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Le Détesteur: tant qu'à jouer les intellectuels, aussi bien l'être réellement

Sur les médias sociaux, c'est pas très rare que #lesgens aient envie d'se brander comme des intellectuels urbains branchés. Faut dire qu'il est plutôt facile de maquiller la vérité et de ne montrer seulement c'qui fait notre affaire. Le modus operandi est assez simple: garder un oeil sur les influenceurs et relayer le contenu qui semble faire l'unanimité.

Par exemple, tu pourrais te réveiller un matin pis t'apercevoir, au travers d'un newsfeed qui semble bien informé sur le thème, qu'ça ne serait pas une mauvaise idée pour ton positionnement urbano-intellectuel si, toi aussi, t'avais ton mot à dire sur la bouffe de rue. C'est là qu'tu sélectionnes le texte qui te semble le plus pertinent sur le sujet et qu'tu le repartages avec certitude.

Mais pendant combien d'temps peux-tu continuer à faire semblant? Fake it until you make it, à c'qu'on dit. Pas mauvais, mais j'ai fréquemment l'impression que la portion "make it" de cette maxime est plus souvent qu'autrement, remise à plus tard. Et on vient à démasquer #lesgens, à force d'observer les failles récurrentes d'une communauté qui pousse sa luck à trop jouer à faire semblant.

Exemple récent: Lou Reed. Le soir de son décès, mon newsfeed me l'annonçait à toutes les 2 minutes en me balançant, en guise d'hommage, sa pièce la plus évidente, celle que tout l'monde connaît. Celle que, si j'avais envie de jouer au dude qui sait que la carrière de l'homme ne se résume pas qu'à son gros succès commercial, j'aurais évité de partager. Mais tout l'monde s'est trahi. Peu de mentions pour Velvet Underground, et pourtant, juste ça aurait pu faire la job pour qu'on ne remette pas en doute leurs connaissances.

Mais c'est comme ça: ce soir-là, le fondateur des Velvet venait de s'éteindre pis c'était d'une réelle importance pour ceux qui connaissaient son influence sur la scène musicale. Les autres, voyant qu'on avait peut-être la mort d'un autre Steve Jobs sous les yeux, se sont empressés de faire pareil.

Autre exemple qui m'a fait sourire: à l'annonce de l'adaptation cinématographique de L'Écume des jours par Michel Gondry, c'était la folie U-N-A-N-I-M-E sur mon fil d'actualité. Au point où j'me suis demandé si vraiment, tous ces gens qui bandaient sur le preview, avaient lu le bouquin de Boris Vian. Y'avait certainement quelques fraudes dans toute la batch, y'en a tout l'temps.

Pis là bon, le film est sorti dans son pays d'origine en avril. Je m'attendais à c'que tous ceux qui s'étaient tapé une crise d'épilepsie, le jour de son dévoilement, dans l'incapacité d'attendre qu'il débarque au Québec, trouvent le moyen d'se le procurer sur Torrent ou autre. But nope. Fak finalement, c'est en juin qu'il est arrivé ici, pis encore là, très peu en ont parlé. Pas de photo instagram de billet d'cinéma, pas d'éloges, personne ne semblait y avoir été. Finalement, rien à la hauteur du délire qu'on a connu quand la pub est sortie.

Et ça, indeedemment, c'est sans oublier toutes les fois que les sites de nouvelles satiriques (comme l'Axe du Mad) ont trouvé preneur.

Au final, c'est toujours mieux de jouer les intellectuels que de faire l'apologie de l'ignorance, mais tant qu'à jouer le jeu, aussi bien en profiter pour s'enrichir pour de VRAI. Voilà comment on démasque le fauxtellectuel.

Je vous déteste.