur mère. La dernière image, celle de la douleur d’une mère face à la mort de son fils déchire le coeur, «ils ont tué mon fils».
Devant ce film, on a l’impression de se retrouver devant La haine de Mathier Kassovitz, mais avec moins de subtilité et sans Vincent Cassel. On nous dépeint la jeunesse musulmane d’une cité lilloise qui tente de faire sa place. Certains éléments de montage choquent un peu au début, mais une fois emportés par la spirale du film on ne porte plus attention à sa légère maladresse.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous parle d’un film de 2011. Malheureusement, en 4 ans l’humanité n’a pas réglé les problèmes que pointe ce film; terrorisme, racisme, haine, radicalisation, etc. L’attentat de Charlie Hebdo en est la preuve ultime.

Ce film est un appel à comprendre le problème du terrorisme à sa racine afin de pouvoir l’enrayer. Ce n’est pas la faute du gouvernement, ce n’est pas la faute de la religion : c’est un ensemble d'éléments qui créent un schéma de pensé collectif qui à ce jour fait défaut. Pour que les oubliés du système se sentent obligés de mourir en «servant leur cause» afin de se faire entendre, c’est qu’il y a un sérieux problème. Quand aurons-nous le courage et la volonté de le régler? La question reste ouverte, mais personne ne s’y attarde. Au 21è siècle, nous sommes beaucoup trop fervents des consensus pour s'y risquer.

Cinéma Du parc
12 février à 19h00