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Top Queer: nos personnalités de l'année 2013!

Impossible de s’arrêter sur l’année queer et les réalisations d’une panoplie d’artistes inspirants sans souligner les grandes avancées (et dans certains cas, les troublants reculs) sur le plan des droits LGBT. À plusieurs égards, 2013 fut une année déterminante: la France, le Brésil, l’Uruguay et la Nouvelle-Zélande ont légalisé le mariage gai, tandis que le Nigéria a choisi de l’interdire. La Cour suprême de l’Inde confirmait cette semaine la validité d’une loi qualifiant l’homosexualité de crime. Tout ça, c’est sans même parler de la Russie…
 
Dans le domaine artistique, on pourra dire que 2013 a donné lieu à un large éventail de « coming outs » pertinents, sensibles et plus nuancés que les citations insipides à la « I’m Gay! » de la presse à scandale (voir: l’époque révolue des Lance Bass et Ricky Martin). D’une Jodie Foster un peu décontenancée aux Golden Globes à un Wentworth Miller refusant l’invitation d’un festival de cinéma en Russie, en passant par le touchant témoignage de l'actrice Maria Bello et de sa « modern family » dans le New York Times, plusieurs personnalités ont choisi de briser le silence et de s’afficher en 2013. Mis à part le cas complexe du lanceur d’alerte Chelsea Manning et du premier baiser gai dans la bande-dessinée Archie (ooh!), nous vous dressons ci-dessous une liste de nos personnalités queer de l’année. 

Rae Spoon
My Prairie Home, Chelsea McMullan’s NFB documentary about Montreal-based transgender musician Rae Spoon, played at RIDM this fall. Part road movie, part musical, the film melds together stark and stunning images of the Prairies with Spoon’s coming-of-age narrative along with their experience touring the country by bus around fifteen times. Spoon is frank when discussing growing up queer in an Evangelical household with a schizophrenic father. But it’s Spoon’s music that is perhaps most candid, a soundtrack about religion’s blind spots, high school romance, concepts of home, identity, and “Kurt Cobain in a wedding dress.” McMullan’s artful direction and Spoon’s finely honed songwriting/singing combine to form a film whose beauty is mesmerizing from start to finish. (Mark Ambrose Harris)
My Prairie Home | Now playing at Cinéma Excentris
 

David Sedaris
L’humoriste et auteur américain, un phénomène littéraire adulé autant de la critique que du public, boucle la boucle sur une année magistrale qu’on aurait facilement pu confondre avec le parcours d’une rock star (et non celui d’un collaborateur au New Yorker et à l’émission radio culte This American Life). Connu pour son humour à double tranchant et ses essais autobiographiques, Sedaris a sillonné le continent dans le cadre d'un book tour à guichets fermés afin de partager sketchs et extraits de son nouveau livre, Let’s Explore Diabetes with Owls. L’écrivain observateur, friand des anecdotes de voyages dépaysants, de sa jeunesse confuse et de sa vie commune avec son amoureux Hugh, a également donné le feu vert à la première adaptation cinématographique d’une de ses œuvres, soit la comédie noire C.O.G., présentée à Sundance et en clôture du dernier festival image+nation. Et c’est sans parler des prestations jouissives livrées sur scène en compagnie de fans invétérés tels que Lena Dunham (GIRLS). 


Amber Dawn
Amber Dawn’s 2010 debut novel Sub Rosa is one of the most remarkable works of fiction in recent memory. It’s no surprise then that in 2013, Dawn produced another phenomenal book, How Poetry Saved My Life: A Hustler’s Memoir. A collection of interlocking poems and essays, HPSML is honest and evocative, an innovative subversion of the autobiographical form. The memoir addresses experiences in sex work, such as massage parlour politics, a threesome with an unnamed “late-1980s/early-1990s” actress, forging new rituals of mourning for queer funerals, and the imperative nature of telling your own story on your own terms. HPSML won the prestigious City of Vancouver Book Award. We can’t wait to see what’s next from Amber Dawn. (Mark Ambrose Harris)

John Greyson
On August 15, esteemed gay filmmaker John Greyson and Dr. Tarek Loubani, an emergency room physician and assistant professor at Western University, landed in Cairo. It was their plan to travel directly to al-Shifa Hospital in the Gaza Strip, where Loubani had set up a program for critical care procedures. On August 16, with mounting unrest in Egypt, Greyson and Loubani were part of a mass-arrest. So began Greyson and Loubani’s 50 days in prison without charge. Very quickly, many grassroots organizers came together demanding their release. Letter writing campaigns, protests in London and Montreal, emails to politicians, press releases, info sheets, a comprehensive support and resource website, buttons, visits to consulates, and a shared letter of support signed by 311 cultural and academic figures were just some of the tactics that lead to their freedom. Now back home, Greyson and Loubani are protesting similar forms of incarceration here. In November, they visited a prison in Lindsay, ON, calling for the release of 191 immigrant detainees who face indefinite confinement. (Mark Ambrose Harris)

