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Critique de «Louis Cyr»: pari réussi pour Daniel Roby et Antoine Bertrand

On l’attendait depuis longtemps ce film sur Louis Cyr, notre homme fort national. Arrivé sur nos écrans juste à temps pour tenter d’avoir sa part du gâteau du box-office estival, le dernier film de Daniel Roby (Funkytown) a tout pour devenir le film québécois populaire de l’été.

Il y a d’abord l’histoire, peu banale, de l’homme. Fils d’une famille d’ouvriers du textile expatriée aux États-Unis, le jeune Louis Cyr décide un jour d’embrasser son don – une force physique incroyable – , de tourner le dos à la médiocrité, et de se lancer à la conquête du titre de l’homme le plus fort au monde. Si le film de Daniel Roby met bien en scène la détermination du personnage, il laisse également beaucoup de place à son côté plus humain et vulnérable. Peut-être même un peu trop, parfois… Par exemple, quelques scènes avec sa charmante épouse, Mélina, interprétée avec brio par Rose-Maïté Erkoreka, s’avèrent un peu trop sirupeuses.

Cela dit, Antoine Bertrand excelle autant dans les scènes de démonstration de force que dans celles de sensibilité. Son côté bon enfant colle tout à fait au personnage, et son jeu nuancé aide le film à ne pas trop tomber dans le mélodramatique. On ne serait d’ailleurs pas surpris que l’acteur remporte quelques prix d’interprétation pour sa performance.

Antoine Bertrand et Guillaume Cyr

Guillaume Cyr tire également bien son épingle du jeu dans le rôle d’Horace Barré, grand ami de Louis Cyr. Il efface tout souvenir de son rôle de pédophile dans la série La Galère, auquel on l’avait associé!

Avec Louis Cyr: l’homme le plus fort au monde, Daniel Roby prouve pour sa part son talent de réalisateur avec un film à la facture classique mais très bien maîtrisée. Comme Louis Cyr, il démontre par son travail qu’il n’est pas né pour un petit pain. Par quelques magnifiques plans et une reconstitution historique vraiment réussie, son film biographique d’époque n’a rien à envier à ceux du genre. En deuxième partie de parcours, par contre, le film s’essouffle un peu et s’étire en longueur.

On ne pourrait pas parler de ce long métrage sans faire mention de la sublime musique originale de Jorane, d’Éloi Painchaud, et de Tim Rideout. Celle-ci accompagne bien le film et lui apporte beaucoup. On ne serait pas non plus surpris que leur travail soit récompensé!

Louis Cyr: l’homme le plus fort au monde
À l’affiche dès vendredi