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T.R.A.S.H.: Danse contemporaine 18 ans et +

T.R.A.S.H. est une explosion d’énergie brute toute droite sortie de Tilburg, en Hollande: un habile mélange de danse, de musique et de théâtre dans lequel le rationnel devient superflu et les émotions, primordiales. Récipiendaire de plusieurs prix, la compagnie T.R.A.S.H. est connue internationalement pour son pot-pourri de danse extrême, de musique live et de théâtre charnel. Puisque la troupe insolite sera de passage prochainement à la Cinquième Salle de la Place des Arts, on s’entretient avec Kristel Van Issum, directrice artistique et chorégraphe.
 

Comment votre troupe a-t-elle vu le jour?
Nous sommes officiellement devenus une troupe de danse en 2004, mais avant cela nous faisions partie d’une communauté artistique underground, squattant dans une grosse bâtisse parmi des groupes de rock. Arthur van der Kuip (le compositeur de musique de T.R.A.S.H.) et moi-même étions dans un collectif ensemble. Nous avons quitté le collectif, trouvé Paul van Weert (le scénographe de la troupe) dans le corridor, et démarré T.R.A.S.H. tous les trois. Avant cela, Arthur et Paul étaient dans des groupes de musique.

D’où provient le nom T.R.A.S.H.?
T.R.A.S.H. n’est pas un acronyme. Ça signifie « déchets », bien sûr, mais pour nous le nom réfère également au recyclage: nous recyclons des costumes, des perruques, mais également des personnages, des concepts… Chaque performance est en lien avec la précédente. Nous sommes constamment à la recherche de l’essence de ce que nous faisons. Nous cherchons les sous-textes et essayons de transformer les « matériaux » que nous utilisons. Le nom « T.R.A.S.H. » était par ailleurs pas mal plus radical au moment où nous l’avons choisi, il y a de cela plusieurs années.

En tant que chorégraphe, que recherchez-vous chez un danseur?
Ce que nous faisons est très physique et brutal. Nous travaillons davantage avec le corps et les émotions qu’avec des principes d’ordre et de raison. Nous avons une approche cognitive et intuitive, mélangeant plusieurs disciplines. Nous choisissons donc des danseurs qui ont leur propre voix, qui sont extrêmes et énergiques, ouverts, déterminés et disciplinés. Mais chacun travaille avec son propre bagage et sa propre personnalité. Nos danseurs ont des origines éclectiques et plusieurs ne viennent pas des Pays-Bas.

Étant donné le caractère extrême de vos performances, vous est-il déjà arrivé d’obtenir des réactions surprenantes du public?
C’est différent d’une ville à l’autre. Une fois, nous présentions le spectacle Chapter 11 devant un public espagnol de 500 personnes en 2007 ou 2008. Il faisait extrêmement chaud, et les gens dans la foule poussaient des cris et s’aéraient avec leur éventail! La première fois que nous avons donné un spectacle à Bremen en Allemagne, la réaction des gens était incroyable, ils tapaient des pieds. À Marseille, l’audience était également très active dans sa réponse. Pour moi, l’important est que l’énergie soit électrique. Nous faisons un échange avec l’audience, et nous voulons simplement qu'elle soit ouverte puisque cela influence grandement ce qui se passe sur scène.

T.R.A.S.H. présentera les duos T'Bernadette et Enchanted Room à la Cinquième Salle de la Place des Arts du 5 au 9 mars.
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