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Chronique de fin de soirée: rien ne se perd, rien ne se crée.

Je débute l'écriture de ces lignes quelque part dans le ciel, à bord d’un vol Porter, entre Toronto et Montréal.

Comme le 16 septembre dernier, date de mise en ligne de ma première chronique pour Nightlife.ca. À la différence que cette fois-ci, j'ai passé l'après-midi à boire du vin Marques de Casa Concha en compagnie de Marcelo Papa, œnologue en chef de la maison Concha y Toro, à la boucherie Sanagan's Meat Locker du Kensington Market.

Dix mois après ma première chronique, je termine mon parcours comme il a débuté : avec la gueule de bois et la ferme conviction de n’avoir rien vécu de particulier.

Au fil de mes chroniques, j'ai abordé trois sujets principaux qu'il m'importe de détailler. Parce que je n'y ai jamais réfléchi auparavant. Mais qu'en rétrospective, je crois y retrouver l'essentiel de ma démarche (inconsciente).

Montréal

Ma ville, nécessairement le personnage principal de cette chronique. Même lorsque que je la trompais avec Toronto et/ou Brooklyn, je le faisais toujours en comparaison avec Montréal.

D'ailleurs, n'est-ce pas là exactement (et principalement) la raison d'être de tromper son conjoint? Pour en saisir davantage, pour véritablement comprendre ce qui nous attache à cette entité?

Malgré tous ses défauts, ses mauvais plis: j'aime Montréal. On peut critiquer par amour, on peut être exigeant parce qu'on aime. Ma Montréal, je ne te tiendrai jamais pour acquise, et je te demande tout simplement d'en faire de même avec moi.

Au cours des derniers mois, nous avons appris à discuter de nos différends, pour le mieux. Et on ne se laissera pas tomber. Ensemble, let's make it work because we're worth it.

C'est beau deux personnes qui se trouvent; l'inverse est plus difficile à digérer.

L'amour

C'est dans ma ville que j'aime que j'ai également cherché l'âme sœur. Après avoir poussé certaines amitiés à la limite, développé quelques amourettes sur SnapChat ou par textos, lancé un appel à tous pour retracer une inconnue, et ravivé des situations malsaines avec des ex, j'ai ultimement déterré des sentiments qu’un vieux célibataire comme moi ne croyait plus possible de vivre.

Arrivée de nulle part, j’ai vécu une magnifique histoire née et extrapolée par la plus grande des passions : un opéra en trois actes, une histoire d'amour (qui dura plus que deux semaines).

La fin n'est pas des plus heureuse, et je me demande toujours pourquoi la douleur fut si vive. Un peu moins à chaque jour, mais le questionnement demeure entier.

Il est rare à notre époque de rencontrer quelqu'un d'une si grande beauté et d'une telle richesse intellectuelle. Or, il est encore plus rare de rencontrer une telle personne à l'ancienne. Par un échange de regard, parmi la foule, sans lien direct, où la glace doit être brisée en personne, très loin de Facebook.

À prendre le temps de s’apprivoiser, loin de mes fins de soirées

Mes fins de soirées

Originalement, je voulais nommer mes publications pour NIGHTLIFE.CA: « Chronique(s) de fin(s) de soirée(s) ». Parce que je souhaitais les déconstruire, pour ne plus les apprécier. À travers une condescendance ironique plus grande que nature, je voulais qu'on me déteste.
 
Pour me détester moi-même, et quitter ce mode de vie.

Pour un temps, cela a fonctionné. Vous me détestiez, et je détestais mon mode de vie. Je progressais ailleurs, mon écriture aussi.

Par contre, je me suis rendu compte que j'y étais plus fortement attaché que je ne le croyais, à ces foutues fins de soirées. À tituber comme un guignol dans les rues du Mile-Ex après un souper dans un restaurant encore cool pour 2 mois. À pavoiser devant la cour urbaine à la recherche de regards d'approbation qui balaient le corps de haut en bas.

Voilà pourquoi je quitte cette chronique.

Parce que ma réflexion sur le sujet est terminée, et que je souhaite maintenant l'approfondir dans un troisième roman. Après Yupster et Sara(h)bande, je crois maintenant avoir le goût de raconter et de partager une autre histoire.

À l'image de la fin de mes fins de soirées.

Nos chemins se recroiseront peut-être un jour/soir, sur NIGHTLIFE.CA ou ailleurs. Mais pour l'instant, je veux profiter de l'été pour orchestrer un manuscrit plus approfondi.

D'ailleurs, merci à toute l’équipe de NIGHTLIFE.CA, vous avez cru dans le projet, vous m'avez laissé carte blanche, et ça, pour un auteur, je suppose que c'est la plus grande marque de confiance qu'on puisse recevoir.

Finalement, merci à vous, lecteurs et lectrices, même les plus acerbes. Vous m'avez éclairé et sans vous, je ne serais pas au point où j'en suis aujourd'hui. Je ne serais tout simplement pas qui je suis.

Au final, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Merci à tous et à toutes.
À bientôt.