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Critique de «Vic+Flo ont vu un ours»: histoire d’amour légèrement gore qui ne laisse pas de glace

On est en forêt québécoise. Victoria (Pierrette Robitaille) sort de prison après une longue peine et essaie de se refaire une vie plus rangée, éloignée des grands centres urbains. Elle s’installe chez un vieil oncle paralysé soigné par le voisin Charlot, jeune ado. Leur côtoiement sera de courte durée. Un conflit avec le jeune homme entrainera le malade à se faire placer. Florence (Romane Bohringer), la blonde de Vic rencontrée en prison, ira la rejoindre dans sa retraite. Vic ne sait pas grand chose du passé de Flo. Intervient Guillaume (Marc-André Grondin), l’agent de libération conditionnelle, une fois de temps en temps pour tenter maladroitement d’encourager les femmes à se refaire une image plus propre dans la société. Une voisine (Marie Brassard) apparaît et cache sous ses airs de gentille femme, un être sans pitié. La relation de couple s’effrite. L’une veut partir et trompe sa conjointe, l’autre ne s’imagine pas sans elle. La voisine folle décide de mener à terme une histoire de vengeance. Tout le monde finit par obtenir une part de ce qu’ils veulent, mais non sans souffrance.


Pierrette Robitaille et Romane Bohringer dans Vic+Flo ont vu un ours

Étrange récit, ce dernier film de Denis Côté (Les États Nordiques, Bestiaire) qui se déroule dans une sorte de campagne transformée en jungle avec la loi du plus fort comme mode de survie (musique de tambour à l’appui, qui finit par déranger un peu). Vic+Flo ont vu un ours n’est pas le meilleur film de Denis Côté, mais reste qu’un film du cinéaste est toujours un objet intéressant à explorer. Il creuse les dilemmes humains, où au final les protagonistes en sortent mutilés, à vouloir mener à bout leurs désirs légèrement égoïstes. C’est triste, mais pas dans une lourdeur appuyée. Il y a un côté quand même assez drôle et léger qui se mélange au glauque. On retrouve un peu les mêmes univers qu’Elle veut le chaos et Curling avec la campagne qui se mêle au bizarre, au désir de s’effacer de la société. Visuellement, c’est réussi dans le genre minimaliste. Le jeu des deux femmes est particulièrement bon (ça fait du bien de voir Pierrette Robitaille dans un genre de films qu’on lui connait moins), Marc-André Grondin se débrouille, le petit Charlot, Pier-Luc Funk se démarque. 

On passe de l’histoire légère à l’horreur. Un film qui nous fait un peu l’effet d’une marche en forêt : on ne sait pas trop sur quoi on va tomber, c’est jamais désagréable comme périple (en général) et on en sort satisfait, sans plus. Sortira en même temps, une bande dessinée signée Jimmy Beaulieu

Vic+Flo ont vu un ours
En salle dès le 6 septembre