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Le Détesteur: textes viraux au Québec

Quand tu deviens viral, y'a pas d'place pour le doute. Tu le sais. Tu vois ton nom défiler sous tes yeux, dans ton propre réseau, comme dans celui des autres, à une rapidité inimaginable. Tu quittes ton appart le matin, et tu sais que ton téléphone intelligent devra être chargé à 100%, puisque cette journée-là t'appartient et on ne manquera pas de te bombarder de notifications.

Généralement, ceux qui deviennent viraux par l'entremise d'une vidéo ou d'un texte possèdent une chose bien en commun. Durant leurs 24 heures (ou plus) de viralité, la plupart des gens qui l'ont vécu pour la première fois, pourront relater cette impression (erronée) de se faire reconnaître/dévisager lorsqu'ils se baladent sur la rue. Comme c'est généralement le buzz du jour, ils s'imaginent que rares sont ceux qui ne l'ont pas lu ou vu passer. Cette sensation éphémère se dissout, la plupart du temps, au même moment que le hype. Certains resteront par contre accrochés à leur fad.

Un article viral ira chercher au minimum 25 000/30 000 lectures uniques (selon expériences personnelles, rien de scientifique).

Maintenant, quels sont les différents types d'articles viraux au Québec?

Les textes où l'auteur s'approprie le common knowledge des médias sociaux

Mise en contexte. Richard Martineau débite une connerie de trop sur son blogue. Il défend un prêtre d'avoir eu recours à des propos homophobes, par exemple. On fait alors appel au common knowledge sur les médias sociaux, on repartage le billet et on se félicite massivement de le traiter de démago-homophobe-droitiste-de-câlisse. Un blogueur comprend le state of mind de Facebook cette journée-là. Parfait. Il récupère tout ce qui a été dit, s'approprie le constat général, c'est-à-dire, tout ce qui nous paraissait déjà évident, comme si les arguments lui étaient propres et s'étale sur quelque 1000 mots, dans de belles phrases bien ficelées.

Comme c'est encore tout chaud d'actualité, c'est dans la poche pour un p'tit double viral.

Les textes de solide qualité

Ceux-là, souvent, ils sont incompris, puisqu'ils manquent d'artifices. Mais dès qu'ils sont dotés de cette petite magie, ça part et c'est pour le bien du savoir et de tous.

Les textes informatifs

Ça, on l'a énormément remarqué pendant le conflit étudiant. Charest débarque avec une offre qui laisse pas mal tout le monde perplexe. On fait quoi? On se tourne vers les chroniqueurs du Voir, Le Devoir, La Presse et Jean Barbe. Sans eux, la grève générale n'aurait peut-être pas duré aussi longtemps. Une personnalité notoire démonte la position du gouvernement? Parfait, on partage massivement pis on s'retrouve au parc Émilie-Gamelin en soirée.

Les palmarès des choses à éviter

Je prendrai ici pour exemple: les 10 choses à éviter sur Facebook. Les blogueurs reprennent toujours le concept, quitte à donner dans le plagiat. On sait que ça fonctionne à tout coup, alors on le fait. Il existe des tonnes d'articles identiques sur lesquels on a repris les mêmes exemples et mêmes mots, sans scrupule. Et malgré tout, y'a toujours assez de gens qui ne les auront jamais lus, pour permettre ainsi aux fautifs d'être viraux.

Les lettres ouvertes adressées aux personnalités/politiciens

On a toujours l'impression qu'on donne une bonne leçon au destinataire, quand on contribue. C'est personnel et direct, c'est comme s'il ne pouvait pas l'ignorer. On a envie de s'improviser facteurs, alors on partage en masse, de façon à ce que la lettre se rende à destination.

Les textes sur le sexe et l'amour

Évidemment, ceux-ci seront toujours gagnants. C'est ce qu'on a de plus en commun, entre humains. On aime être rassurés/se comparer.

Les textes qui relatent des témoignages horribles/touchants

On veut tout savoir. On veut aussi le partager. Ce que cette fille a vécu est inhumain, ça me choque, je dois le laisser savoir à mes contacts.

 


Je vous déteste.