 
Julie Maroh
Toute une année pour la jeune auteure de B.D. française Julie Maroh, dont l’acclamé premier roman graphique Le bleu est une couleur chaude a été porté à l'écran par l’indomptable Abdellatif Kechiche. Il y a eu la Palme d’Or de Cannes, le profond malaise du public quant aux scènes d’amour et les controversées discordes au sein de l’équipe, mais la palme pour l’intervention la plus pertinente revient sans contredit à Maroh, qui a exprimé ses réserves sur son blogue Les cœurs exarcerbés, quelques jours après la frénésie cannoise. Après avoir d’abord déploré l’absence de lesbiennes sur le plateau, elle a exprimé le fond de sa pensée: « Ce qui est sorti de la pellicule de Kechiche me rappelle ces cailloux qui nous mutilent la chair lorsqu’on tombe et qu’on se râpe sur le bitume (...) ». You go, girl! Celle qui souhaitait que sa B.D. contribue à banaliser l’homosexualité a vu sa déchirante histoire d’amour prise d’assaut par une controverse de scènes explicites sur fond de débat national (inquiétant, étrange!) entourant le mariage gai. Mais Maroh s'est très intelligemment tenue à l'écart de ces débats. Elle était d'ailleurs de passage à Montréal il y a quelques semaines pour lancer son deuxième livre, Skandalon, à propos d’un jeune rock star arrogant et autodestructeur, à la librairie Drawn & Quarterly.

Zebra Katz
In 2012, Ojay Morgan, otherwise known as Zebra Katz, released Ima Read, a collaboration with Njena Reddd Foxxx that soon became a runway anthem. Fast-forward to spring 2013 and Katz was back with a mixtape called DRKLNG that quickly garnered critical acclaim. Here, Katz furthers his style of rap with infectious stripped-down beats that swell and pulse with intense bass. Drones and growls lurk in the background, and bouts of chilly synths punctuate his lyrical flow. There’s definitely eroticism here, a slow grind that peaks with Busta Rhymes’ reinterpretation of Ima Read. Katz spent the end of 2013 on a European tour. Fingers crossed for some Zebra love this side of the Atlantic in 2014. (Mark Ambrose Harris)

Mary Lambert
Il ne faudrait pas sous-estimer l’impact qu’a eu « Same Love » de Macklemore & Ryan Lewis sur la culture populaire en 2013. En plus d’être en nomination aux prochains Grammy Awards et d'avoir été utilisé dans plusieurs campagnes militant pour les droits LGBT, des vidéos comme celle-ci nous rappellent que les jeunes enfants portent attention à ce qu’ils écoutent. Et que dire de celle qui a donné vie au refrain accrocheur et puissant de « Same Love », une auteure-compositrice-interprète et poète originaire de Seattle, qui a composé la mélodie en s’inspirant de sa propre enfance au sein d'un climat religieux répressif. Lorsque certains ont exprimé un malaise que deux hommes hétéros soient en quelque sorte devenus les voix de la communauté LGBT, Lambert s’est portée à leur défense, soulignant avec justesse que la communauté gaie devrait reconnaître et apprécier ses précieux « alliés ». 
Antony in The Life and Death of Marina Abramovic
The North American premiere of Robert Wilson’s The Life and Death of Marina Abramovic took place at Toronto’s Luminato Festival. There was much to praise in Wilson’s mutation of Abramovic’s biography, from AJ Weissbard’s glacial lighting design to Willem Dafoe’s chameleonic narration. But the play’s miracle was its score, courtesy of musical director Antony—of Antony & the Johnsons. Thanks to collaborations with William Basinski, Matmos, and the Serbian choral arrangements of singer Svetlana Spajic, Antony’s compositions floated on intricate and intimate vocal lines only to unfurl into soaring melodies. The emotional resonance in Antony’s music was omnipresent—the performance transcendent—revealing an oracular ability of the voice. This may very well be some of Antony’s best work, especially the magnificent Cut the World. If you can get to NYC this month, The Life and Death of Marina Abramovic plays at The Park Avenue Armory from December 11-21. (Mark Ambrose Harris)