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Critique de «Salinger»: un documentaire de mauvais goût sur l'auteur de «The Catcher and the Rye»

Basé sur une biographie de Paul Alexander du même nom (biographie qui n'a pas été accueillie avec beaucoup d'éloges), le réalisateur Shane Salerno livre Salinger, un documentaire sensationnaliste de mauvais goût, en tentant de nous révéler tout ce que feu J.D. Salinger a voulu cacher durant sa vie en retrait des yeux du public. (Salerno, c'est le gars qui a écrit Armageddon et Aliens vs Predator: Requiem, des films primés aux Prix Nobel, bien sûr). 

On apprend quand même plusieurs trucs sur l'écrivain du fameux et excellent The Catcher in the Rye dans ce mauvais docu, mais le plus important à retenir, c'est que Salinger a continué d’écrire toute sa vie durant et que ses nouveaux écrits seront publiés sporadiquement entre 2015 et 2020 (selon une entente conclue avant sa mort). Eh oui, Holden Caulfield revivra le temps d'un roman (!). Sinon, on élabore sur la justification de son effacement de la société, son silence gardé, mais à quelques moments précis rompus. Son processus de travail, qui consistait à se retirer dans un bunker de sa cour pendant un bon bout, ses enfants le regardant au loin sans pouvoir l'approcher. Le mauvais père de famille qu'il a été, le mari qui ne savait pas aimer sa femme. L'homme aux tendances assumées pour les jeunes adolescentes. Son périple en allant combattre durant la Seconde Guerre Mondiale. Les débuts d'écriture de The Catcher in the Rye – photos à l'appui. L'homme et son quotidien banal. Un détour par l'assassinat de John Lennon. Le travail désespéré des fans qui ont tenté maintes fois de le rencontrer. Son histoire d’amour et de haine avec le New Yorker...


J.D. Salinger

Du stock sur la vie secrète de JD, il y en a. Des témoignages de ses proches, de ceux qui ont voulu se rapprocher de lui, de ses conquêtes, tout est là. Le problème avec ce documentaire, c'est la difficulté du réalisateur à œuvrer dans un style à l'opposé du minimaliste. La mise en scène arrive comme le verre de bière qu'on boit en trop et qui fait tout dégueuler. On se doute dès l'ouverture de ses ambitions pas très catholiques avec la grosse musique de film d'action et sa qualité filmique qui n'est pas sans rappeler les excellents reportages de Canal D du genre Un Tueur si Proche (impressionnant!). Après, défilent devant nous des personnes influentes du milieu de la littérature ou du cinéma (Martin Sheen en à long à dire sur le sujet... ouin). On mêle les images d'archives aux propos : que ce soit Salinger ou non à l'écran importe peu, le but étant de rendre l'âme de l'époque. On se fait chier à fixer sa résidence de retraite au Vermont accompagné d'un témoignage scénarisé du genre, la même fille racontant la même histoire dans les mêmes mots coiffée de différentes façons, à différentes temporalités dans un montage dynamique parce que le propos est révélateur (wow...). Bout de la marde, le film se termine sur une chanson de Coldplay.

Lisez ou relisez l'œuvre de J.D. Salinger pour plus de plaisir et en prime, vous sauverez 129 minutes de votre temps.

Salinger
En salle dès le 27 septembre