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5 bonnes raisons d'aller voir «La Grande Bellezza»

La Grande Bellezza, dernier film de Paolo Sorrentino (Il Divo), s'est fait remarquer notamment au dernier gala des Golden Globes en devançant La Vie d'Adèle dans la course au prix du meilleur film en langue étrangère. Les Oscars s'en viennent et le film sera de la compétition dans cette catégorie. 
 
Sorte d'hommage à Fellini (rencontre entre 8½ et La Dolce Vita), on découvre Jep Gambardella (Toni Servillo) à l'aube de ses 65 ans. L'homme fêtard, journaliste et auteur d'un seul roman (mais quel roman), se trouve plus vieux que jamais. Il décide de cesser de regarder les années passées en les gaspillant, pour trouver une nouvelle façon de réinterpréter sa vie et idéalement, retrouver le souffle de l'écriture.
 
Derrière la fiction d'un vieux riche et célèbre en déclin, se dresse le portrait d'une Italie belle, mais qui est devenue laide à force de trop se regarder. Rien de pire que la vanité. La société est dépeinte comme étant superficielle, individualiste, dépourvue de contenu, trop riche, refusant d'affronter ses problèmes, préférant les contourner discrètement. 
 
Voici 5 raisons pour lesquelles le film de Sorrentino est à considérer:
 
1. Sa valeur esthétique
Tous les plans semblent avoir été travaillés pour offrir un régal visuel. La photo est belle, les constants chocs au montage y ajoutent un effet poétique. On fait un bon usage des nombreux travellings qui respirent au rythme du film, ainsi qu'un intéressant travail au niveau sonore. 
2. Toni Servillo
L'acteur a du charisme. Il faut le voir se glisser dans la peau de ce dandy sur le party, se promener dans les évènements mondains, en passant par des performances d'art, à questionner une vieille soeur «sainte», à pleurer aux funérailles, à manger avec son éditrice en chef... Toni Sevillo porte le film sur ses épaules et il le fait très bien.

3. Les scènes de party
Il y a de quoi de vraiment fascinant dans la manière dont sont construites les scènes de débauche. On met beaucoup de l'avant le beau qui devient laid dans sa déchéance. C'est hystérique, on crie, on boit trop, on fait de la poudre, on danse, on regarde les autres, on juge les autres, la musique est trop forte et on peut même entendre à fond la caisse We No Speak Americano (malheureusement, pas la version de Marco Calliari, mais quand même, cette chanson n'a rien de bon).   

4. La trame narrative
La trame narrative ne nous laisse jamais vraiment le temps d'absorber ce qui vient de se passer, ce qui a comme effet de s'éloigner quelque peu du modèle classique d'appréciation d'un film et de nous plonger dans un état plutôt intéressant (voir le caméo de Fanny Ardant).
5. La critique de la société italienne
Le film nous livre une critique virulente de l'Italie, ce qui fait qu'on a un père de famille, 65 ans passées, qui fait travailler sa fille de 43 ans dans un club de danseuses, qu'on nous montre l'église déboussollée et d'un regard sinistre, qu'on aborde tous ces codes de conduite en société... On aborde tous ces sujets avec humour et intelligence.


La Grande Bellezza
En salle dès le 24 janvier