+ Toutes les playlists

Festival Fantasia: 10 films diaboliques, dystopiques et disgracieux à voir!

Crédit photo : À Fantasia, on crie à pleins poumons: «Suburban Gothic», «Live», «The Green Inferno» et «Aux yeux des vivants».
Festival Fantasia: 10 films diaboliques, dystopiques et disgracieux à voir!
Une légion de zombies nazis, une tribu cannibale particulièrement sanguinolente, une prostituée toxicomane ET assassine ou un sociopathe aux pouvoirs psychiques. Si tes nuits sont peuplées de créatures impitoyables, il y a de bonnes chances que le festival Fantasia ait déjà présenté un film fidèle à tes pires cauchemars. Le spectre de la déchéance humaine est à son comble pendant cette grande fête internationale du cinéma de genre. Célébrant cette année son dix-huitième anniversaire avec une programmation bien mûre quoique toujours propice aux folies de jeunesse (la liste de plus de 400 films comprend les derniers Terry Gilliam, Kiyoshi Kurosawa, Jim Mickle, Richard Linklater, Eli Roth, Ricardo Trogi et Takashi Miike), Fantasia mérite amplement le titre d’incontournable cinéma de l’été. Bien qu’il soit impossible de t’aiguiller vers toutes les mises en scène terrifiantes et les personnages louches qui s’offrent à toi d’ici le 6 août, Nightlife.ca t’en présente dix qui plairont au public (très!) réactif de Fantasia.
 
1. Life After Beth
De Jeff Baena (États-Unis)

S’inscrivant dans la lignée de films récents à propos de morts-vivants qu’on qualifieraient de charmants et cocasses plutôt que terrifiants (Warm Bodies, Zombieland), cette comédie romantique sans prétention du co-scénariste de I Heart Huckabees voit Zach (Dane DeHaan) tenter de raviver la flamme dans son couple. Le problème? Sa copine Beth (Aubrey Plaza), décédée mais aussitôt ressuscitée en zombie, dévore les garçons et raffole de smooth jazz. (19 juillet) 
 
2. Thou Wast Mild and Lovely
De Josephine Decker (États-Unis)

Depuis la présentation de ses deux derniers films à Berlin l’hiver dernier, la jeune Brooklynoise Josephine Decker reçoit une cascade d’éloges. Le critique du New Yorker considère même qu’elle élabore une nouvelle grammaire cinématographique, au même titre que des œuvres sensorielles inclassables comme Holy Motors et Upstream Color. Fantasia présente son moyen métrage Butter on the Latch ainsi que son long Thou Wast Mild and Lovely, un thriller érotique inspiré d’À l’est d’Éden, qui explore les pulsions charnelles d’un homme marié (Joe Swanberg) pour la fille de son employeur, au beau milieu d’une ferme isolée du Kentucky. Ça promet d’être à la fois sulfureux et surréel. (19 et 21 juillet)
 
3. Jellyfish Eyes
De Takashi Murakami (Japon)

Warning: Cuteness overload! À Fantasia, le pays du Soleil-Levant n’est jamais en reste. Cette année, le premier long métrage du célèbre artiste visuel Takashi Murakami (premier volet d’une trilogie, nous dit-on) figure au sommet des œuvres japonaises les plus courues. Celui qui est à l’avant-plan du mouvement baptisé «Superflat», avec son esthétique discrètement subversive inspirée de la culture de l’animé, du manga et du kawaii, plonge dans la réalisation avec cette œuvre onirique et engagée. Jellyfish Eyes nous présente un petit garçon victime d’intimidation à l’école, orphelin de son père (suite au tsunami à Fukushima), qui se lie d’amitié avec une très adorable méduse volante. (20 juillet)
 
4. White Bird in a Blizzard
De Gregg Araki (États-Unis)

L’iconoclaste Gregg Araki, pionnier du «New Queer Cinema» des années 1990, a fait ses preuves avec des films «irresponsables» bourrés de clins d’œil à la culture populaire et imprégnés de l’esprit punk, qui sortaient du carcan bourgeois, blanc et inoffensif des films gais de l’époque. Mais suite à sa trilogie «Teen Apocalypse» (Totally Fucked Up, The Doom Generation et Nowhere), il a finalement obtenu la cote des critiques avec le troublant Mysterious Skin. Depuis sa première à Sundance il y a quelques mois, on décrit White Bird in a Blizzard comme un retour à un registre plus introspectif et intimiste pour Araki. White Bird suit Kat (Shailene Woodley), une adolescente fort lucide, alors qu’elle découvre que sa maman (Eva Green) dissimule un sérieux mal de vivre et qu’elle suffoque dans sa vie de banlieue rangée. Les choses prendront une ampleur tout autre lorsque la femme au foyer en question s’éclipsera. (20 et 22 juillet)
 
