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Critique de «Sister Act»: le bonbon musical de ta saison estivale

Crédit photo : Juste pour rire
Critique de «Sister Act»: le bonbon musical de ta saison estivale
Si tu voues un culte à Whoopi Goldberg depuis que tu l’as vue dans le film Sister Act et que tu fais partie de ceux qui ont découvert Lauryn Hill dans la suite, tu devrais considérer l’idée de passer une de tes soirées d’été avec les sœurs Marie-Clarence, Marie-Patrick, Marie-Lazarus et Marie-Robert, en assistant à la comédie musicale montée par Denise Filiatrault. Sinon, les chances sont fortes pour que tu aimes ça quand même!

L’histoire est bien connue: Deloris Van Cartier, jeune chanteuse qui rêve d’être sous les projecteurs, est témoin du meurtre commis par son amant. Lorsqu’elle le dénonce à la police, on l’oblige à se cacher dans un couvent et à se comporter comme les bonnes sœurs: adieu les paillettes, bonjour la toge, réveil à 4h du matin pour prier, vœux de charité et de chasteté, sans oublier les répétitions avec ses talentueuses (bruit de toux…) collègues de chorale. D’abord rébarbative à l’inconfort de cet univers, elle se laissera prendre au jeu et transformera le chœur en véritable succès de groove et de modernité.

Contrairement aux comédies musicales des années précédentes, telles Hairspray, La Mélodie du bonheur et Chantons sous la pluie, Sister Act ne contient aucune chanson connue du public. Le bonheur de retrouver un air mille fois fredonné n’est jamais au rendez-vous, mais les chanteurs sont suffisamment habiles pour articuler clairement 98 % des paroles adaptées à la sauce québécoise.
 
La production est portée par des interprètes ultra-énergiques et charismatiques qui soulèvent à foule à plusieurs reprises. Dans le rôle principal, Dayane Ntibarikure danse et chante comme s’il n’y avait pas de lendemain. Relativement solide dans son jeu, elle possède un déhanchement du tonnerre et une voix capable de bien des gymnastiques vocales. Même si on lui demande de bouger sans arrêt, en alternant les notes graves et très aiguës, elle tire son épingle du jeu tout au long du spectacle.

À ses côtés, Linda Sorgini (mère supérieure) possède un sens du punch et une voix lyrique qui font des merveilles; Suzanne Champagne (Marie-Patrick) souffle un vent de fraicheur à chacune de ses apparitions; France Castel (Marie-Lazarus) est tout simplement hilarante avec son côté hard rock et son rap de bonne sœur; Gardy Fury (Eddy le policier) est peu convaincant dans son jeu, mais capable d’envoûter la salle dès qu’il ouvre la bouche pour chanter; Marc Hervieux (Monseigneur) utilise bien peu son organe chansonnier, mais se révèle fort crédible et rigolo dans son personnage; Normand Brathwaite (le caïd) semble prendre un réel plaisir à retrouver la scène, même s’il nous offre un truand mollasson peu convaincant.  

Les textes baignent dans une marre de bons sentiments à la sauce Disney, les partitions musicales ne rendent pas toujours service aux voix des interprètes, la deuxième partie est franchement moins éclatante que la première, la mise en scène ne révolutionne rien, mais possède tout ce qu’il faut pour maintenir le rythme et l’intérêt pendant plus de 2 h 30.

Divertissante, drôle et débordante d’enthousiasme, la comédie musicale Sister Act est LE plaisir sucré de l’été.

Du 17 juin au 2 août 2014
Théâtre Saint-Denis