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La vérité du jeu de Martin Dubreuil rencontre la poésie brute de Robin Aubert dans «Le Chant de Meu»

En interprétant l’un des rôles principaux de la nouvelle pièce écrite par Robin Aubert, Le Chant de Meu, le comédien Martin Dubreuil jouera au théâtre pour la toute première fois en 20 ans, après avoir crevé l’écran dans plusieurs films et téléséries comme Les 7 jours du Talion, 10 ½ et 19-2. Même s’il a enchaîné les projets devant la caméra pendant deux décennies, c’est le théâtre qui a convaincu Dubreuil de faire le métier. « À mes débuts, j’ai participé à quelques pièces étudiantes. Après un spectacle, le parent d’un élève était venu me voir pour me dire "si tu ne deviens pas comédien, t’es vraiment cave!". Ça m’avait marqué. Mais j’ai toujours pensé que l’intériorité de mon jeu convenait davantage à la caméra. »

Croyant qu’il aurait tout de même de la facilité à jouer les mots de Robin Aubert dans une salle intimiste comme celle du Théâtre Prospero, l’acteur a frappé un mur lors de la première répétition. « Je suis arrivé avec mon naturel chargé d’émotions et quand j’ai lu le texte, mon partenaire de jeu, Hubert Proulx, a quasiment essuyé une larme. Mais finalement, le metteur en scène, Benoit Desjardins, m’a dit que ce n’était pas ça… Il m’a expliqué que même si mon personnage est triste et déchiré par en dedans, je dois relever la tête, regarder au loin et m’ouvrir aux spectateurs. »

N’ayant pas l’habitude de répéter ses textes longtemps à l’avance, Martin Dubreuil avoue faire une petite overdose de pratiques. « J’aime changer de scènes et d’univers fréquemment, et j’ai l’habitude de modifier le texte pour me le mettre en bouche. Mais au théâtre, le texte est pratiquement coulé dans le béton à 100 %. C’est toute une adaptation. »

Univers chargé d'émotions
Dans l’histoire imaginée par Aubert, il est question de chasse, de boucherie, d’automne, de froid, d’amitiés perdues, de trahisons et du temps qui n’en finit plus de finir. La pièce s’ouvre sur Alain, qui cogne à la porte de son chum Marco en pleine nuit, le corps taché de sang. « J’arrive sur scène dans un état second et je déballe un monologue de vingt pages pour raconter ma veillée : j’ai bu, j’ai fait de la poudre, j’ai pratiqué ma carabine, j’ai du sang sur moi et je panique. Ça part raide. »

Dubreuil affirme se sentir particulièrement à l’aise dans l’univers chargé d’émotions et de poésie brute de l’auteur. « C’est tout à fait moi. Même si j’ai peu d’expérience en théâtre, le metteur en scène sentait que je pouvais apporter une grande vérité au personnage. Après m’avoir vu jouer le malade mental dans 19-2 et le père dans 10 ½, il avait confiance que je pouvais aller loin. »

Ancrés dans un décor minimaliste (deux chaises et un minifrigidaire), les deux hommes de l’histoire tenteront de se rejoindre à travers leurs silences et leurs discussions du quotidien. « Les deux gars n’ont pas la conversation si facile que ça. Ils ne se disent pas directement les vraies choses, ils tournent autour du pot et ils restent très imagés. Mais dans le sous-texte, on sent leurs émotions, leurs peurs, leur amour. »

Au cours des prochains mois, Martin Dubreuil apparaîtra au cinéma dans plusieurs films québécois: Chasse au Godard d’Abbittibbi (Éric Morin) qui est maintenant en salles, ainsi que Bunker le film (Patrick Boivin), Ressac (Pascale Ferland) et Les Loups (Sophie Deraspe), en plus de tourner dès janvier le long métrage de Maxime Giroux, dont le titre provisoire est Félix et Meira.

Le Chant de Meu
Théâtre Prospero | Du 12 au 30 novembre