5. Goal of the Dead
De Benjamin Rocher et Thierry Poiraud (France)

Tu ne te remets toujours pas de cette finale chaudement disputée entre l’Argentine et l’Allemagne au stade Maracanã? Le tonitruant Goal of the Dead des réalisateurs français Benjamin Rocher et Thierry Poiraud devrait te mettre un peu de baume au cœur. Sorte de croisement entre la comédie sportive et le film de zombie, le diptyque Goal of the Dead oppose les Ultras de Capelongue à l’Olympique de Paris, avec des fans trop crinqués, des étoiles montantes stéroïdées et (évidemment) des vomissements titanesques de zombies dans le stade. Du gore à faire pâlir les très proprets Thomas Müller et Lionel Messi. (25 juillet)
 
6. The Man in the Orange Jacket
D’Aik Karapetian (Lettonie)

Lorsqu’on évoque l’héritage cinématographique des slashers, la Lettonie ne nous vient pas spontanément à l’esprit. Pourtant, le programmateur Simon Laperrière considère cet angoissant thriller comme étant « le drame d’horreur le plus révolutionnaire de l’année » et son cinéaste, l’Arménien Aik Karapetian, comme nouvelle recrue au « panthéon des prodiges ». Abordant de front le gouffre qui se creuse toujours entre les plus fortunés et les moins nantis, ce récit terrorisant suit les déboires psychologiques et la paranoïa qui rongeront de l’intérieur un ouvrier, après que ce dernier ait abattu son ancien patron. (27 juillet)
 
7. When Animals Dream
De Jonas Alexander Amby (Danemark)

Le Danois Arnby, ex-assistant de Lars von Trier, s’attaque au mythe du loup-garou tout en s’éloignant des codes immuables du genre, notamment celui du mâle prépubère soudainement recouvert de poils et incapable d'apprivoiser son trop-plein de virilité. When Animals Dream, c’est l’histoire de Marie, issue d’un petit village de pêcheurs, qui prend soin de sa mère malade sans jamais connaître la condition qui l’afflige. Jusqu’au jour où, nouvellement amoureuse, son corps se métamorphose subitement et violemment en bête poilue aux dents tranchantes. Un coup de cœur de plusieurs journalistes à la Semaine de la critique de Cannes. (31 juillet et 5 août)
 
8. Fight Church
De Daniel Junge et Bryan Storkle (États-Unis)

Comment aimer ton prochain alors que ce dernier te démolit le visage en pleine arène? C’est l’ultime question que se posent les réalisateurs oscarisés Junge et Storkle dans le documentaire-choc Fight Church. Car oui, il existe bel et bien des centaines de fight clubs, ou «ministères du combat», ayant récemment vu le jour aux États-Unis, qui offrent aux pasteurs et autres chrétiens prêchant la parole de Dieu l’occasion de se livrer à des combats de MMA d’une violence inouïe. Compatible avec les valeurs du Christ? Ou plutôt l’énième signe d’errances dangereuses de la droite religieuse dans sa façon d’interpréter le christianisme? (3 août)
 
9. Frank
De Lenny Abrahamson (Royaume-Uni)

Bien qu’on lui colle déjà (et avec raison) l’étiquette «d’acteur de sa génération», Michael Fassbender n’a pourtant aucunement appuyé sur le frein en ce qui a trait aux défis créatifs. Dans Frank, l’acteur germano-irlandais se révèle tout aussi fascinant dans un registre comico-absurde. C’est l’histoire d’un aspirant musicien pas trop doué qui, grâce au hasard de la vie, devient claviériste d’un band indie rock qui a la cote. Le Frank en question, c’est le leader énigmatique du groupe (Fassbender), un rockeur excentrique qui porte en permanence une gigantesque tête en papier mâché. (3 et 4 août)
 
10. Wetlands
De David Wnendt (Allemagne)

Helen, charmante skater girl berlinoise, ne se préoccupe pas outre mesure de son hygiène corporelle. En fait, elle éprouve une réelle fascination pour les hémorroïdes, les fissures anales, les sécrétions vaginales et une panoplie de petits tabous qui suscitent chez plusieurs la consternation. Ce portrait audacieux, explicite et hilarant d’une jeune femme n’ayant pas peur d’explorer – et d’exposer – ses fétiches au grand jour est un coup de cœur festivalier partout où il est présenté. Certains le comparent au Trainspotting de Danny Boyle pour ses images surréelles et le culot de ses jeunes héros. (4 août)
 
Festival Fantasia
Du 17 juillet au 6 août 2014 | fantasiafestival.com