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Alaclair Ensemble : Que reste-t-il des sauveurs du hip-hop québécois ?

Crédit photo : Alaclair Ensemble
Alaclair Ensemble : Que reste-t-il des sauveurs du hip-hop québécois ?
On peut maintenant l’affirmer sans craindre les représailles : il y a bel et bien un avant et un après-4,99. Ramassis de chansons enregistrées entre amis ici et là pendant 3 ans, le premier album d’Alaclair Ensemble paru en 2010 aura pavé la voie à une toute nouvelle génération de rappeurs, en plus de susciter l’intérêt d’une frange alternative habituellement peu ouverte au rap local.

«C’est drôle parce que la raison d’être de ce record-là, c’était tout simplement d’avoir toutes nos chansons sur une copie physique pour la vendre dans la rue et chiller après avec l’argent», indique candidement Maybe Watson. «C’était très nonchalant. À la base, l’esprit Alaclair n’a jamais été de se poser des questions, ni de tout mettre en place pour trouver un masterplan», indique Ogden.

«En fait, c’est le masterplan lui-même qui est venu nous chercher», ajoute Watson, avec humour. «N’importe quel autre groupe qui désire make it et avoir du succès a un certain stress par rapport aux moves qu’il entreprend. Nous aussi, on a ça maintenant, mais au départ, on a juste laissé libre cours à notre imagination.»
 

Des sauveurs ?

Quelques mois après la sortie de ce désormais album classique, le septuor faisait la une du Nightlife édition papier. Le titre, «un accident à la rescousse du rap québécois», en a certainement fait sourciller plus d’un à l’époque. «Je pense que 4,99 a décantonné le rap québécois», croit Ogden. «Considérant qu’après il y a eu plein de sorties Bandcamp, qui sortent du circuit traditionnel hip-hop québécois, ça serait fair de dire qu’Alaclair a été l’un des premières pierres angulaires du renouveau hip-hop d’ici. Même qu’à une époque, en 2010-2011, on dirait qu’on avait le poids de sauver le rap québécois sur nos épaules. »

«Esti que c’est laid, mais c’est vrai», réplique Watson. «Y’a pas eu de changement radical, mais pas mal de monde a  compris que ça pouvait être le fun, du rap québécois.»

Crédit photo : Maxyme G. Délisle

L'épisode IKEA

Quatre ans plus tard, le «fun» est toujours à l’honneur chez Alaclair. Paru hier, jour de la fête du Canada, le troisième album du groupe Toute est impossible avait été leaké quelques semaines auparavant en Suède. La stratégie marketing, imaginée par Ogden et Watson, constituait à faire assembler à l’auditeur lui-même les pièces musicales, dans le cadre d’un photo-roman saisissant créé au IKEA.

«Après 4 ans, on trouvait que c’était rendu plate de juste donner notre musique gratuitement sur Bandcamp», confie Ogden. «On a le goût de continuer à faire de la musique, mais on veut pas se répéter. Le jeu devient la manière de publier notre musique.»