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Montréal et l'itinérance: où en sommes-nous?

Crédit photo : Shutterstock
Montréal et l'itinérance: où en sommes-nous?
L'itinérance est un sujet assez d'actualité à Montréal présentement. Avec la vague de froid intense qu'on vient de traverser, on a remarqué quelques événements qui portent vers la réflexion. L'incident du 7 janvier dernier, entre autres, a fortement motivé l'organisation Anonymous à se lever contre le SPVM et la ville de Montréal. À l'aide de bulldozers, des employés municipaux on démoli le campement établi par un groupe de personnes sans-abri au Square Viger, sous le regard des policiers. Rien n'a été épargné: une douzaine de lits, des valises, des effets personnels, des matelas et des couvertures. Serait-ce temps de revoir les méthodes d'interventions auprès des sans-abri? Qu'est-ce que la ville peut faire pour améliorer la situation? NIGHTLIFE.CA se penche sur le sujet et tente de soulever quelques questions.

Selon Luc Gingras, porte-parole du SPVM, la remise en ordre du Square Viger était principalement une question d'hygiène et de santé publique. On dit avoir retrouvé sur les lieux une grande quantité de déchets et de seringues souillées. De plus, avec la vague de froid atroce que l'on vient d'avoir, les autorités se montraient quelque peu réticentes à voir des individus dormir à l'extérieur. Certaines nuits hivernales peuvent parfois être fatales. En faisant cela, on voulait en quelque sorte que les itinérants se déplacent dans les refuges, pour leur propres santé et sécurité. (CBC News)


Selon Anonymous, la motivation derrière le démantèlement du camp se retrouve plutôt dans l'image de la ville et son esthétisme. Dans l'optique où le Square Viger se trouve à deux pas du Vieux-Montréal, pourrait-on, effectivement, croire que la ville tente de protéger son apparence face aux touristes? Difficile de confirmer, mais l'hypothèse n'est pas impertinente.

Comme mentionné dans le vidéo que vous trouverez plus bas, Anonymous demande que la ville de Montréal adopte un moratoire face aux droits des personnes vivant dans la rue jusqu'au 1er mars, période durant laquelle les policiers n'auront pas le droit d'attaquer ou d'interdire le campement aux itinérants. Jusqu'à ce que cette demande soit acceptée, Anonymous continuera de faire la promotion de mouvements d'occupations, de manifestations dans les rues, et menace de s'en prendre aux «cyber infrastructures» de la ville. Reste à voir si de telles actions sont réalistes, avec les règlements de la ville et des différents arrondissements. 
 
 
La question de l'itinérance est assez complexe et très difficile à gérer dans la ville. Même si les intentions des dirigeants et du service de police peuvent sembler de bonne foi, plusieurs personnes vivant dans la rue ne sont pas prêtes à visiter les refuges, peu importe la raison. Certains sont paranoïaques, ils ont peur de se faire interner, ils craignent de se faire violer, ou encore ils ne veulent pas laisser leurs effets personnels à l'entrée, comme le demandent la plupart des centres. Les raisons sont multiples, et souvent, il s'agit de cas par cas.
 

Montréal doit trouver des solutions. À ce niveau, les idéologies se bousculent: si certains proposent davantage d'encadrement, d'autres favorisent des moyens plus radicaux (et un peu inhumains?) comme les piques antiitinérants - ou éléments décoratifs ayant la même vocation. Quelques mesures ont été adoptées pendant la période couvrant le dernier vortex polaire. Devant les répercussions des citoyens et des organismes devant les événements du 7 janvier, l'administration du maire Denis Coderre, en collabo avec la Mission St-Michel, a décidé d'ouvrir un refuge d'urgence au centre-ville, sur la rue Présient-Kennedy. Local chauffé, et animaux acceptés.

Selon vous, est-ce qu'on aurait besoin de plus d'intervenants sociaux sur le terrain? Que les policiers reçoivent une formation plus adéquate pour travailler auprès des personnes en difficulté? Est-ce que l'idée des haltes chauffées serait une alternative envisageable pour les nuits d'hiver glaciales? Ces événements portent à la réflexion. Avec le début de l'enquête sur le décès d'Alain Magloire, itinérant abattu par des policiers en février 2014, il s'agit d'un moment propice à la remise en question du protocole d'intervention.

NIGHTLIFE.CA reste aux aguets pour la suite des choses...
#occupySquareViger