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Le show de Trivium: l'ardeur du public sauve la mise!

La soirée ne débutait pas spécialement bien. On apprenait quelques minutes avant le spectacle que les membres de Sylosis, un des groupes qui devait assurer la première partie, avaient eu un grave accident sur la route vers Montréal. Pas plus d'informations.

Performance clinique

Dès le début, les complications continuent à s'empiler : sur scène, les premiers groupes, Devildriver et After the Burial, se succèdent très mécaniquement. La prestation est froide. On se demande si c'est lié à l'annonce de l'accident. Au tour de Trivium de débouler, pile à l'heure (dans un concert de metal, c'est rare), et d'embrayer sur ses premiers morceaux (mélange des albums Shogun et In Waves) dans un jeu de scène tiédasse, quelque part entre la performance convenue et l'acoustique mal dosée. Pire: lorsque Corey Beaulieu attaque ses solos, l'effet sonore est similaire à une scie à métaux découpant un quintal de ferraille.

Et, malgré tout, la magie semble opérer. La foule est complètement emballée.

Foule hystérique

Stupéfiant: en dépit d'une prestation sans remous (dont on peut néanmoins saluer la technicité: du sweeping à 200bpm, ça n'a rien d'évident), Trivium, fort de sa réputation, rayonne suffisamment pour susciter soubresauts, cris d'hystérie et beuglements à l'unisson dans la foule.

Le groupe dispense ses riffs façon bulldozer. Ça saute, ça vibre, ça chante en choeur. L'excitation du public (indifférent à la froideur de la prestation) est palpable tous azimuts. On se laisse même prendre au jeu. 

À la fin du morceau Kirsute Gomen, une courte accalmie. Nos oreilles sifflent comme si une grenade à détonation venait d'éclater. Bruits confus, trois headbangers chancelants d'éthylisme manquent de nous bousculer. On se remet de nos émotions. Les acouphènes dureront toute la nuit.

Metal pour tous ?

On aurait pu penser que, adouci avec l'âge, Trivium pourrait réconcilier le metal et les gens, disons, plus standards que les metalheads. En concert, cette probabilité tombe à zéro. Car, au milieu des haleines de bière, des codes vestimentaires excentriques, du sol plus adhésif qu'un tube de colle et des crypto-punks qui déambulent dans un circle pit dont le moulinement ne s'enraye qu'après déversement de quelques hectolitres de sueur, le public paraît déjà tout choisi, et il y a lourd à parier qu'il n'en démordra pas.

L'ardeur de la foule aurait-elle sauvé le coup?