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​Un autre clou dans le cercueil de la rue Prince-Arthur

Crédit photo : Google Street View / Prince-Arthur Ouest
​Un autre clou dans le cercueil de la rue Prince-Arthur
S’il y a une rue sur le Plateau qui mériterait d’être revitalisée, c’est bien Prince-Arthur, et particulièrement son côté ouest. Hélas, en lien avec un nouveau règlement d’urbanisme, elle continuera de stagner.

Présenté dans le cadre d’une consultation mardi dernier, un nouveau règlement d’urbanisme empêcherait les bars et les salles de spectacles de s’installer sur tout le côté ouest de Prince-Arthur. On désire y privilégier la zone résidentielle et la préserver du bruit ambiant nocturne.

Jadis le repaire principal des férus de la formule «apportez votre vin», la rue Prince-Arthur fait face, depuis plusieurs années, à un déclin perpétuel. À l’est de Saint-Laurent, les façades délabrées et les restaurants fermés font bon ménage, au grand dam des citoyens qui ont connu les belles années de l’artère.

À l’ouest, la situation n’est pas la même. À partir de Clark, il est déjà impossible, à l’heure actuelle, d’implanter une activité commerciale quelle qu’elle soit. En revanche, la portion entre Clark et Saint-Laurent était réglementée différemment et permettait l’implantation de nouveaux commerces, notamment les bars et les salles de spectacles. À partir du 2 mars prochain, l’adoption définitive du projet de loi viendra sonner le glas de cette époque.

La tranquillité vs le dynamisme

Dans une entrevue accordée au journal Métro, Glenn Castenheira, le directeur général de la Société de développement du boulevard Saint-Laurent (SDBSL), reste mitigé par rapport à cette situation. «Présentement, en raison du contingentement, il est impossible d’ouvrir un nouveau bar sur Saint-Laurent, donc ce type d’établissement ne pourrait choisir cette artère à la place. Il est toutefois judicieux de vouloir éviter l’étalement de la vie nocturne dans les zones résidentielles», a-t-il déclaré, dans cette même entrevue

Les problèmes de bruit liés aux règlements d’urbanisme sont fort nombreux sur le Plateau à l’heure actuelle. Des bars spectacles comme Les Bobards et le Divan Orange doivent faire face à de nombreuses plaintes de bruits depuis plusieurs années.

Plongée dans le nightlife de la rue Saint-Laurent, la rue Prince-Arthur Ouest subit maintenant, à son tour, un marasme municipal. On peut toutefois se consoler en se rappelant qu’en avril dernier *, la SDBSL a accepté d’élargir son territoire pour y ajouter Prince-Arthur et, ainsi, réfléchir sur les moyens concrets pour revitaliser l’ensemble de la mythique rue.

Neuf mois plus tard, on attend encore les résultats de cette réflexion.

Juste un coup d’œil rapide à l’artère suffit pour se rendre compte que ça urge…

*Précision 
La SBDSL n’a toujours pas accepté d’élargir son territoire officiellement. En avril dernier, elle en était seulement à la réflexion. Par l’entremise d’un courriel, le directeur général Glenn Casthanheira a voulu apporter quelques précisions : «La conclusion prise par notre CA en janvier est qu’il n’est présentement pas viable d’agrandir notre territoire sur Prince-Arthur, car le taux d’inoccupation y est trop élevé ce qui rend impossible tout intervention efficace. Il faut savoir que les SDC sont financés par les places d’affaires et non les propriétaires immobiliers ou par des fonds publics. Donc, en agrandissant le territoire de la SDBSL sur Prince-Arthur dans le contexte actuel voudrait dire que le montant de 150 000$ (minimum estimé pour une première année d’intervention) serait défrayé presque exclusivement par les commerçants du Boulevard Saint-Laurent qui ne sont eux-mêmes toujours pas sortis du bois. (…) Conclusion, la SDBSL n’agrandira pas son territoire sur Prince-Arthur tant qu’une somme ne sera pas investie par une tierce partie (la ville ou les propriétaires).»