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Jeudi J'aime: rencontre inspirante avec Fanny Britt, auteure et dramaturge

Crédit photo : Julie Artacho
Jeudi J'aime: rencontre inspirante avec Fanny Britt, auteure et dramaturge
Mes premiers contacts avec le travail de Fanny Britt furent de courtes pièces de théâtre et des nouvelles jeunesse abordant les thèmes de l'amour, de la peine d'amour et de l'amour non-partagé. Je me souviens encore de l'émotion que j'avais ressentie en entendant et en lisant les mots les plus justes du monde, ceux qui décrivaient et évoquaient exactement ce qu'on ressent dans ces moments-là. Une sorte d'épiphanie: "C'est ÇA! C'est EXACTEMENT ça!"

Pour s'aventurer dans ces territoires-là (et en revenir), il faut nécessairement faire preuve d'une immense sensibilité, d'une authenticité à toute épreuve et de beaucoup d'amour et de fascination pour la nature humaine. Bref, le genre de qualités que j'admire le plus chez les gens.

Par la suite, ce fut impossible pour moi de ne pas suivre avidement ses différents projets.
Et je vous conseille fortement de faire de même.

Comment décrirais-tu ton processus créatif ?
En un mot : pénible. 
En dix mots : lent, douloureux, privilégié, vain, consumériste (hello, magasinage en ligne quand rien ne va plus), périlleux, ordinaire, anxieux, frustrant, mystérieux. 

Quels artistes t’inspirent le plus ?
Les précis. Les acharnés. Ceux qui ont plein d’idées d’histoires et de revirements et de montée dramatique et d’observation fine de leur époque. Les drôles. Les remplis d’auto-dérision. Les simples. Les bons. 

Quelle chanson t'inspire?
Les chansons sont ce qui m’inspire le plus. En choisir une, c’est affreux. Mais je vais le faire tout de même ; en choisir une comme un emblème pour les autres. Alors : depuis toujours, The Smokey Life, de Leonard Cohen. Parce qu’il y a là un récit, une prière, une nonchalance, un deuil, une langueur – tout à la fois.  Une chanson qui donne envie de boire et fumer (toujours bon signe, pour les chansons). 

Quel livre?
C’est de la torture ce genre d’exercice, mais là tout de suite je dirais la poésie d’Emily Dickinson, pour cette extraordinaire économie de moyens, et la fièvre mystique, charnelle, totale, toute cachée sous la réserve et la modestie du beau Massachusetts victorien. 

Quel film?
Tellement de films peuplent ma vie intérieure et m’accompagnent depuis l’enfance ! Il y a eu les films-phares de l’enfance (Stand by Me, Dead Poets Society), ceux de la vingtaine (beaucoup de Woody Allen, sans doute un peu trop de Nora Ephron), ceux qui restent et qui hantent (Scènes de la vie conjugale, Another Year, maudit Melancolia à marde qui m’a plongée dans une profonde crise d’anxiété et que j’ai détesté, mais les films qu’on déteste sont parfois les plus stimulants). Récemment, il y a eu Boyhood, qui m’a transportée par sa simplicité, son effrontée, bouleversante simplicité. 

Parmi ses dernières publications, lisez

Les Tranchées (Nouveau Projet)

Jane, le renard et moi (La Pastèque)